La nou­velle étape ne fait que dé­mar­rer

Après la fin des ins­crip­tions sur Par­cour­sup, mar­di soir, les ly­céens ont dé­sor­mais jus­qu’à fin mars pour mo­ti­ver leurs voeux sur cette nou­velle pla­te­forme d’ac­cès à l’uni­ver­si­té, qui conti­nue de sus­ci­ter des in­quié­tudes et, chez cer­tains, une franche opp

Le Télégramme - Guingamp - - FRANCE -

« Je me­sure par­fai­te­ment le sen­ti­ment, l’an­goisse que peuvent res­sen­tir des ly­céens et leurs fa­milles qui ne connaissent pas en­core le fonc­tion­ne­ment de ce dis­po­si­tif », a dé­cla­ré, mar­di, le Pre­mier mi­nistre, Édouard Phi­lippe, de­vant l’As­sem­blée na­tio­nale. Des or­ga­ni­sa­tions ly­céennes, l’Unef (2e syn­di­cat étu­diant) et la FCPE, pre­mière fé­dé­ra­tion des pa­rents d’élèves, ap­pellent à une nou­velle jour­née d’ac­tion, jeudi, contre Par­cour­sup et la réforme du bac, via des blo­cus de ly­cées et des ma­ni­fes­ta­tions. Les pré­cé­dentes mo­bi­li­sa­tions ont plu­tôt été des échecs. Pour ses dé­trac­teurs, cette loi sur les nou­velles mo­da­li­tés d’ac­cès à l’uni­ver­si­té s’ap­pa­rente à une « sé­lec­tion » à l’en­trée à la fac, jus­qu’alors in­ter­dite.

Des ré­serves dans la com­mu­nau­té uni­ver­si­taire

Une note de l’Ins­pec­tion gé­né­rale de l’Édu­ca­tion na­tio­nale ré­vé­lée, mar­di, par Le Monde, sou­ligne « une large adhé­sion à la réforme des com­mu­nau­tés sco­laire et uni­ver­si­taire ». Mais elle alerte sur « les dif­fi­cul­tés phi­lo­so­phiques et tech­niques liées à l’exa­men des can­di­da­tures » par les uni­ver­si­tés. « Cer­tains éta­blis­se­ments ou com­mu­nau­tés uni­ver­si­taires af­fichent une op­po­si­tion ou une ré­serve à l’idée d’exa­mi­ner et de clas­ser des can­di­da­tures », re­lève cette note, qui s’in­ter­roge éga­le­ment sur la vo­lon­té réelle de cer­tains éta­blis­se­ments de mettre en place les par­cours d’ac­com­pa­gne­ment pro­po­sés aux can­di­dats les plus fra­giles.

Des ré­flexions qui n’émeuvent pas le Sgen-CFDT, pre­mier syn­di­cat dans l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur, tous per­son­nels confon­dus, et la Confé­rence des pré­si­dents d’uni­ver­si­té (CPU), tous deux fa­vo­rables à la loi pro­mul­guée la se­maine der­nière. Franck Lou­rei­ro, se­cré­taire na­tio­nal du Sgen-CFDT, rap­pelle que près de 50 % des places dans l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur se trouvent dé­jà dans des fi­lières sé­lec­tives : classes pré­pas et BTS dans les ly­cées, mais aus­si DUT et doubles li­cences dans les uni­ver­si­tés, qui dis­posent donc des ou­tils pour exa­mi­ner les dos­siers.

Ques­tion­ne­ments et in­quié­tudes

La nou­veau­té cette an­née, c’est que les dos­siers de tous les can­di­dats doivent être exa­mi­nés. « Comme avec chaque réforme d’am­pleur, il y a beau­coup de ques­tion­ne­ments et d’in­quié­tudes, et il y au­ra sans doute des en­droits où ça se pas­se­ra moins bien », ajoute le re­pré­sen­tant du Sgen-CFDT.

Après l’étape de l’ins­crip­tion des voeux sur Par­cour­sup, les quelque 900.000 ly­céens ou étu­diants en ré­orien­ta­tion ont à pré­sent jus­qu’au 31 mars pour fi­na­li­ser leur dos­sier. Ils doivent, cette an­née, ré­di­ger quelques lignes de mo­ti­va­tion pour chaque voeu dans une fe­nêtre dé­diée sur le site, joindre les do­cu­ments éven­tuel­le­ment de­man­dés par une for­ma­tion, et ne sur­tout pas ou­blier de confir­mer leurs voeux, qu’ils n’ont dé­sor­mais plus à clas­ser. De leur cô­té, les pro­fes­seurs et chefs d’éta­blis­se­ment vont rem­plir une fiche bap­ti­sée « Ave­nir », en don­nant leur avis sur les voeux ins­crits par les élèves.

Les ré­ponses tom­be­ront à par­tir du 22 mai. Les can­di­dats ayant re­çu plus d’une ré­ponse po­si­tive à leurs voeux de­vront faire leur choix sous sept jours afin que puissent être pro­po­sées aux can­di­dats « en at­tente » les places ain­si li­bé­rées.

Le gou­ver­ne­ment pro­met 22.000 places sup­plé­men­taires

Pour faire face à l’ar­ri­vée de mil­liers de ba­che­liers sup­plé­men­taires l’an pro­chain, le gou­ver­ne­ment a, lui, pro­mis de créer au moins 22.000 places sup­plé­men­taires. D’ores et dé­jà, 19.000 sont fi­nan­cées, in­di­quait le mi­nis­tère, dé­but mars : 2.000 places de BTS et quelque 17.000 en li­cence, dans les fi­lières en ten­sion (où le nombre de can­di­da­tures ex­cède le nombre de places of­fertes). Les 3.000 res­tantes dé­pen­dront des voeux des can­di­dats sur Par­cour­sup.

Les quelque 900.000 ly­céens ou étu­diants en ré­orien­ta­tion ont à pré­sent jus­qu’au 31 mars pour fi­na­li­ser leur dos­sier.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.