Deux blo­cages pré­vus sa­me­di pro­chain

Le Télégramme - Brest - - BREST. ACTUS - Jean-Luc Pa­del­lec

À une se­maine du jour J, la fronde des Gilets jaunes contre la hausse du prix des car­bu­rants semble prendre forme à Brest. Lors d’une as­sem­blée gé­né­rale ce sa­me­di, sur les par­kings d’Océa­no­po­lis, deux points de blo­cage ont été dé­ci­dés : à Pen-arC’hleuz et Plou­gas­tel.

Blo­cage ou pas blo­cage ? Ces der­niers jours, à Brest, il était bien dif­fi­cile d’éva­luer la si­tua­tion en scru­tant les ré­seaux so­ciaux. Une page Fa­ce­book avait certes été créée, mais l’ad­mi­nis­tra­trice avait fi­ni par je­ter l’éponge, en dé­plo­rant le manque de co­si­gna­taires pour la dé­cla­ra­tion en pré­fec­ture. En dé­pit de cette com­mu­ni­ca­tion chao­tique, un ren­dez-vous avait été main­te­nu sur les par­kings d’Océa­no­po­lis, afin de me­su­rer les forces en pré­sence et ten­ter de dé­fi­nir une or­ga­ni­sa­tion à une se­maine de la mo­bi­li­sa­tion na­tio­nale. Pas moins de 250 per­sonnes étaient pré­sentes ce sa­me­di. Le temps de ga­rer leur vé­hi­cule, les par­ti­ci­pants ont ra­pi­de­ment re­pé­ré un homme, gi­let jaune bien vi­sible sur le dos, et pos­té der­rière sa voi­ture, avec sur la fe­nêtre ar­rière cette ins­crip­tion : « La France en co­lère ».

À Pen-ar-C’hleuz et à Plou­gas­tel

Ce lea­der im­pro­vi­sé a pris la pa­role sans mé­ga­phone. « Je m’ap­pelle Do­mi­nique Rei­nier et j’ai re­pris le flam­beau ces der­niers jours en consta­tant que rien ne bou­geait. Je suis chauf­feur rou­tier. J’étais dé­jà de la contes­ta­tion en 1992 contre le permis à points. À l’époque, on avait en­tiè­re­ment blo­qué l’an­cien pont de Plou­gas­tel ».

Une dis­cus­sion dé­bri­dée s’est alors en­ga­gée avec l’en­semble des par­ti­ci­pants. Pas fa­cile de s’ac­cor­der ! C’est par­ti un peu dans tous les sens, cer­tains po­sant clai­re­ment la ques­tion de la res­pon­sa­bi­li­té en cas d’in­ci­dent. Alors que quelques « Ma­cron, dé­mis­sion » se fai­saient en­tendre au mi­lieu de l’at­trou­pe­ment, plu­sieurs voix ont te­nu à rap­pe­ler que le mou­ve­ment se de­vait de res­ter apo­li­tique. Fi­na­le­ment, après une heure de dis­cus­sion, deux blo­cages ont été dé­ci­dés sa­me­di pro­chain, à par­tir de 7 h. Le pre­mier point de ras­sem­ble­ment se fe­rait au Le­clerc de Ker­ga­ra­dec. Une opé­ra­tion es­car­got se­rait alors pro­po­sée en voi­ture jus­qu’au rond-point de Pen-ar-C’hleuz, à l’en­trée de la RN12, tan­dis que d’autres vien­draient à pied. Le se­cond ras­sem­ble­ment dé­bu­te­rait à la même heure au Su­per U de Plou­gas­tel, le bar­rage de­vant se mettre en place sur la RN 165 dans le sens Quim­per-Brest.

Dans les deux cas, les ma­ni­fes­tants ont pré­vu de n’oc­cu­per qu’une seule voie, afin de lais­ser pas­ser les au­to­mo­bi­listes.

Do­mi­nique Rei­nier l’a éga­le­ment bien rap­pe­lé : « La bande d’ar­rêt d’ur­gence de­vra res­ter libre pour per­mettre aux pro­fes­sion­nels de san­té ou de se­cours de pas­ser ». Il a aus­si ap­pe­lé cha­cun « à gar­der son calme, en toutes cir­cons­tances. Nous ne sommes pas une bande de dé­gé­né­rés, mais des gens res­pon­sables ».

Une opé­ra­tion es­car­got en guise d’échauf­fe­ment

À l’is­sue de l’as­sem­blée gé­né­rale, l’un des me­neurs a pro­po­sé spon­ta­né­ment une opé­ra­tion es­car­got dans la ville, his­toire de s’échauf­fer avant sa­me­di pro­chain.

Une pe­tite cen­taine d’au­to­mo­bi­listes en co­lère, mais aus­si quelques mo­tards, ont sui­vi ce mot d’ordre, en tra­ver­sant toute la ville, avant de se dis­per­ser à hau­teur d’Ikea. Un pre­mier échauf­fe­ment sans grande consé­quence, avant la mo­bi­li­sa­tion de sa­me­di pro­chain, qui pour­rait bien être d’une tout autre am­pleur.

En­vi­ron 250 per­sonnes étaient pré­sentes sur le par­king d’Océa­no­po­lis pour cette as­sem­blée gé­né­rale pi­lo­tée par Do­mi­nique Rei­nier. La réunion a en­suite dé­bou­ché sur une opé­ra­tion es­car­got dans la ville.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.