BANQUES

Un été amer faute d’amé­lio­ra­tion de la ren­ta­bi­li­té

Le Revenu - Hebdo Bourse - - La Une - Lio­nel Gar­nier

Les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par An­ka­ra et Rome aug­mentent les risques : en Tur­quie, l’ex­po­si­tion des éta­blis­se­ments tri­co­lores at­teint 28,6 mil­liards d’eu­ros.

a confir­mé une tendance lourde pour les va­leurs ban­caires : elles res­tent les mal-ai­mées de la cote. De­puis le 1er août, les trois titres fi­gu­rant dans le CAC 40 ont per­du en moyenne 3% quand l’in­dice pa­ri­sien est res­té stable. De­puis le dé­but de l’an­née, BNP Pa­ri­bas, Cré­dit Agri­cole et So­cié­té Gé­né­rale cèdent entre 13% et 16%.

Re­gain du risque et me­nace de nou­velles pro­vi­sions

Les rai­sons de cette désaf­fec­tion sont connues. La ren­ta­bi­li­té du sec­teur est trop faible, no­tam­ment sous l’ef­fet des contraintes pru­den­tielles. Le main­tien de taux bas en Eu­rope nuit à la marge d’in­té­rêt des éta­blis­se­ments. Les re­ve­nus conti­nuent de s’éro­der dans les ac­ti­vi­tés de dé­tail et, tri­mestre après tri­mestre, les banques fran­çaises ren­voient à plus tard le re­tour de la crois­sance de ce socle d’ac­ti­vi­té. En outre, la guerre com­mer­ciale fra­gi­lise les in­ves­tis­se­ments.

L’été qui s’achève a ré­veillé d’autres craintes. Le re­gain du risque in­ter­na­tio­nal fait pla­ner la me­nace de nou­velles pro­vi­sions. L’ef­fon­dre­ment de la livre turque face au dol­lar a mis les banques en pre­mière ligne. Sur la base de chiffres de la Banque des rè­gle­ments in­ter­na­tio­naux ( BRI), l’Ié­seg School of Ma­na­ge­ment es­time que l’ex­po­si­tion to­tale des banques tri­co­lores à la Tur­quie at­teint 28,6 mil­liards d’eu­ros. BNP Pa­ri­bas est la plus concer­née. Elle concentre à elle seule 14 mil­liards d’en­cours de cré­dit en Tur­quie, et dé­tient 72% de TEB, la sixième banque du pays. Très ren­table, cette der­nière contri­bue à près de 2,5% des ré­sul­tats de BNP Pa­ri­bas.

Un point bas a peut-être été at­teint en Bourse

Une me­nace po­ten­tiel­le­ment plus lourde se des­sine avec l’Ita­lie, qui voit de­puis quelques se­maines ses taux d’in­té­rêt à nou­veau dé­ra­per. La mul­ti­pli­ca­tion des pro­messes du gou­ver­ne­ment trans­al­pin com- plique l’équa­tion bud­gé­taire du pays et ef­fraie les mar­chés. Or l’Ita­lie pèse lourd dans les bi­lans des banques fran­çaises (10% pour BNP Pa­ri­bas, 13% pour Cré­dit Agri­cole).

Sur le plan bour­sier, le faible ni­veau de va­lo­ri­sa­tion des éta­blis­se­ments fran­çais illustre la dé­fiance ac­tuelle des in­ves­tis­seurs. Mais un point bas a peu­têtre été at­teint : les an­ti­ci­pa­tions de ré­sul­tats ont, mal­gré les évé­ne­ments de l’été, ces­sé de se dé­gra­der. Se­lon le consen­sus Fact­set Es­ti­mates, les ana­lystes ont même ré­vi­sé en hausse les pers­pec­tives de ré­sul­tat par ac­tion pour l’exer­cice 2018 de BNP Pa­ri­bas (+ 1,5%), Cré­dit Agri­cole (+6,3%) et So­cié­té Gé­né­rale (+2,2%) entre juillet et août.

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