Lo­ca­tion sai­son­nière

En­re­gis­tre­ment à la mai­rie, dé­cla­ra­tion fis­cale, liste des équi­pe­ments in­dis­pen­sables... Nos re­pères utiles pour louer tran­quille cet été.

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE - MY­RIAM SI­MON

Bailleurs, les règles à res­pec­ter

L’an­nonce

Sur les sites In­ter­net, dans les agences, on s’ar­rête sur une an­nonce parce que la pho­to a at­ti­ré

notre re­gard. « Les photographies sont in­dis­pen­sables car le lo­ge­ment de va­cances est le seul bien im­mo­bi­lier que l’on loue sans le vi­si­ter », ob­serve Laë­ti­tia Ca­ron, directrice gé­né­rale de Pap.fr. Pro­fi­te­zen pour mettre en avant le style de la mai­son, le vo­lume des pièces, les équi­pe­ments, les ex­té­rieurs (jar­din, ter­rasse, pis­cine…), la vue. Bref, tout ce qui est utile et tout ce qui fait l’at­trait de votre bien.

En­suite, votre an­nonce doit

être fac­tuelle : ca­pa­ci­té de la mai­son, nombre de chambres, de pièces d’eau, équi­pe­ment élec­tro­mé­na­ger, con­nexion In­ter­net et wi-fi (presque in­dis­pen­sable), proxi­mi­té des com­merces, des ac­ti­vi­tés cultu­relles, spor­tives, de loi­sirs, né­ces­si­té de dis­po­ser ou non d’un vé­hi­cule…

N’ou­bliez pas de faire fi­gu­rer dans votre pe­tite an­nonce le nu­mé­ro d’en­re­gis­tre­ment obli­ga­toire dans cer­tains cas et dans cer­taines com­munes (lire l’en­ca­dré ci-contre). Le pro- jet de loi Élan pré­voit des sanc­tions fi­nan­cières lourdes pour les contre­ve­nants.

Notre con­seil:

Met­tez en avant les avan­tages que les lo­ca­taires ap­pré­cient au­jourd’hui: va­cances sans voi­ture, plage à deux pas, ani­maux ac­cep­tés, paie­ment par chèque va­cances…

Le ta­rif

Pour la lo­ca­tion sai­son­nière, les loyers sont libres. Il n’em­pêche, fixer le juste ta­rif n’est pas évident. Éplu­chez les an­nonces de biens si­mi­laires afin d’avoir une idée de leur ta­ri­fi­ca­tion. Puis lis­tez les plus et les moins de votre ha­bi­ta­tion

pour af­fi­ner vos ta­rifs. Es­sayez d’être dans la moyenne de ce qui se fait. Trop cher, vous ne loue­rez pas au­tant que sou­hai­té, trop bon mar­ché, vous ne ren­tre­rez pas dans vos frais.

Le but est bien sûr d’ef­fa­cer les dé­penses in­hé­rentes à cette lo­ca­tion (im­pôts, taxes, en­tre­tien…) et de dé­ga­ger un bé­né­fice. N’ou­bliez pas de faire va­rier les prix se­lon les pé­riodes creuses et pleines, en

fonc­tion des évé­ne­ments cultu­rels, spor­tifs ou des sa­lons qui se tiennent à proxi­mi­té de votre lo­ge­ment. Pen­sez à men­tion­ner les prix à la nui­tée, à la se­maine, voire pour de plus longues du­rées.

Notre con­seil: Af­fi­chez un ta­rif dans la moyenne pour être bien ré­fé­ren­cé sur les sites In­ter­net et ob­te­nir un taux d’oc­cu­pa­tion éle­vé. Res­tez rai­son­nable sur la fac­tu­ra­tion des ser­vices an­nexes: mé­nage, ani­maux, four­ni­ture du linge.

Le contrat

« La lo­ca­tion sai­son­nière est peu en­ca­drée, ex­plique Laë­ti­tia Ca­ron. Le contrat fait foi entre les par­ties. » Il est in­dis­pen­sable et se ré­vèle plus for­ma­li­sé qu’il n’y pa­raît.

Le contrat doit être en­voyé au lo­ca­taire en deux exem

plaires à si­gner. Il doit com­por­ter les in­di­ca­tions sui­vantes: iden­ti­té et adresse du bailleur et du lo­ca­taire, l’adresse de la lo­ca­tion, les dates de la lo­ca­tion ain­si que les heures d’ar­ri­vée et de dé­part, le nombre de per­sonnes lo­ca­taires, le mon­tant to­tal de la lo­ca­tion charges com­prises, le mode de paie­ment, le mon­tant de l’avance à ré­gler, les frais de ser­vices an­nexes (mé­nage, ani­maux, linge…), le mon­tant de la cau­tion et son mode de res­ti­tu­tion. Outre le contrat, vous de­vez

joindre un état des­crip­tif dans le­quel vous dé­taillez le bien et ses ex­té­rieurs, son équi­pe­ment, son environnement (dis­tance des com­merces, des tran­sports, de la mer…), le prix de la lo­ca­tion, des ser­vices et de la taxe de sé­jour, le mon­tant ver­sé à la ré­ser­va­tion et le mode de paie­ment des dif­fé­rents ver­se­ments, le dé­pôt de ga­ran­tie… « L’état des­crip­tif est un do­cu­ment plus dé­taillé que l’an­nonce, in­dique Laë­ti­tia Ca­ron. Mais il ne se sub­sti­tue pas à l’état des lieux. » L’état des lieux d’en­trée et de sor­tie, que l’on a sou­vent ten­dance à faire à la va-vite, est un in­ven­taire pré­cis du ma­té­riel et un constat de

l’état de l’ap­par­te­ment. Il ne faut pas prendre ce constat à la lé­gère car il se­ra utile en cas de li­tige.

Notre con­seil: Fas­ti­dieuse, la pa­pe­ras­se­rie est ce­pen­dant né­ces­saire pour le bien des deux par­ties. Les in­ter­mé­diaires (agences de lo­ca­tion, sites In­ter­net spé­cia­li­sés) four­nissent des do­cu­ments types, gra­tuits ou payants.

Arrhes ou acompte ?

La ré­ser­va­tion est condi­tion­née au ver­se­ment d’arrhes ou d’un acompte. Pour­quoi choi­sir l’un plu­tôt que l’autre ? L’acompte est un en­ga­ge­ment

ferme et dé­fi­ni­tif. En cas de dé­sis­te­ment, le lo­ca­taire de­vra s’ac­quit­ter de la to­ta­li­té de la somme. Si c’est le bailleur qui se ré­tracte, le lo­ca­taire peut de­man­der à être indemnisé. Les arrhes en­gagent moins. Si le lo­ca­taire fait faux bond, vous conser­vez les arrhes. Si le bailleur ne tient pas ses en­ga­ge­ments, il doit au lo­ca­taire le double des arrhes ver­sées. Im­por­tant, si vous ne pré­ci­sez rien dans votre contrat, les sommes payées d’avance sont consi­dé­rées comme des arrhes. Arrhes ou acompte, le mon­tant de­man­dé est libre. La cou­tume l’éta­blit à 25% du loyer quand la lo­ca­tion est faite suf­fi­sam­ment à l’avance. Le mon­tant peut être plus éle­vé lorsque la date de lo­ca­tion est proche.

Notre con­seil: Arrhes ou acompte? Tout dé­pend de l’en­ga­ge­ment fi­nan­cier que vous êtes prêt à sup­por­ter à titre per­son­nel.

L’équi­pe­ment in­dis­pen­sable

Les va­can­ciers at­tendent un mi­ni­mum de confort et de bien-être. Si le mo­bi­lier n’est pas de­si­gn, tant pis dès lors qu’il est propre et en par­fait

état. Lits, tables, chaises (in­té­rieur et ex­té­rieur), vais­selle et us­ten­siles de cuisine doivent être four­nis en nombre suf­fi­sant. Mieux votre mai­son se­ra équi­pée, plus les lo­ca­taires se­ront sa­tis­faits. La­ve­vais­selle, lave-linge, four, four à mi­cro-ondes et bar­be­cue sont in­con­tour­nables. Dans les chambres, pré­voyez des ran­ge­ments et une li­te­rie ré­cente.

Un som­mier trop an­cien est rédhi­bi­toire, de même que la pro­pre­té et l’état des sa­ni­taires. En­fin, n’ou­bliez pas l’ac

cès à In­ter­net et à la wi-fi, c’est l’un des cri­tères de choix des lo­ca­taires. Pour le jar­din, la pis­cine et tous les autres équi­pe­ments, si l’en­tre­tien est à la charge du lo­ca­taire, n’ou­bliez pas de lais­ser à dis­po­si­tion le ma­té­riel né­ces­saire avec un bref mode d’em­ploi.

Notre con­seil: Un équi­pe­ment suf­fi­sant, propre, neuf ou ré­cent est in­dis­pen­sable, Dans le cas contraire, les lo­ca­taires ne man­que­ront pas de le si­gna­ler dans leurs ap­pré­cia­tions.

La fis­ca­li­té

Les re­ve­nus ti­rés de la lo­ca­tion ponc­tuelle de votre mai­son ou de votre ap­par­te­ment sont sou­mis au ré­gime des bé­né­fices in­dus­triels et com­mer­ciaux (BIC) et non à ce­lui des re­ve­nus fon­ciers. En pra­tique, ces re­ve­nus sont sou­mis au ré­gime mi­croBIC s’ils ne dé­passent pas 70000 eu­ros an­nuels, avec un abat­te­ment for­fai­taire pour frais de 50%. Si vos re­cettes sont su­pé­rieures à 70000 eu­ros, vous êtes imposé au ré­gime réel, c’est-à-dire que vous pour­rez dé­duire vos charges de vos re­cettes. Ce der­nier ré­gime est sou­vent plus avan­ta­geux. Car, outre la dé­duc­tion du mon­tant des tra­vaux, des in­té­rêts du prêt et des frais de ges­tion, il per­met d’amor­tir l’ap­par­te­ment

et le mo­bi­lier (sous condi­tions, avec l’aide d’un pro­fes­sion­nel de pré­fé­rence). Les fruits de ces lo­ca­tions ponc­tuelles sont à dé­cla­rer en même temps que vos re­ve­nus. Il est néan­moins pos­sible d’opter pour le ré­gime réel si vos re­cettes sont in­fé­rieures à 70000 eu­ros.

Notre con­seil: Si l’an­née 2018 est fis­ca­le­ment une an­née blanche, les re­ve­nus des lo­ca­tions sai­son­nières de 2018 de­vront tout de même être dé­cla­rés.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.