Prio­ri­té au bon sens

Pri­vi­lé­giez la sé­cu­ri­té, mais re­dé­cou­vrez la Bourse

Le Revenu - Mensuel Placement - - VOTRE PATRIMOINE -

La réus­site sou­rit aux au­da­cieux, dit-on sou­vent. Tou­te­fois, je rap­pelle à nou­veau que nous sommes dans une pé­riode de pro­fonds chan­ge­ments qui exigent bien des re­mises en cause dans tous les do­maines. Je per­siste donc à croire que la prio­ri­té pour cha­cun d’entre vous est d’éta­blir la stra­té­gie fi­nan­cière la mieux adap­tée à votre cas. Les lec­teurs de ma chro­nique savent que j’ac­corde de­puis des an­nées la prio­ri­té aux im­pé­ra­tifs de bon sens et de pru­dence. Mais être suf­fi­sam­ment avi­sé, c’est sa­voir à la fois res­pec­ter les prin­cipes de sé­cu­ri­té et prendre cer­tains risques.

Ré­flexions sur l’or. Il y a une cin­quan­taine d’an­nées, l’or était l’un des pla­ce­ments pré­fé­rés des Fran­çais. Et cer­tains d’entre vous se rap­pellent les pro­fits ex­cep­tion­nels ob­te­nus grâce au mé­tal jaune et aux em­prunts in­dexés sur ce der­nier. Ce­la, sans im­pôts et par­fois sans droits de suc­ces­sion. Mais ils n’ou­blient pas la ver­sa­ti­li­té des cours du mé­tal jaune. Les plus an­ciens ont pro­fi­té des atouts de deux em­prunts in­dexés sur l’or (le 4,5% Pi­nay de 1952 et le 7% Gis­card de 1973).

L’or a fait sou­vent rê­ver. Sur­tout le jour où, en 1980, il a at­teint le cours de 800 dol­lars l’once ( soit 31 grammes). Après avoir tou­ché un som­met his­to­rique à plus de 1900 dol­lars en sep­tembre 2011, voi­ci que le cours de l’or tourne au­tour des 1300 dol­lars l’once. Va-t-il re­mon­ter ou bais­ser ? Faut-il cé­der tout ou par­tie de vos biens or ? Voi­là qui exige ré­flexion et pru­dence.

Je dois aus­si vous rap­pe­ler que les ventes d’or su­bissent de­puis 2018 une taxe for­fai­taire qui at­teint dé­sor­mais 11,5 %. Les banques ou of­fi­cines doivent ins­crire leurs opé­ra­tions dans un do­cu­ment of­fi­ciel que le fisc peut contrô­ler. Si bien que l’ano­ny­mat qui a en­tou­ré l’or pen­dant si longtemps est au­jourd’hui plein de pièges à évi­ter. Toute pièce, de plus, su­bit une dé­cote im­por­tante en fonc­tion des rayures, dé­for­ma­tions ou vices de qua­li­té qui sont à la seule ap­pré­cia­tion de l’ache­teur. Si bien que la dé­pré­cia­tion du prix de vente par rap­port à la va­lo­ri­sa­tion of­fi­cielle peut at­teindre plus de 50 %.

Ces re­marques sont im­por­tantes. Car, à toutes les époques, les épar­gnants sont pré­oc­cu­pés à la fois par le sou­ci d’ob­te­nir des re­ve­nus im­mé­diats né­ces­saires à leur fa­mille et par le sou­hait de sé­cu­ri­ser leur ave­nir. Chaque pla­ce­ment a des cri­tères spé­ci­fiques. Par exemple, l’or ne pro­cure au­cun re­ve­nu. Nous avons au­jourd’hui l’obli­ga­tion de conci­lier notre pré­sent et notre fu­tur. C’est la rai­son pour la­quelle je sou­haite abor­der avec vous dif­fé­rentes so­lu­tions par­mi celles que l’on vous pro­pose pour pla­cer votre ar­gent.

1 La Bourse et le PEA font mieux que des pla­ce­ments “garantis”

Le Re­ve­nu éta­blit ré­gu­liè­re­ment des bancs d’es­sai qui vous si­gnalent les pro­duits à sous­crire. Dans la conjonc­ture ac­tuelle, je vous re­com­mande de re­dé­mar­rer en Bourse avec un PEA sans im­pôts. Mais, après la hausse de 13% du CAC 40 en un an, re­ve­nez len­te­ment sur les ac­tions.

Pre­nez garde aux pièges, com­plexes à dé­ce­ler. Ini­tiez-vous à l’évo­lu­tion des mar­chés fi­nan­ciers. En quelques mois, vous as­si­mi­le­rez des no­tions pour évi­ter les risques et prendre des ga­ran­ties pour réa­li­ser des pro­fits.

2 L’im­mo­bi­lier peut-il être exempt d’aléas ?

Pour cer­tains pro­fes­sion­nels, c’est une convic­tion.

Pour les par­ti­cu­liers, c’est une in­ter­ro­ga­tion. L’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier le plus at­trayant est ce­lui qui est des­ti­né à des opé­ra­teurs par­ti­cu­liers qui ont des moyens fi­nan­ciers pour opé­rer en pre­nant leur temps. Ceux qui rêvent de va­lo­ri­ser leurs ac­qui­si­tions avec

des pla­ce­ments pierre, sans dis­po­ser des fi­nan­ce­ments né­ces­saires à leurs opé­ra­tions, doivent com­pa­rer les taux et être fis­ca­le­ment bien conseillés.

Au­cun pla­ce­ment n’est sans risques.

3 L’as­su­rance vie peut-elle se dé­mo­der ?

Les ré­gimes de re­traite par ré­par­ti­tion connaissent des dif­fi­cul­tés. On cherche donc, en France, de nou­velles so­lu­tions. Dans les pays an­glo-saxons, les fonds de

re­traite sont en vogue. Le Perp, pro­po­sé pour être un com­plé­ment des ré­gimes par ré­par­ti­tion aux­quels co­tisent les sa­la­riés et les di­ri­geants d’entreprise, est-il un com­plé­ment dy­na­mique ? Ce n’est pas la so­lu­tion pour tous. Les grandes dif­fé­rences entre les sys­tèmes de re­traite an­glo-saxons, d’une part, et l’as­su­rance vie, le Perp, la Pré­fon, les sys­tèmes Ma­de­lin pour les pro­fes­sions li­bé­rales, d’autre part, mé­ritent d’être bien prises en compte.

On trouve face à face des ré­gimes où chaque sous­crip­teur a la li­ber­té de ré­cu­pé­rer ses fonds à tout mo­ment (comme l’as­su­rance vie) et d’autres, comme le Perp, la loi Ma­de­lin, avec une seule op­tion : une re­traite sans pos­si­bi­li­té de re­prendre son ca­pi­tal. C’est seule­ment, sauf ex­cep­tion, une rente pour soi­même ou son conjoint. On ne peut donc pas trans­mettre

à ses proches l’épargne consti­tuée par­fois au long des dé­cen­nies. C’est pour­quoi je suis pru­dent sur tous les pro­duits sans li­ber­té de li­qui­di­té. L’as­su­rance vie, en l’état ac­tuel de la lé­gis­la­tion, reste

un des pla­ce­ments les plus at­trayants. Mais res­tons vi­gi­lants. Le Re­ve­nu et les as­so­cia­tions de dé­fense des épar­gnants in­dé­pen­dantes comme, de­puis 1969, l’Union des épar­gnants de France et le Fonds pour l’épargne, que je sou­tiens, dé­fendent vos in­té­rêts. Ces or­ga­nismes se mo­bi­lisent pour fa­vo­ri­ser les ré­duc­tions d’im­pôts et une sé­lec­tion de pla­ce­ments clairs et ren­tables, tous frais com­pris.

4 Pla­ce­ments à hauts ren­de­ments

Qu’il s’agisse de créa­tion d’entreprise, de par­ti­ci­pa­tion à des so­cié­tés at­trayantes, on doit tou­jours vi­ser l’op­ti­mum de per­for­mance. Fuyez les ven­deurs de so­lu­tions mi­racles .

J’ai sou­hai­té vous rap­pe­ler de tou­jours prendre en compte l’im­por­tance du bon sens. L’ana­lyse tech­nique ob­jec­tive per­met de réus­sir vos pla­ce­ments dans une pé­riode à po­ten­tiels ci­blés.

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