Les mon­tages préférés des conseillers li­bé­raux

Les li­bé­raux manquent d’ima­gi­na­tion conseillers ne pas pour en place mettre des stra­té­gies pa­tri­mo­niales ef­fi­caces. En voi­ci quatre qui ont le vent en poupe.

Le Revenu - Mensuel Placement - - GESTION DE PATRIMOINE ENQUÊTE - HEN­RI RÉAU

R

econ­nus pour leur ex

per­tise tech­nique, les conseillers li­bé­raux four­millent d’idées pour vous ac­com­pa­gner dans la ges­tion de votre pa­tri­moine. Si chaque cas est unique et si un con­seil pour un pre­mier client n’est pas for­cé­ment per­ti­nent pour le sui­vant, nous vous pré­sen­tons quatre stra­té­gies pa­tri­mo­niales qui ont ac­tuel­le­ment leurs fa­veurs.

S’en­det­ter à taux fixe et à long terme

Votre pas­sif fait par­tie de votre

pa­tri­moine, l’op­ti­mi­ser fait par­tie des mis­sions de votre conseiller. Avec des taux d’em­prunt his­to­ri­que­ment bas – 1,90 % sur vingt-cinq ans (hors as­su­rance), se­lon Em­prun­tis –, il est ten­tant d’en pro­fi­ter : « Je pro­pose à des clients de bé­né­fi­cier de cet en­vi­ron­ne­ment ex­cep­tion­nel en em­prun­tant à long terme et à taux fixe pour un pro­jet immobilier lo­ca­tif », ex­plique Gilles Étienne, de Cy­rus Con­seil. Même son de cloche pour Pa­trick Ga­nan­sia, du ca­bi­net He­rez: « Cette stra­té­gie est très sen­sée au­jourd’hui, au mo­ment même où les taux d’in­té­rêt com­mencent leur re- mon­tée. » Si em­prun­ter à taux fixe per­met de se pré­mu­nir contre une hausse des taux, les loyers en­cais­sés se­ront, eux,

in­dexés sur l’inflation. Une au­baine. Mais, comme tout achat immobilier, c’est la qua­li­té du bien qui pré­vaut. Le cré­dit peut aus­si être uti­li­sé pour ré­équi­li­brer votre pa­tri­moine non li­quide et pré­pa­rer votre trans­mis­sion: « Nous avons réa­li­sé 450 mil­lions d’eu-

ros de cré­dit pa­tri­mo­nial en 2016, en hausse de 40% », in­siste Oli­vier Sa­main, di­rec­teur d’Axa The­ma. La cible clas­sique est celle d’un client proche de l’âge de 70 ans dont le pa­tri­moine est es­sen­tiel­le­ment com­po­sé d’immobilier. Pour pré­pa­rer sa trans­mis­sion et di­ver­si­fier ses ac­tifs, il a in­té­rêt à ali­men­ter un contrat d’as

sur­ance vie avant 70 ans (art. 990 I du CGI). Mais, pour ce­la, il doit d’abord cé­der une par­tie de ses biens im­mo­bi­liers. Afin de ne pas se pré­ci­pi­ter, au risque de mal vendre le bien, une forme de cré­dit re­lais lui se­ra ac­cor­dée pour ali­men­ter à temps le contrat. Le rem­bour­se­ment du prêt in­ter­vien­dra après la vente. L’opi­nion du Re­ve­nu C’est le mo­ment d’em­prun­ter. L’OAT vient de re­pas­ser 1% après avoir tou­ché un point bas, à 0,1%, fin sep­tembre 2016.

La nue-pro­prié­té de parts de SCPI pen­dant dix ans

La pierre-pa­pier bat des re­cords de col­lecte. Mais en dé­mem­bre­ment, elle reste confi­den­tielle. La pleine pro­prié­té d’un bien se com­pose de l’usu­fruit (le droit de s’en ser­vir) et de la nue- pro­prié­té. Le mon­tage consiste à ache­ter comp­tant avec une dé­cote d’en­vi­ron 33% cette nue- pro­prié­té pen­dant dix ans. Au terme, vous de­ve­nez plein pro­prié­taire. N’ayant pas de loyers sur cette pé­riode, au­cun im­pôt sur le re­ve­nu ne se­ra à ré­gler. Même avan­tage au re­gard de l’ISF, puisque seul l’usu­frui­tier dé­clare dans son pa­tri­moine la va­leur en pleine pro­prié­té du bien. En­fin, cô­té ren­ta­bi­li­té, comp­tez entre 3,5 et 4,5% par an, se­lon l’évo­lu­tion du prix de la part (voir ci-contre). L’opi­nion du Re­ve­nu Per­for­mant. Soyez at­ten­tif aux frais et à la clé de ré­par­ti­tion.

Le Perp, mais sous cer­taines condi­tions

De­puis l’abais­se­ment du pla­fon­ne­ment des niches fis­cales à 10000 eu­ros, le Perp, non concer­né, re­trouve un cer­tain élan. La ca­rotte fis­cale à l’en­trée (les ver­se­ments sont dé­duc­tibles des re­ve­nus, dans la li­mite d’un pla­fond) at­tire les plus taxés. Tou­te­fois, le pro­duit n’a pas que des atouts. Il se dé­noue en rente via­gère, bou­dée des Fran­çais, fis­ca­li­sée dans vos re­ve­nus. C’est da­van­tage l’écart d’im­po­si­tion entre vie ac­tive et re­traite qui compte. « Fi­na­le­ment, seuls les épar­gnants taxés à 41 et 45% sont vrai­ment concer­nés », cal­cule Gilles Étienne.

L’at­trait du Perp aug­mente ce­pen­dant lors­qu’il est pos­sible de ré­cu­pé­rer son épargne en ca

pi­tal à la re­traite. De­puis 2011, c’est une op­tion pos­sible à hau­teur de 20%. L’achat de la ré­si­dence prin­ci­pale, à condi­tion de ne pas avoir été pro­prié­taire d’une telle ré­si­dence lors des deux der­nières an­nées, est aus­si un mo­tif de sor­tie en ca­pi­tal, dans la li­mite de l’ap­port consa­cré à l’opé­ra­tion. Fis­ca­le­ment, le choix d’un pré­lè­ve­ment for­fai­taire de 6,75% sur le ca­pi­tal est très fa­vo­rable. Autre pos­si­bi­li­té: uti­li­ser plei­ne­ment les op­tions de rentes via­gères. « Cer­taines d’entre elles per­mettent de ma­jo­rer for­te­ment les pre­mières rentes, ce qui re­vient à re­trou­ver en peu de temps une par­tie de son ca­pi­tal », ob­serve Pa­trick Ga­nan­sia de He­rez. En re­vanche, les ar­ré­rages in­tègrent les re­ve­nus im­po­sables. En­fin, les rentes in­fé­rieures à 40 eu­ros par mois peuvent, sur dé­ci­sion de l’as­su­reur, être re­ver­sées en une seule fois. Leur trai­te­ment fis­cal ne fait tou­te­fois pas l’una­ni­mi­té, cer­tains les con­si­dé­rant comme des ar­ré­rages uniques sou­mis de ce fait au ba­rème de l’im­pôt sur le re­ve­nu. L’opi­nion du Re­ve­nu Sé­dui­sant, hors an­née blanche, pour les épar­gnants les plus taxés. Toute sor­tie en ca­pi­tal aug­mente en­core son at­trait.

Des contrats vie de droit luxem­bour­geois

L’as­su­rance vie au GrandDu­ché a la cote : « 50% des contrats sous­crits dans notre ca­bi­net sont de droit luxem­bour­geois », constate Pa­trick Ga­nan­sia. Et ce n’est pas la ré­cente agi­ta­tion au­tour de la loi Sa­pin 2 qui va leur faire de l’ombre. Il faut dire que ses atouts sont nom­breux. Un

« su­per-pri­vi­lège » place le créan­cier comme prio­ri­taire sur

les ac­tifs du contrat. En France, le créan­cier simple (chi­ro­gra­phaire) passe après les créan­ciers pri­vi­lé­giés que sont l’État, les or­ga­nismes so­ciaux et les sa­la­riés. Au Luxem­bourg, les ac­tifs sont en­re­gis­trés chez un dé­po­si­taire in­dé­pen­dant, le tout ap­prou­vé par l’au­to­ri­té de contrôle lo­cale (le Com­mis­sa­riat aux as­su­rances). En France, l’ac­tif n’est pas iso­lé et fait par­tie du bi­lan de la com­pa­gnie.

L’at­trait des contrats luxem­bour­geois s’ex­plique sur­tout par une ges­tion fi­nan­cière af

fi­née. Dès 125000 eu­ros (250000 eu­ros il y a peu), le contrat ap­porte un vé­ri­table avan­tage avec une ges­tion per­son­na­li­sée via les « fonds in­ternes dé­diés ».Vous sé­lec­tion­nez la banque dé­po­si­taire de votre choix et pou­vez scin­der la ges­tion de votre contrat au­près de plu­sieurs ges­tion­naires de fonds agréés par l’État luxem­bour­geois. En plus des tra­di­tion­nelles uni­tés de compte, il est pos­sible d’y pla­cer

des titres vifs co­tés (ac­tions et obli­ga­tions). Au-de­là de 2,5 mil­lions d’eu­ros, vous ac­cé­dez au nec plus ul­tra en y lo­geant en di­rect des titres non co­tés, des contrats à terme et autres contrats dé­ri­vés. Autre avan­tage: plu­sieurs de­vises sont ac­ces­sibles: eu­ro, dollar, livre ster­ling ou franc suisse… Une diversification pa­tri­mo­niale in­dis­pen­sable au­jourd’hui. L’opi­nion du Re­ve­nu Bon com­plé­ment à un contrat fran­çais. Mais le fonds en eu­ros, lui, n’a au­cun sens au Luxem­bourg.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.