« Les pro­duc­teurs de dé­chets doivent s’au­to­no­mi­ser »

Le Télégramme - Landerneau - Lesneven - - BREST. LE DOSSIER DU JOUR -

L’as­so­cia­tion

Les Con­nexions rem­plit une mis­sion sur le Tour de France : sen­si­bi­li­ser les pu­blics à leur pro­duc­tion de dé­chets. Vi­si­teurs, par­te­naires, spor­tifs… Tout le monde est concer­né. An­tho­ny Mon­tagne fait le tri.

> Quelle mis­sion vous a confié l’or­ga­ni­sa­tion du Tour de France ?

« L’Amau­ry Sport Or­ga­ni­sa­tion nous confie la sen­si­bi­li­sa­tion des dif­fé­rents pu­blics au tri des dé­chets, à com­men­cer par la ca­ra­vane du Tour de France, le plus grand pro­duc­teur de dé­chets. Avant le dé­but du Tour, nous leur four­nis­sons une for­ma­tion théo­rique, en fonc­tion de leur pro­duc­tion d’or­dures. Ça dure de cinq à vingt mi­nutes. Au dé­but de l’événement, nous avons une pré­sence sou­te­nue. Puis, au fur et à me­sure, ils s’au­to­no­misent et se dé­brouillent très bien sans nous ! ».

> Quelles ac­tions met­tez-vous en place pour la me­ner à bien ?

« Nous dis­tri­buons près de 25 000 sacs­pou­belles, pour les or­dures mé­na­gères

et pour le tri. Aux villes étapes, aux équi­pages et à la ca­ra­vane. Par la di­ver­si­té des lieux tra­ver­sés et par la di­ver­si­té du pu­blic, nous four­nis­sons éga­le­ment des au­to­col­lants d’in­for­ma­tion à col­ler sur les grandes bennes des com­munes, pour fa­ci­li­ter le tri. Si­non, nous pour­sui­vons la com­mu­ni­ca­tion de ma­nière un peu plus lu­dique au­près des vi­si­teurs. Nous avons notre vé­hi­cule en­vi­ron­ne­ment,

il part un peu plus tôt que la ca­ra­vane, une place pri­vi­lé­giée. Comme ça, nous pou­vons dé­li­vrer notre mes­sage « zé­ro dé­chets sau­vages », sans être noyés par la dis­tri­bu­tion de goo­dies. Nous adap­tons notre dis­cours ; ici, pas ques­tion de tri. Les spec­ta­teurs sont dans une am­biance fes­tive. Notre pre­mier ob­jec­tif est d’évi­ter tous dé­tri­tus sur les bas-cô­tés du Tour. No­tam­ment en étape de mon­tagne, où le ra­mas­sage est par­fois pro­blé­ma­tique ».

> Vous ob­te­nez de bons ré­sul­tats ?

« Tout dé­pend de l’en­droit concer­né. Sur les zones ou­vertes au pu­blic, nous avons 45 % des dé­chets triés et re­cy­clés dans les villes étapes. Ce ra­tio dé­pend gran­de­ment des villes, si elles jouent le jeu ou pas. Sur 42 villes étapes, gé­né­ra­le­ment tout se passe bien. Mais il y a tou­jours trois ou quatre com­munes à la ra­masse, mal­gré les pré­pa­ra­tifs. Et dans le lot, je tiens à pré­ci­ser que nous avons aus­si tou­jours cinq villes au top ! Je vou­drais ci­ter Lo­rient no­tam­ment. Mais sur les zones tech­niques et zones vil­lages, nous maî­tri­sons to­ta­le­ment le tri. Nous de­vons avoir 1 % d’er­reur seule­ment ».

> Ob­ser­vez-vous une évo­lu­tion des men­ta­li­tés ?

« Oui, com­plè­te­ment ! Dé­jà en termes de moyens. Il y a sept ans, nous étions deux sur le Tour pour faire notre tra­vail. Main­te­nant, nous sommes huit. Et puis avec les équipes du Tour de France, nous nous re­voyons d’une an­née sur l’autre. Je re­vois les mêmes têtes. Il y a cinq ans, quand j’ar­ri­vais avec mes sacs de re­cy­clage, les rap­ports pou­vaient être as­sez fron­taux avec cer­taines per­sonnes. Main­te­nant, l’en­tente est vrai­ment­cor­diale ».

An­tho­ny Mon­tagne n’en est pas à son coup d’es­sai : il sen­si­bi­lise au tri la grande fa­mille du Tour de­puis sept édi­tions.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.