Vers un nou­veau monde des pla­ce­ments

Les grandes mu­ta­tions que nous tra­ver­sons sup­posent de res­ter as­sez clas­sique, tout en in­no­vant.

Le Revenu - Mensuel Placement - - VOTRE PATRIMOINE -

Dix ans après le dé­but de la crise fi­nan­cière,

des conclu­sions s’im­posent. Il me semble im­por­tant de re­te­nir, face à une grave crise, la stra­té­gie la plus ef­fi­cace pour réus­sir ses pla­ce­ments. Les mu­ta­tions évo­luent à un rythme que l’on n’a ja­mais connu. Il im­porte, à mon avis, de sa­voir adop­ter

une bonne grille d’ana­lyse pour prendre les bonnes dé­ci­sions. Ce­la, sans ou­blier d’y in­té­grer ses ob­jec­tifs et des risques sup­por­tables.

En ce dé­but 2017, je vou­drais in­sis­ter sur la né­ces­si­té d’as­so­cier le contexte éco­no­mique et la pers­pec­tive d’une plus longue

es­pé­rance d’exis­tence. Dans les ci­vi­li­sa­tions évo­luées, elle est pas­sée, en cent ans, de moins de cin­quante ans, à en­vi­ron quatre-vingts ans au­jourd’hui.

1 Les réa­li­tés ac­tuelles

Il s’en­suit une pre­mière évi­dence. Elle doit dé­sor­mais gui­der votre stra­té­gie pa­tri­mo­niale. Nos grands- pa­rents avaient pour ob­jec­tif d’as­su­rer, grâce à leur tra­vail, leur sé­cu­ri­té jus­qu’à la fin de leurs jours. Leur sou­hait était de trans­mettre à leurs en­fants, vers 40 ans, le pa­tri­moine fa­mi­lial. Or, ac­tuel­le­ment, compte te­nu des pro­grès de la mé­de­cine, la du­rée de vie s’est al­lon­gée. De nos jours, les hé­ri­tiers sont sou­vent proches de l’âge de la re­traite. La ges­tion de pa­tri­moine n’a pas en­core bien in­té­gré cette nou­velle réa­li­té. Et c’est jus­te­ment sur ce point que je vou­drais main­te­nant in­sis­ter.

2 Le rôle cen­tral de l’as­su­rance vie

La grande illustration de ce phé­no­mène est l’énorme pro­gres­sion, au cours de ces vingt der­nières an­nées, des dé­pôts en contrats d’as­su­rance vie pour fa­vo­ri­ser sa re­traite et l’ave­nir de ses proches. L’as­su­rance vie per­met aus­si de trans­mettre, sans droits de suc­ces­sion dans la plu­part des cas, des ca­pi­taux à ses en­fants ou aux per­sonnes de son choix que l’on sou­haite fa­vo­ri­ser après sa dis­pa­ri­tion. J’ai été un des pre­miers à vous pré­co­ni­ser, il y a dé­jà trente ans, une sé­rie d’ex­cel­lents contrats. Ils vous ont ap­por­té à la fois une sé­cu­ri­té sur le ca­pi­tal et une va­lo­ri­sa­tion ex­cep­tion­nelle face à l’inflation. Mais j’ai, au­jourd’hui, la convic­tion que cette stra­té­gie d’ac­cu­mu­la­tion de ré­serves doit être pon­dé­rée.

L’heure me pa­raît ve­nue d’ai­der plus ra­pi­de­ment ceux qui vous

sont chers. Fa­vo­ri­sez des do­na­tions an­ti­ci­pées des­ti­nées à amé­lio­rer leur train de vie. Ils dis­po­se­ront ain­si de moyens pour aug­men­ter leurs ca­pa­ci­tés à en­tre­prendre afin de réus­sir plus tôt leur vie per­son­nelle.

3 Res­tez maître de votre pa­tri­moine

Vous pou­vez trans­mettre par

donation, à cha­cun de vos en­fants, plus de 200 000 eu­ros ( par couple), sans frais fis­caux, et ce­la, tous les quinze ans. Vous avez éga­le­ment la pos­si­bi­li­té, s’ils ont le dé­sir de créer une ac­ti­vi­té, d’être leur par­te­naire in­ves­tis­seur dans une en­tre­prise. Voi­là qui fa­ci­li­te­ra le suc­cès de leur pro­jet.

Pour la trans­mis­sion d’un bien immobilier, d’un por­te­feuille de va­leurs mo

bi­lières ou d’une en­tre­prise, il est éga­le­ment as­tu­cieux d’as­so­cier vos proches en pré­voyant une ré­serve

d’usu­fruit. For­ma­li­sez cette opé­ra­tion avec la col­la­bo­ra­tion d’un no­taire avi­sé. Ce­la, afin de conser­ver de votre

vi­vant la di­rec­tion de votre pa­tri­moine et de ses re­ve­nus, tout en éli­mi­nant les droits de suc­ces­sion.

Ces so­lu­tions ont l’avan­tage de vous lais­ser maître

des ca­pi­taux com­po­sant votre pa­tri­moine. Il convient éga­le­ment de conci­lier ce type de mon­tage suc­ces­so­ral avec des do­na­tions en li­qui­di­tés, qui viennent s’ajou­ter à celles que j’ai évo­quées plus haut.

4 À chaque âge sa stra­té­gie ga­gnante

Mais il faut aus­si pen­ser à vous. La stra­té­gie est dif­fé­rente en fonc­tion de votre âge. Vous de­vez gé­rer, avec des li­qui­di­tés em­ployées en li­vrets dé­fis­ca­li­sés ou non, vos be­soins de dé­penses men­suelles. N’ou­bliez pas vos ré­serves des­ti­nées à ré­gler vos im­pôts et taxes. Les com­pa­ra­tifs, réa­li­sés sur In­ter­net et dans nos dif­fé­rentes pu­bli­ca­tions, du ren­de­ment des divers pla­ce­ments vous ouvrent les yeux sur la réa­li­té des po­ten­tia­li­tés. Faire mieux que l’inflation est dif­fi­cile sans prendre de risques. La sé­cu­ri­té im­pose par­fois de sa­voir at­tendre et d’évi­ter les pla­ce­ments illu­soires.

L’exi­gence d’épargne de pré­cau­tion im­pose

une diversification. Il me pa­raît im­por­tant, dans le contexte ac­tuel, de pri­vi­lé­gier quelques sup­ports d’in­ves­tis­se­ments ju­di­cieu­se­ment di­ver­si­fiés. Ils peuvent être liés à l’es­sor et la va­lo­ri­sa­tion de votre en­tre­prise ou de votre pro­fes­sion li­bé­rale. Ce­la, afin d’aug­men­ter vos re­ve­nus et la va­leur ces­sible, le jour ve­nu, de votre ac­ti­vi­té. Se­lon votre sur­face pa­tri­mo­niale, trois di­ver­si­fi­ca­tions restent prio­ri­taires: la Bourse, l’immobilier et l’as­su­rance vie mul­ti­sup­port.

En Bourse Le pla­ce­ment en ac­tions m’ap­pa­raît comme un élé­ment mo­teur de votre pa­tri­moine. Il faut ef­fa­cer le pas­sé et re­voir une stra­té­gie

fi­nan­cière au­tre­ment. La Bourse est un sup­port qui ne de­vrait pas vous dé­ce­voir dans les an­nées qui viennent. Mais ce­la exige d’adop­ter une nou­velle stra­té­gie di­ver­si­fiée en ré­par­tis­sant vos risques entre ac­tions, obli­ga­tions conver­tibles et pro­duits col­lec­tifs. J’ai la sa­tis­fac­tion de vous avoir convain­cu de main­te­nir le bon cap de­puis des an­nées sur des va­leurs mo­bi­lières sé­lec­tion­nées. Conser­vez les titres de ma sé­lec­tion en pre­nant des bé­né­fices ré­gu­liers. Mo­bi­li­sez aus­si des li­qui­di­tés vous per­met­tant de re­prendre des po­si­tions at­trayantes à la fa­veur des re­plis pas­sa­gers qui se re­pro­dui­ront.

En immobilier Le re­dé­mar­rage des tran­sac­tions sur­prend dans un contexte éco­no­mique et so­cial dif­fi­cile. Même si le mo­teur du re­bond – la baisse des taux de cré­dit– est clai­re­ment iden­ti­fié. Je reste fa­vo­rable à l’ac­qui­si­tion de la ré­si­dence prin­ci­pale et à l’immobilier lo­ca­tif bien choi­si qui per­met une ren­ta­bi­li­té brute su­pé­rieure à 5 ou 6%.

L’as­su­rance vie mul­ti­sup­port La chute ver­ti­gi­neuse du ren­de­ment des obli­ga­tions oblige à re­pen­ser des concep­tions his­to­riques. Il est temps de di­ver­si­fier vos contrats, en fonc­tion de votre pro­fil d’épar­gnant. Une pro­por­tion de 20 % d’ac­tions me semble rai­son­nable, à condi­tion de pou­voir im­mo­bi­li­ser votre ar­gent pen­dant cinq ans au mi­ni­mum. Les grandes mu­ta­tions que nous tra­ver­sons im­pliquent, en dé­fi­ni­tive, de res­ter as­sez clas­sique tout en fai­sant preuve d’in­no­va­tion. N’hé­si­tez pas à ré­agir avec réa­lisme.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.