Une jour­née riche en bonnes nou­velles

STX a en­re­gis­tré la com­mande de trois nou­veaux pa­que­bots, ce jeu­di. Des chan­tiers qui vont re­prendre leur an­cien nom et re­pas­ser tem­po­rai­re­ment sous pa­villon fran­çais.

Le Télégramme - Concarneau - - LA UNE -

Jeu­di, à Saint-Na­zaire, STX a en­re­gis­tré une com­mande de trois ba­teaux pour un mon­tant re­cord de 3,5 mil­liards d’eu­ros. Le mi­nistre Bru­no Le Maire a en­suite an­non­cé que le chan­tier na­val al­lait re­prendre son an­cien nom des Chan­tiers de l’At­lan­tique et être tem­po­rai­re­ment na­tio­na­li­sé.

Un bap­tême, une com­mande géante et un nou­veau nom : la jour­née de jeu­di a été riche pour les chan­tiers STX de Saint­Na­zaire. A l’oc­ca­sion du bap­tême du « MSC Bel­lis­si­ma », l’ar­ma­teur MSC a, en ef­fet, confir­mé la pré­com­mande de deux pa­que­bots et ce­rise sur le gâ­teau a ajou­té un troi­sième ba­teau. Mon­tant du contrat : 3,5 mil­liards d’eu­ros. Du ja­mais vu dans l’his­toire de STX.

Sous-trai­tance en Po­logne

Laurent Cas­taing, son di­rec­teur gé­né­ral, s’est fé­li­ci­té d’« une nou­velle ex­tra­or­di­naire com­mande, à li­vrer en 2023 ». « Je tiens à pré­ci­ser que j’ai d’abord re­fu­sé cette com­mande par manque de ca­pa­ci­té in­dus­trielle », a-t-il in­di­qué. Par manque de ca­pa­ci­té sur son site, STX a même dû sous-trai­ter plu­sieurs blocs des coques de ses der­niers pa­que­bots à un chan­tier en Po­logne. STX France fait tra­vailler plus de 8 000 per­sonnes, dont 2 900 sa­la­riés. L’en­tre­prise a réa­li­sé plus de 1 000 em­bauches en CDI de­puis 2013. MSC Cruises, qui avait dé­jà dé­pen­sé à Saint-Na­zaire près de six mil­liards d’eu­ros dans dix na­vires li­vrés entre 2003 et 2013, confirme sa po­si­tion de pre­mier client de STX France. Les in­ves­tis­se­ments de l’ar­ma­teur de­vraient ain­si s’éle­ver à près de 8,5 mil­liards d’eu­ros entre 2017 et 2026. Le chan­tier na­val de Saint-Na­zaire doit éga­le­ment li­vrer d’ici à 2022 cinq na­vires pour son autre client his­to­rique, l’ar­ma­teur amé­ri­cain RCCL.

Au pied du « MSC Bel­lis­si­ma », deuxième na­vire de la sé­rie « Me­ra­vi­glia » qui doit être re­mis à l’ar­ma­teur ita­lo-suisse en 2019, Bru­no Le Maire a évo­qué l’ave­nir de STX, qui doit être re­pris par le groupe ita­lien Fin­can­tie­ri. Pre­mière étape, STX re­trouve son an­cien nom. « Vous al­lez ré­cu­pé­rer le nom des Chan­tiers de l’At­lan­tique, un beau nom, un nom pres­ti­gieux », a dé­cla­ré le mi­nistre, rap­pe­lant sa « pro­messe » que le chan­tier na­val ré­cu­père son an­cien nom.

Mis en vente en 2016 par son ac­tion­naire ma­jo­ri­taire sud-co­réen STX Off­shore & Ship­buil­ding, le chan­tier na­val n’est tou­jours pas pas­sé dans les mains de son concur­rent ita­lien Fin­can­tie­ri. Mal­gré un ac­cord si­gné entre la France et l’Ita­lie en sep­tembre pour le ra­chat de 50 % du ca­pi­tal de STX France, les deux par­ties at­tendent tou­jours l’au­to­ri­sa­tion des au­to­ri­tés de la concur­rence eu­ro­péennes.

Na­tio­na­li­sa­tion « tem­po­raire »

Et cer­tains syn­di­cats de STX se sont in­quié­tés d’une éven­tuelle re­mise en cause de l’ac­cord de­puis le re­gain de ten­sions entre Pa­ris et Rome au­tour de la po­li­tique mi­gra­toire. Bru­no Le Maire s’est vou­lu ras­su­rant : l’ac­cord « est un ac­cord so­lide. J’au­rai un en­tre­tien dès la se­maine pro­chaine avec mon ho­mo­logue ita­lien, M. Tria pour lui re­dire que cet ac­cord est un ac­cord stra­té­gique ». Bru­no Le Maire a confir­mé que le chan­tier na­val al­lait être tem­po­rai­re­ment na­tio­na­li­sé, le 30 juin ou le 1er juillet, « comme pré­vu ». « Il faut que l’État fran­çais re­prenne pos­ses­sion des parts de STX (la mai­son-mère sud-co­réenne qui en dé­tient 66,6 %, NDLR), tem­po­rai­re­ment, tant que nous n’avons pas l’ac­cord des au­to­ri­tés de la concur­rence » pour le ra­chat de 50 % du ca­pi­tal par Fin­can­tie­ri. Il a dit at­tendre une ré­ponse « pour fin 2018 dé­but 2019 » de Bruxelles.

Pho­to AFP

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