Un ti­cket ga­gnant

Le groupe de ser­vices aux en­tre­prises in­ves­tit pour confor­ter son pro­fil de crois­sance. La va­lo­ri­sa­tion est éle­vée, mais jus­ti­fiée.

Le Revenu - Hebdo Bourse - - La Une - Lio­nel Gar­nier

Son ac­tua­li­té.

Si vous tra­vaillez en France, vous avez plus d’une chance sur vingt de fi­gu­rer par­mi les uti­li­sa­teurs quo­ti­diens des ser­vices d’Edenred. Du moins de son pro­duit phare, le Ti­cket Res­tau­rant, in­ven­té par Jacques Bo­rel en 1962. Après avoir quit­té le gi­ron du groupe Ac­cor en juillet 2010, Edenred se pré­sente au­jourd’hui comme le lea­der mon­dial des so­lu­tions tran­sac­tion­nelles au ser­vice des sa­la­riés, des en­tre­prises et des com­mer­çants. De fait, le groupe de ser­vices n’est plus le simple émet­teur et ges­tion­naire de cou­pons pré­payés qu’il était à ses dé­buts.

Suc­cès bour­sier. De­puis sa pre­mière co­ta­tion en Bourse, l’ac­tion s’est en­vo­lée de 190%, un qua­si-tri­ple­ment en huit ans qui a pro­pul­sé la ca­pi­ta­li­sa­tion à 7,9 mil­liards d’eu­ros. Au point de fi­gu­rer de­puis un an dans l’in­dice Next 20, l’an­ti­chambre du CAC 40. Ce par­cours est le fruit d’une stra­té­gie de trans­for­ma­tion, apte à ryth­mer la crois­sance.

Sa stra­té­gie.

Edenred brasse 26 mil­liards d’eu­ros de vo­lume d’af­faires au­près de 1,5 mil­lion de com­mer­çants, des tran­sac­tions réa­li­sées par 44 mil­lions d’em­ployés uti­li­sa­teurs pour le compte de 800 000 en­tre­prises clients. Le coeur de l’ac­ti­vi­té d’Edenred ? Va­lo­ri­ser, au­près de cha­cune de ces trois par­ties pre­nantes, les ap­ports des deux autres : ré­seaux d’ac­cep­ta­tion, ap­port de tra­fic, etc.

Le Bré­sil, terre pro­mise. Au fil des an­nées, Edenred n’a eu de cesse de se di­ver­si­fier, en termes de mé­tiers et de zones géo­gra­phiques. Au­jourd’hui pré­sent dans 45 pays, il a ré­cem­ment conclu un ac­cord pro­met­teur au Bré­sil, l’un de ses prin­ci­paux mar­chés, avec la banque Itau Uni­ban­co. Re­vers de la mé­daille : cette ex­po­si­tion à l’Amé­rique la­tine, qui re­pré­sente dé­sor­mais 37% de son ac­ti­vi­té, contre 57% pour l’Eu­rope, aug­mente le risque lié aux va­ria­tions de de­vises.

Re­lais de crois­sance. Si le pôle avan­tages aux sa­la­riés re­pré­sente tou­jours deux tiers de l’ac­ti­vi­té, il est dé­sor­mais com­plé­té par l’es­sor des so­lu­tions de mo­bi­li­té. Elles re­pré­sentent au­jourd’hui 25% des re­ve­nus, contre moins de 10% en 2011. De­puis trois ans, Edenred a ra- che­té le bré­si­lien Em­bra­tec et l’al­le­mand UTA. Le groupe reste à l’af­fût dans cha­cun de ses pôles. Il es­time dis­po­ser d’une force de frappe fi­nan­cière de 1,5 à 2 mil­liards d’eu­ros.

Sa va­lo­ri­sa­tion.

Aux com­mandes de­puis trois ans, Ber­trand Du­ma­zy et ses équipes signent presque un sans-faute. L’ac­cé­lé­ra­tion des in­ves­tis­se­ments – por­tés à 6% du chiffre d’af­faires – pour fa­ci­li­ter la di­gi­ta­li­sa­tion porte ses fruits et conforte le pro­fil de crois­sance. Le groupe vise une crois­sance moyenne de 7% de son re­ve­nu opé­ra­tion­nel, c’est-à-dire hors contri­bu­tion des in­té­rêts ti­rés de sa tré­so­re­rie, in­hé­rente au mo­dèle du pré­payé, pour un ré­sul­tat net ré­cur­rent en hausse d’au moins 10%.

Dis­tri­bu­tion gé­né­reuse. Les­té de 1,6 mil­liard d’eu­ros de dette lors de son éman­ci­pa­tion d’Ac­cor, Edenred a su ma­noeu­vrer. Même s’il a re­non­cé à dis­tri­buer un di­vi­dende su­pé­rieur à son ré­sul­tat net – jus­qu’à 125%, un ni­veau in­te­nable dans la du­rée – le groupe reste gé­né­reux : plus de 80% des bé­né­fices sont re­tour­nés aux ac­tion­naires. Une ra­re­té et un atout pour une va­leur de crois­sance. À plus de 26 fois le ré­sul­tat net es­comp­té l’an pro­chain et 16,2 fois le cash-flow, la va­lo­ri­sa­tion est exi­geante. C’est le propre d’une belle va­leur de crois­sance. Sans comp­ter que de tels ni­veaux marquent des dé­cotes de 30% et 10% sur les moyennes consta­tées de­puis la pre­mière co­ta­tion.

L’in­ven­teur du Ti­cket Res­tau­rant. Le groupe opère sur trois grands pôles : les avan­tages aux sa­la­riés, les so­lu­tions de mo­bi­li­té pro­fes­sion­nelle et les paie­ments in­ter­en­tre­prises. La di­gi­ta­li­sa­tion de ces ac­ti­vi­tés per­met de mul­ti­plier les nou­veaux ser­vices as­so­ciés.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.