En manque de lu­mière sur l’ave­nir

Cinq mois après leur dé­mé­na­ge­ment pré­ci­pi­té de l’Es­pace Cu­rie, l’as­so­cia­tion des Éclai­reurs de France, les scouts laïcs, n’a tou­jours pas trou­vé de so­lu­tion de re­lo­ge­ment. Une piste est à l’étude : s’ins­tal­ler du cô­té de Châ­te­lau­dren.

Le Télégramme - Lannion - Paimpol - - SAINT-BRIEUC - Ca­the­rine Ni­col

En juin der­nier, l’une des plus an­ciennes as­so­cia­tions de Saint-Brieuc (elle est née en 1913) se re­trou­vait à la rue. Dans la pré­ci­pi­ta­tion et à la de­mande de la mu­ni­ci­pa­li­té, les Éclai­reurs de France quit­taient leur lo­cal de 200 m² de l’Es­pace Cu­rie, après trois dé­cen­nies de pré­sence sur le site. Très dé­la­bré, ce­lui-ci n’en­trait pas dans les fu­turs plans de ré­no­va­tion de l’Es­pace et de­vait être la proie des en­gins de dé­mo­li­tion au 1er juillet.

« On se moque de nous »

Or, le bâ­ti­ment est tou­jours de­bout. Et les Éclai­reurs na­viguent entre in­com- pré­hen­sion et co­lère. « Le lo­cal n’est tou­jours pas dé­truit. Nous au­rions pu avoir plus de temps pour pré­pa­rer le dé­mé­na­ge­ment », sou­ligne avec calme et dis­cré­tion Vir­gi­nie Taille­bois, res­pon­sable du groupe. Pour sa part, Her­vé De­nis ne mâche pas ses mots. « On nous a contraints à par­tir. Nous nous sommes exé­cu­tés et fi­na­le­ment, le lo­cal n’est pas dé­mo­li. On se moque de nous », ful­mine ce­lui qui a été à la tête de l’as­so­cia­tion pen­dant une di­zaine d’an­nées.

D’au­tant que ce dé­mé­na­ge­ment n’a pas été sans consé­quence. « Nous avons dû trou­ver une so­lu­tion en ur­gence et au­jourd’hui, tout le ma­té­riel est dis­per­sé. Nous avons même été dans l’obli­ga­tion de nous dé­les­ter de cer­taines choses et avons per­du de l’ar­gent », pré­cise Her­vé De­nis. En ef­fet, tentes, lits de camp et autres ma­té­riels ont été ré­par­tis sur trois sites, dont deux garde-meubles de 23 m². Ce­la re­pré­sente une dé­pense sup­plé­men­taire pour l’as­so­cia­tion de 800 € par an.

Une dis­per­sion qui ne fa­ci­lite pas la lo­gis­tique et en­core moins l’en­tre­tien du ma­té­riel. « Nous prions pour qu’il ne pleuve pas lors des camps (un tous les quinze jours), car les box sont trop pe­tits pour faire sé­cher nos toiles de tente. Si nous les ran­geons mouillées, elles risquent de pour­rir », sou­ligne Em­ma­nuel Adam, res­pon­sable des ani­ma­tions.

Une mi­gra­tion vers Châ­te­lau­dren ?

Mal­gré les cour­riers adres­sés aux dif­fé­rentes com­munes du sec­teur, au­cune so­lu­tion pé­renne n’a pu être trou­vée en cinq mois. « Très peu de com­munes ont ré­pon­du et celles qui l’ont fait, nous ont in­di­qué qu’elles étaient plus dans une lo­gique de vente que de prêt d’un lo­cal », ex­plique Her­vé De­nis. Une piste est tout de même à l’étude : se dé­lo­ca­li­ser du cô­té de Châ­te­lau­dren. « Cette so­lu­tion est ex­plo­rée mais elle mar­que­rait une rup­ture his­to­rique pour le groupe », s’émeut l’an­cien res­pon­sable. Un dé­chi­re­ment, même, de de­voir quit­ter l’ag­glo­mé­ra­tion brio­chine. Mais s’il le faut, les Éclai­reurs le feront pour pré­ser­ver l’as­so­cia­tion.

Une baisse du nombre d’adhé­rents

Mais aus­si et sur­tout pour rou­vrir la porte aux jeunes dé­si­reux de dé­cou­vrir le scou­tisme. Le nombre d’adhé­rents a bais­sé (un peu moins d’une cin­quan­taine), du fait du manque de vi­si­bi­li­té sur l’ave­nir. « Nous n’avons pas fait le for­cing pour re­cru­ter. Nous avons dû ré­duire la toile », se dé­sole Her­vé De­nis, qui es­père une mo­bi­li­sa­tion des pa­rents pour don­ner une nou­velle dy­na­mique à la struc­ture et trou­ver des so­lu­tions aux dif­fi­cul­tés. Les jeunes, eux, ont pris conscience de l’en­jeu et ne baissent pas les bras. Pour l’as­so­cia­tion, les scouts sont tou­jours prêts !

Mal­gré une faible mo­bi­li­sa­tion lors de l’as­sem­blée gé­né­rale, ce ven­dre­di 9 no­vembre, les adhé­rents ne se dé­cou­ragent pas pour faire vivre l’as­so­cia­tion des Éclai­reurs de France.

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