Col­lec­tion

Chaque an­née, des cen­taines de “garde-temps” de col­lec­tion et de marque sont ven­dues aux en­chères. Nos conseils pour un pre­mier achat à moins de 5 000 eu­ros.

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE - MY­RIAM SI­MON

Ache­ter sa pre­mière montre

Le mar­ché des montres de col­lec­tion connaît un par­cours si­mi­laire à ce­lui des vieilles voi­tures: une ving­taine d’an­nées d’exis­tence, des en­chères re­cords, un mar­ché in­ter­na­tio­nal

et es­sen­tiel­le­ment mas­cu­lin, des marques phares et une pro­gres­sion des prix im­pres­sion­nante. Pour preuve, le prix re­mar­quable at­teint lors d’une vente Phil­lips à New York pour la montre Ro­lex Cos­mo­graph Day­to­na de l’ac­teur et homme d’af­faires Paul New­man. Ad­ju­gée le 26 oc­tobre der­nier 17,7 mil­lions de dol­lars, elle avait été ache­tée 100000 dol­lars en 1981. Ras­su­rez-vous, par­mi tous les mo­dèles qui passent ré­gu­liè­re­ment aux en­chères, il est pos­sible d’en­trer dans le cercle des ama­teurs avec un bud­get bien moindre.

Un mar­ché in­ter­na­tio­nal

Lorsque l’on n’y connaît rien et que l’on veut se faire plai­sir, le choix est dé­li­cat. Quelle montre choi­sir? Plu­tôt mé­ca­nique, au­to­ma­tique, en or, en acier, avec ou sans com­pli­ca­tions, le tout pour moins de 5000 eu­ros?

Plu­sieurs marques do­minent le mar­ché. Vous pou­vez faire un bon pre­mier achat en choi­sis­sant les mo­dèles em­blé­ma­tiques des grandes mai­sons hor­lo­gères. « La vraie force de ce mar­ché, comme ce­lui des voi­tures an­ciennes, c’est qu’il n’y a pas de bar­rières cultu­relles, quelle que soit la na­tio­na­li­té des ache­teurs, les marques pré­fé­rées res­tent les mêmes, Pa­tek Phi­lippe et Ro­lex », ex­plique Geof­froy Ader, ex­pert en montres de col­lec­tion.

Des mo­dèles abor­dables chez Ro­lex et Pa­tek Phi­lippe

Ro­lex est re­con­nue pour ses montres spor­tives. Les montres Oys­ter Day­to­na, GMT Mas­ter, Sub­ma­ri­ner, Ex­plo­rer sont illustres. Les mo­dèles existent de­puis plus de cin­quante ans et se dé­clinent en sous-fa­milles, mul­ti­pliant les choix et les chances de réa­li­ser un bon in­ves­tis­se­ment. Si cer­tains mo­dèles en­re­gistrent des en­chères mul­ti­mil­lion­naires (lire ci-contre), ache­ter une Ro­lex n’est pas ré­ser­vé à quelques pri­vi­lé­giés. Les Oys­ter, pre­mières montres étanches créées en 1926, sont ad­ju­gées entre 1300 et 2500 eu­ros dans les salles des ventes.Vous pou­vez chi­ner une Da­te­just, dé­ri­vée de l’Oys­ter créée en 1944 avec chro­no­mètre, date et bra­ce­let mé­tal­lique, entre 1500 et 3200 eu­ros dans les salles des ventes ou au Cré­dit mu­ni­ci­pal. Cer­tains exem­plaires de l’Ex­plo­rer, lan­cée en 1955, sont

ad­ju­gés entre 3000 et 5000 eu­ros. En re­vanche les Day­to­na et GMT Mas­ter n’entrent pas dans notre bud­get.

Pa­tek Phi­lippe est aus­si une marque hor­lo­gère qui af­fole les ama­teurs. Pour es­pé­rer por­ter la très sty­lée et my­thique Ca­la­tra­va (en or blanc ou jaune) ou la Nau­ti­lus, plus ro­buste et ori­gi­nale, aux en­chères, comp­tez un mi­ni­mum de 5000 eu­ros pour un exem­plaire sans com­pli­ca­tion.

Comp­tez 1500 eu­ros pour une Tank de Car­tier

D’autres marques sont plus connues grâce à l’un de leurs mo­dèles, c’est le cas de la Tank de Car­tier ou de la Re­ver­so de Jae­ger-Le-Coultre. In­tem­po­relle et clas­sique, la montre Tank de chez Car­tier a été créée dans les an­nées vingt, en hom­mage aux blin­dés. Les mo­dèles en pla­qué or valent de 500 à 700 eu­ros. Comp­tez de 1200 à 1450 eu­ros pour une Tank Di­van et au moins 5000 pour un mo­dèle en or. Con­çue dans les an­nées qua­rante pour ré­sis­ter aux chocs lors des matchs de po­lo, la mon

tre ré­ver­sible est en­core lar­ge­ment dé­cli­née. Aux en­chères, on peut ache­ter d’an­ciens mo­dèles dès 2000 eu­ros ou à quartz des an­nées 2000 à par­tir de 1500 eu­ros, ou en­core la Re­ver­so 2 en or des an­nées quatre-vingt de 3000 à 4 500 eu­ros. Chez Ome­ga, la

plus pri­sée, c’est la Speed­mas­ter Pro­fes­sio­nal, ou Moon Watch, en ré­fé­rence à Buzz Al­drin qui la por­tait en 1969 quand il fou­la le sol de la lune pour la pre­mière fois. Pour une montre des an­nées soixante-dix, comp­tez de 1800 à 3000 eu­ros.

Chi­nez aus­si des montres vin­tage Lon­gines, Va­che­ron Cons­tan­tin, Tis­sot, Au­de­mars Pi­guet, Tag Heuer et autres. Ou sui­vez des marques dis­pa­rues. « Cette ten­dance est ap­pa­rue il y a quatre ou cinq ans, pré­cise Geof­froy Ader. Ces marques des an­nées cin­quan­te­soixante, comme Le Phare, Le Jour, Ni­va­da ou Ni­caea Gren­chen, ont dis­pa­ru, mais leurs montres spor­tives sont dans l’air du temps et leur cote com­mence à pro­gres­ser. »

Une montre trop res­tau­rée perd 50% de sa va­leur

Pour tous ces mo­dèles, les prix évo­luent en fonc­tion des per­fec­tion­ne­ments, des ma­té­riaux, des mé­ca­nismes, des mil­lé­simes, des édi­tions li­mi­tées, de leur état… En ache­tant votre pre­mière montre, vous fe­rez des er­reurs : prix ex­ces­sif, état très moyen, faute de goût… mais tous ces faux pas orien­te­ront vos achats fu­turs. Adres­sez-vous à des pro­fes­sion­nels re­con­nus qui vous ai­guille­ront et vous four­ni­ront des montres dans leur écrin avec un cer­ti­fi­cat d’ori­gine. « L’état est im­por­tant, il peut y avoir un écart de prix de 1 à 10, pré­cise l’ex­pert Geof­froy Ader. Mieux vaut une montre avec un ca­dran d’ori­gine un peu abî­mé qu’un ca­dran re­peint qui lui en­lève 50% de sa va­leur. » Une fois à votre poi­gnet, pre­nez-en soin : « Il faut net­toyer et grais­ser les rouages tous les cinq ans, ex­plique Guy Ko­brine, ex­pert au Cré­dit mu­ni­ci­pal de Pa­ris. C’est né­ces­saire pour la lon­gé­vi­té et la ponc­tua­li­té de la montre. »

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