Ef­fet Hu­lot : ça s’en va et ça re­vient…

Le Télégramme - Lannion - Paimpol - - LE FAIT DU JOUR - Sté­phane Bu­gat

On a ra­re­ment vu quel­qu’un au­tant dé­si­ré et sol­li­ci­té par la classe po­li­tique, toutes ten­dances confon­dues. Il est vrai que Ni­co­las Hu­lot est maître dans l’art de se fabriquer une image flat­teuse et une po­pu­la­ri­té à toute épreuve. Il est ain­si pas­sé du sta­tut d’ani­ma­teur télé fé­ru d’aven­tures, à ce­lui d’icone d’une éco­lo­gie à la fois lisse et gé­né­reuse, c’est-à-dire dé­pour­vue du car­can idéo­lo­gique qui en­ferme les te­nants de l’éco­lo­gie po­li­tique.

Chaque Pré­sident ou as­pi­rant Pré­sident, s’est donc cru obli­gé de lui faire les yeux doux. En vain. Jus­qu’à Em­ma­nuel Ma­cron. Pro­pul­sé par le jeune chef d’État, mi­nistre de la Tran­si­tion éco­lo­gique et so­li­daire, avec rang de mi­nistre d’État, deuxième dans la hié­rar­chie gou­ver­ne­men­tale, Ni­co­las Hu­lot a en­fin ac­cep­té le grand saut dans le jeu po­li­tique, ne dou­tant pas de sa ca­pa­ci­té à faire de la cause en­vi­ron­ne­men­tale une ab­so­lue prio­ri­té. Il a vite consta­té que lorsque l’ad­mi­nis­tra­tion pense en­vi­ron­ne­ment, ce­la se tra­duit par des normes plus que par des moyens bud­gé­taires. Quant à la fa­meuse tran­si­tion éner­gé­tique, elle tarde à bous­cu­ler le nu­cléaire.

Bref, le bi­lan est pauvre. Con­dam­né à des ef­fets d’an­nonce très sec­to­ri­sés et par­tiels, Ni­co­las Hu­lot ne laisse rien igno­rer de ses états d’âme. Ce qui lasse. En po­li­tique aus­si, on ap­pré­cie un tro­phée, à condi­tion qu’il ne soit pas trop en­com­brant et ne bous­cule pas l’ordre des choses.

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