Ache­ter aux en­chères Mode d’em­ploi

Pour vous per­mettre de réa­li­ser de bonnes af­faires nous dé­taillons les étapes es­sen­tielles d’une vente aux en­chères. Ad­ju­gé, ven­du !

Le Revenu - Mensuel Placement - - ART EN­QUÊTE -

Ache­ter aux en­chères, beau­coup d’entre nous n’osent pas : « c’est im­pres­sion­nant », « il n’y a que des pro­fes­sion­nels », « ça va trop vite », « on ne peut pas voir les ob­jets », « j’ai trop peur que l’on m’ad­juge un ob­jet si je bouge », « je ne sais pas où avoir des ren­sei­gne­ments sur les ventes », « je ne peux pas as­sis­ter à la vente », etc., au­tant de ques­tions que tous les ama­teurs se sont po­sées avant d’en­ché­rir pour la pre­mière fois. Pour les non-ini­tiés, le cé­ré­mo­nial de ces ventes pu­bliques et la pres­sion des ache­teurs aguer­ris a de quoi les in­ti­mi­der. Ce­la fait par­tie du jeu. N’y prê­tez pas at­ten­tion et lan­cez-vous!

Avant la vente Re­cueillez le maxi­mum d’in­for­ma­tions

Ren­sei­gnez-vous sur les dates et le conte­nu des ventes. Chaque se­maine, plu­sieurs di­zaines de ventes aux en­chères sont or­ga­ni­sées, mais com­ment sa­voir qui vend quoi, quand et où ? Il n’y a pas de ca­len­drier na­tio­nal des ventes aux en­chères, mais plu­sieurs sup­ports (pa­pier et In­ter­net) four­nissent ces in­for­ma­tions. La Ga­zette Drouot (le ma­ga­zine heb­do­ma­daire et le site In­ter­net) en re­cense un grand nombre par­tout en France et même à l’étran­ger. L’in­for­ma­tion est brève: la mai­son de ventes, la date de la vente, quelques pho­tos de lots in­té­res­sants et les co­or­don­nées de l’or­ga­ni­sa­teur. Le mieux est alors de consul­ter le site In­ter­net du com­mis­saire-pri­seur lui-même où, en prin­cipe quelques jours avant la vente et gra­tui­te­ment, le ca­ta­logue de la vente est consul­table. On y trouve la liste et le des­crip­tif de tous les lots, illus­trés ou non, et leur es­ti­ma­tion. Dans ce do­cu­ment, les condi­tions gé­né­rales de ventes (frais d’achat, frais de garde, res­pon­sa­bi­li­té…) y sont dé­taillées. Chaque jour, des sites comme Auc­tion. fr, In­te­ren­cheres.fr ou Drouot.fr ré­per­to­rient et in­forment sur les ventes à ve­nir. Al­lez à l’ex­po­si­tion et in­ter­ro­gez les ex­perts, les clercs. Vous avez un coup de coeur pour un bu­reau Jean Prou­vé ou une af­fiche de Cal­der ? Al­lez, si pos­sible, voir l’ob­jet de vos propres yeux pen­dant les ex­po­si­tions qui pré­cèdent la vente, en gé­né­ral, la veille et le ma­tin même. Ce n’est pas tou­jours fa­cile, mais c’est for­te­ment re­com­man­dé pour ap­pré­cier l’état de l’ob­jet, ses cou­leurs, ses di­men­sions, pour le tou­cher et l’étu­dier sous tous ses angles. C’est éga­le­ment le jour où vous pou­vez avoir des pré­ci­sions au­près des ex­perts, des clercs de l’étude, pré­sents pour ren­sei­gner les ache­teurs. Vous pou­vez tou­jours ap­pe­ler la mai­son de ventes pour avoir des pré­ci­sions, mais rien ne rem­place une vi­site.

Lais­sez un ordre d’achat. Au cas où vous ne pou­vez pas as­sis­ter à la vente, vous en pro­fi­te­rez pour lais­ser un ordre d’achat ou de­man­der à suivre les en­chères par té­lé­phone. Dans le pre­mier cas, vous confiez à l’ex­pert ou au com­mis­saire-pri­seur le droit d’en­ché­rir à votre place dans les condi­tions que vous au­rez dé­ter­mi­nées avec lui, c’est-à-dire en fixant une en­chère pla­fond.

At­ten­tion, il ar­rive que les com­mis­saires-pri­seurs ne res­pectent pas la pro­gres­si­vi­té des en­chères et aillent di­rec­te­ment au pla­fond du ou des ordres pour ali­men­ter et aug­men­ter les en­chères et le prix de vente fi­nal. Les ha­bi­tués parlent de « bour­rage ». Tous les com­mis­saires-pri­seurs n’agissent pas ain­si. Vous pou­vez aus­si de­man­der à être ap­pe­lé par té­lé­phone pen­dant la vente et en­ché­rir en di­rect. Pour les pe­tits prix, les ordres et les en­chères par té­lé­phone ne sont pas tou­jours pos­sibles.

Ins­cri­vez-vous à l’avance pour en­ché­rir en live de­puis

votre or­di­na­teur. Si ces so­lu­tions ne vous conviennent pas ou ne sont pas pro­po­sées, il est en­core pos­sible d’en­ché­rir en di­rect de­puis votre or­di­na­teur ou votre ta­blette, à condi- tion que la vente soit re­trans­mise en live via les sites Drouot.fr ou In­te­ren­cheres.fr. Ren­sei­gnez-vous au­près de l’étude. Il suf­fit, en­suite, de vous ins­crire et de lais­ser vos co­or­don­nées ban­caires, qua­rante-huit heures avant la vente et de vous connec­ter le jour J. Même si vous in­ter­ve­nez à dis­tance, vous bé­né­fi­ciez des mêmes ga­ran­ties que l’ache­teur pré­sent dans la salle.

Con­seil du Re­ve­nu

En­ché­rir par In­ter­net fa­ci­lite la vie des chi­neurs, mais ce­la ne doit pas vous em­pê­cher d’al­ler voir les ob­jets. Pen­sez que vous ache­tez une an­ti­qui­té, avec son his­toire et ses ac­ci­dents, pas tou­jours vi­sibles ni ap­pré­ciables sur un écran d’or­di­na­teur.

Le jour de la vente Fixez-vous un prix pla­fond

Le jour même, es­sayez d’ar­ri­ver à l’avance car les ha­bi­tués se pressent et, par­fois, se bous­culent pour ob­te­nir une place as­sise. Les mar­chands, eux, se tiennent de­bout au fond, de ma­nière à avoir une vue gé­né­rale sur la salle et les en­ché­ris­seurs. À vous de choi­sir la place qui vous convient. Cer­tains veulent en­tendre les com­men­taires des pro­fes­sion­nels, d’autres pré­fèrent le confort.

Avant de com­men­cer les en­chères, le com­mis­saire-pri­seur rap­pelle les condi­tions gé­né­rales de la vente, no­tam­ment les modes de paie­ment et le mon­tant des frais. Pour chaque lot, cet of­fi­cier mi­nis­té­riel et l’ex­pert qui l’as­siste dé­crit l’ob­jet. Il faut être at­ten­tif, car ils peuvent pré­ci­ser des points par rap­port à la des­crip­tion écrite, comme des ac­ci­dents, des res­tau­ra­tions qui ne sont pas men­tion­nés dans le ca­ta­logue. Même si elles se font ora­le­ment, ces pré­ci­sions en­gagent les par­ties. En­ché­ris­sez à votre rythme. Pour com­men­cer les en­chères, le com­mis­saire-pri­seur prend sou­vent le mon­tant de l’es­ti­ma­tion di­vi­sé par deux comme point de dé­part. Il monte en­suite les en­chères à la ca­dence qu’il au­ra dé­ci­dée, ce­la peut-être de cinq eu­ros en cinq eu­ros, de mille eu­ros en mille eu­ros, de dix mille eu­ros en dix mille eu­ros… Si le com­mis­saire-pri­seur mène le tem­po des en­chères, vous pou­vez vous aus­si faire l’en­chère de votre choix, mais ce n’est pas tou­jours bien vu ! Pour par­ti­ci­per, ne vous ma­ni­fes­tez pas bruyam­ment: une main le­vée ou un signe de la tête suf­fit pour dire que vous ac­cep­tez le prix. Les en­chères sont ra­pides, elles durent une mi­nute en­vi­ron, par­fois moins. La vente est conclue seule­ment lorsque le com­mis­sai­re­pri­seur an­nonce le lot« ad­ju­gé ! » ac­com­pa­gné de son coup de mar­teau. Un simple « coup de mar­teau » ne suf­fit pas, ce­la si­gni­fie au contraire que le lot n’est pas ven­du, on dit qu’il est « ra­va­lé ».

Pour les ventes re­trans­mises en di­rect sur In­ter­net, vous ne pou­vez pas in­di­quer le mon­tant de cha­cune de vos en­chères, car ce­la ra­len­ti­rait trop la vente. Pour en­ché­rir, il faut ac­cep­ter le prix que l’on pro­pose sur le site et non dans la salle. At­ten­tion à ce dé­tail, car on se laisse vite prendre par le rythme et on dé­passe le prix pla­fond que l’on s’est fixé. En­fin, sa­chez que, en cas d’en­chère iden­tique en salle et sur In­ter­net, le com­mis­saire-pri­seur peut pri­vi­lé­gier le pu­blic pré­sent dans la salle. Ce­la à condi­tion d’avoir an­non­cé dans les condi­tions gé­né­rales de ventes ou ora­le­ment au dé­but de la vente qu’il don­nait la « prio­ri­té à la salle ». Une fois que le lot vous est ad­ju­gé, le crieur vous re­met un bon ou une éti­quette avec votre nu­mé­ro de lot. Ne le per­dez pas, il n’est pas no­mi­na­tif et c’est le seul moyen de ré­cu­pé­rer votre achat après le paie­ment. Vous pou­vez re­mettre, à ce mo­ment-là, votre paie­ment au crieur et re­par­tir avec votre ta­bleau sous le bras.

Con­seil du Re­ve­nu

Même les ha­bi­tués de ventes pu­bliques sont fé­briles lorsque les en­chères dé­marrent. Fixez-vous un pla­fond d’en­chères et un prix de vente, frais com­pris. En ef­fet, le jour de la vente, on a ten­dance à pen­ser qu’une en­chère de plus n’est pas si im­por­tante. Les com­mis­saires-pri­seurs sont adroits et savent sé­duire les ache­teurs hé­si­tants et les in­ci­ter à pour­suivre les en­chères.

Après la vente Payez vite pour re­par­tir avec votre ac­qui­si­tion

Une fois la vente fi­nie, tous les ache­teurs se pré­ci­pitent pour ré­gler leurs achats. Mu­ni de votre« éti­quette » ou du nu­mé­ro de lot, vous ac­quit­tez la fac­ture qui se com­pose du prix d’ad­ju­di­ca­tion plus les frais d’achat. Chaque mai­son de ventes ap­plique son propre ta­rif (fixe ou dé­gres­sif), en gé­né­ral, entre 9 et 30% (TTC). Les frais des mai­sons de ventes pa­ri­siennes sont par­mi les plus éle­vés. Une montre an­cienne ad­ju­gée 1000 eu­ros, vous coû­te­ra, au bout du compte, de 1090 à 1300 eu­ros. Le paie­ment s’ef­fec­tue à la fin de la vente, par­fois pen­dant si vous êtes pres­sé, en es­pèces jus­qu’à 1000 eu­ros, si­non par carte ban­caire, chèque et chèque de banque pour les achats im­por­tants. Un chèque or­di­naire peut dif­fé­rer la re­mise de l’ob­jet jus­qu’à son en­cais­se­ment.

Pen­sez aux frais sup­plé­men­taires. Les ob­jets trop vo­lu­mi­neux pour être en­le­vés im­mé­dia­te­ment sont en­tre­po­sés à l’étude ou dans un garde-meuble. Après quelques se­maines de gar­dien­nage gra­cieux, des frais coûtent 30 eu­ros (HT) par mètre cube et par mois chez Pierre Ber­gé, 9 eu­ros par lot et par se­maine chez Millon… Ce ta­rif est pré­ci­sé dans les condi­tions de vente. At­ten­tion, dès que l’ob­jet vous est at­tri­bué, il n’est plus cou­vert par l’as­su­rance du pro­fes­sion­nel. À vous de faire le né­ces­saire ra­pi­de­ment pour que votre pré­cieux achat soit pro­té­gé contre le vol et le bris.

Con­seil du Re­ve­nu

Con­ser­vez pré­cieu­se­ment le bor­de­reau d’achat, c’est votre fac­ture (nom, lieu, date de la vente, des­crip­tif et prix…) et le ca­ta­logue de vente. Ces do­cu­ments sont utiles pour les as­su­rances et at­testent l’au­then­ti­ci­té et la pro­ve­nance de l’ob­jet.

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