JOUR DE PAIX

La chan­ce­lière al­le­mande et le chef de l’État fran­çais, réunis à l’en­droit même où fut si­gné l’Ar­mis­tice de 1918 : c’est une cé­ré­mo­nie très sym­bo­lique qui a eu lieu sa­me­di.

Le Télégramme - Guingamp - - La Une -

L’émo­tion était pal­pable sur les vi­sages des deux di­ri­geants, An­ge­la Mer­kel et Em­ma­nuel Ma­cron, qui ont dé­voi­lé, sa­me­di, une plaque pour com­mé­mo­rer l’Ar­mis­tice de 1918, dans la clai­rière de Re­thondes où fut scel­lée la fin de la Pre­mière Guerre mon­diale. Un mo­ment fort dans la cé­lé­bra­tion du cen­te­naire.

Avant la com­mé­mo­ra­tion du cen­te­naire de la fin de la Pre­mière Guerre mon­diale, qui réuni­ra plus de 60 chefs d’État et de gou­ver­ne­ment, dont Do­nald Trump et Vla­di­mir Pou­tine, ce di­manche, à Pa­ris, c’est une cé­ré­mo­nie hau­te­ment sym­bo­lique qui a eu lieu sa­me­di, en pré­sence d’Em­ma­nuel Ma­cron et An­ge­la Mer­kel, dans la clai­rière où l’Ar­mis­tice fut si­gné, près de Com­piègne.

Lors d’une cé­ré­mo­nie sobre et sans dis­cours, mi­ra­cu­leu­se­ment épar­gnée par le cra­chin, les deux di­ri­geants ont dé­voi­lé une nou­velle plaque au pied du mo­nu­ment la "Dalle sa­crée", cer­né d’arbres aux cou­leurs de l’au­tomne. Dans un si­lence par­fois rom­pu par l’in­ter­pré­ta­tion des hymnes al­le­mand, fran­çais et eu­ro­péen, le pré­sident fran­çais et la chan­ce­lière al­le­mande ont dé­po­sé une gerbe avant une courte vi­site dans une ré­plique du wa­gon, re­cons­ti­tuée en 1962.

« Ne rien cé­der aux pas­sions tristes »

Ils ont en­suite dis­cu­té avec un groupe de jeunes, Em­ma­nuel Ma­cron leur di­sant la né­ces­si­té, se­lon lui, d’être « à la hau­teur » de ce que cla­maient les contem­po­rains de la Grande Guerre : « Plus ja­mais ça ! ». Il faut « ne rien cé­der aux pas­sions tristes, aux ten­ta­tions de la di­vi­sion », a dé­cla­ré le pré­sident fran­çais, ré­pé­tant son mes­sage po­li­tique en fa­veur de plus de co­opé­ra­tion dans une Eu­rope où les élec­teurs se tournent de plus en plus vers des cou­rants hos­tiles à l’in­té­gra­tion eu­ro­péenne.

Bra­vant l’au­tomne et la boue, une cen­taine de vi­si­teurs étaient pré­sents pour l’évé­ne­ment. « C’est un mo­ment fort », a dé­cla­ré Jim Crump, un Amé­ri­cain d’une cin­quan­taine d’an­nées, né à Mu­nich d’une mère al­le­mande. « En Al­le­magne, per­sonne ne connaît la si­gni­fi­ca­tion du 11-No­vembre » (lire par ailleurs). « On est ve­nus pour nos grands-pa­rents qui ont souf­fert dans les tran­chées » et pour tous les sol­dats tués « des deux cô­tés », a ex­pli­qué Do­mi­nique Pim­bert, ve­nu avec sa femme Ch­ris­telle et ses filles de 15 et 20 ans.

Une pre­mière

C’est la pre­mière fois de­puis la fin de la Se­conde Guerre mon­diale que le pré­sident fran­çais et le chef du gou­ver­ne­ment al­le­mand se ren­contrent dans ce mé­mo­rial, si­tué dans une clai­rière de la fo­rêt de Com­piègne. L’Ar­mis­tice entre les émis­saires al­le­mands et le gé­né­ral des ar­mées al­liées Fer­di­nand Foch y fut si­gné au pe­tit ma­tin du 11 no­vembre 1918, dans un wa­gon-res­tau­rant, met­tant un terme à un conflit qui fit 18 mil­lions de morts. Sur la nou­velle plaque dé­voi­lée sa­me­di fi­gure ce court texte : « A l’oc­ca­sion du cen­te­naire de l’Ar­mis­tice du 11 no­vembre 1918, Mon­sieur Em­ma­nuel Ma­cron, pré­sident de la Ré­pu­blique fran­çaise, et Ma­dame An­ge­la Mer­kel, chan­ce­lière de la Ré­pu­blique fédérale d’Al­le­magne, ont ré­af­fir­mé ici la va­leur de la ré­con­ci­lia­tion fran­co-al­le­mande au ser­vice de l’Eu­rope et de la paix ». Une ins­crip­tion net­te­ment moins mar­tiale que les termes tou­jours gra­vés sur la « Dalle sa­crée » : « Ici le 11 no­vembre 1918 suc­com­ba le cri­mi­nel or­gueil de l’em­pire al­le­mand vain­cu par les peuples libres qu’il pré­ten­dait as­ser­vir ».

Pho­to AFP Pho­to AFP Pho­to Kay Niet­feld, MaxPPP

1. La chan­ce­lière al­le­mande et le pré­sident fran­çais, réunis, à Re­thondes, dans la ré­plique du wa­gon où fut si­gné l’Ar­mis­tice de 1918, res­te­ra une image forte de ce cen­te­naire.2. Le gé­né­ra­lis­sime des ar­mées al­liées, Fer­di­nand Foch, avait choi­si la clai­rière de Re­thondes pour abri­ter les né­go­cia­tions avec l’Al­le­magne, en rai­son du calme et de l’iso­le­ment du site.3. Le 8 no­vembre 1918, sans poi­gnée de main pro­to­co­laire, Foch ac­cueille les né­go­cia­teurs al­le­mands dans la clai­rière de Re­thondes. L’Ar­mis­tice se­ra si­gné le lun­di 11 no­vembre, à 5 h 20, pour prendre ef­fet à 11 h. 2

1

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.