Mo­nu­ment aux morts. Vic­time d’une gué­guerre ci­vile

Le Télégramme - Guingamp - - Lannion Trégor -

Il est le hé­ros fi­gé de la Grande Guerre : le Poi­lu du mo­nu­ment aux Morts porte pour­tant sur ses flancs une his­toire bien vive que les adultes et les col­lé­giens du XXIe siècle main­tien­dront, di­manche ma­tin, hors des pro­fon­deurs de l’ou­bli. Si le prin­cipe d’éri­ger le mo­nu­ment en li­mite de l’en­clos pa­rois­sial n’a pas sus­ci­té d’op­po­si­tion, son paie­ment a failli se tran­cher de­vant les tri­bu­naux ! En cause, une somme de 500 francs que la com­mis­sion en charge de l’opé­ra­tion au­rait pro­mise au « pi­co­teur de pierre », Émile Ni­col. La fin de la Grande Guerre ap­porte à l’ar­tiste ploua­ré­tais de nom­breuses com­mandes de mo­nu­ments pa­trio­tiques. À 55 ans, il en four­nit pour Ton­qué­dec, Plu­zu­net, Le VieuxMar­ché, Tré­grom…

Le con­seil mu­ni­ci­pal d’Yves Le Gac a lan- cé une sous­crip­tion vo­lon­taire de 4 500 F en plus des 3 000 F vo­tés sur le bud­get com­mu­nal et des 400 F ac­cor­dés par le Bu­reau de bien­fai­sance. Com­man­dé le 19 juin 1919, le mo­nu­ment est li­vré et inau­gu­ré pour la Pen­te­côte 1921 entre dra­peaux fran­gés or et guir­landes, il est « ar­ro­sé » lors du bal ani­mé par cinq mu­si­ciens.

Émile Ni­col fi­nit par re­non­cer à ses 500 F le 11 jan­vier 1922, non sans ré­cla­mer 120,65 F pour ar­rié­ré de paie­ment. Le mo­nu­ment de 1921 compte alors 71 noms de sol­dats ton­qué­dois morts pour la France. En fait, il y en a 74 dont les noms se­ront lus, di­manche, à 11 h, par les élèves de 3e du col­lège Fran­çoisMa­rie Lu­zel de Ploua­ret au cours de la com­mé­mo­ra­tion of­fi­cielle de l’Ar­mis­tice de 1918.

Éri­gé en 1921, le mo­nu­ment aux morts d’Émile Ni­col a gar­dé ses quatre obus mais pas le ca­non « of­fert par l’État au titre de sou­ve­nir ».

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