LE DÉ­TE­NU FI­CHÉ S DÉ­PO­SÉ À SAINT-BRIEUC

Après l’éva­sion d’un fi­ché S, mer­cre­di, à l’hô­pi­tal Mor­van de Brest, le mi­nis­tère de la Jus­tice parle d’un « ni­veau de sécurité im­por­tant ». En 2004, et en 2013 des éva­sions si­mi­laires s’étaient pro­duites à Brest et à Nantes. Une ré­pé­ti­tion de faits qui i

Le Télégramme - Lorient - - LA UNE - Tan­gi Le­pro­hon

L’homme fi­ché S qui était dé­te­nu à la pri­son de Brest (ci-des­sus) et qui s’est éva­dé mer­cre­di lors d’un trans­fert mé­di­cal au­rait été dé­po­sé à Saint-Brieuc. C’est ce qu’a ex­pli­qué le conduc­teur de la voi­ture ayant ser­vi à l’éva­sion après s’être ren­du à la po­lice quelques heures après les faits.

Les his­toires d’éva­sion réus­sie, ça marque les es­prits. Sur­tout lors­qu’on est der­rière les bar­reaux. Nul ne sait si An­tho­ny Pon­da­ven, ce Lan­der­néen de 21 ans qui a faus­sé com­pa­gnie à son es­corte, mer­cre­di ma­tin, à l’hô­pi­tal Mor­van, à Brest, avait en­ten­du par­ler de ces pré­cé­dents. Mais ce « fi­ché S » n’a pas pro­fi­té sans raison de cette ex­trac­tion mé­di­cale pour se faire la belle. La Pa­lice ne di­rait pas mieux : plus fa­cile de quit­ter un mi­lieu ou­vert qu’un mi­lieu fermé. L’his­toire ju­di­ciaire contem­po­raine abonde de cas d’éva­sions cou­ron­nées de suc­cès dans un tri­bu­nal, un hô­pi­tal, ou lors d’un stage à l’ex­té­rieur de la pri­son. Le mi­nis­tère de la Jus­tice est le pre­mier à le re­con­naître à de­mi-mot dans le com­mu­ni­qué dif­fu- sé jeu­di. Il parle de la « né­ces­si­té (…) d’har­mo­ni­ser les règles, les pro­cé­dures et les moyens mis en oeuvre » en la ma­tière. Et évoque « un dis­po­si­tif per­met­tant de mieux pro­fes­sion­na­li­ser cette ac­ti­vi­té d’es­corte de dé­te­nus sur la voie pu­blique ».

Un dis­po­si­tif pas au ni­veau pour FO

Une fa­çon de de­van­cer les cri­tiques ? Par la voix de Yo­hann Ka­rar, son se­cré­taire gé­né­ral ad­joint, celle de FO pé­ni­ten­tiaire n’a pas tar­dé. Le syn­di­cat parle d’une es­corte « ab­so­lu­ment pas adap­tée à la per­son­na­li­té de la per­sonne trans­por­tée ». À l’en­tendre, le dis­po­si­tif d’ac­com­pa­gne­ment d’An­tho­ny Pon­da­ven était « de ni­veau 1 » là où le « ni­veau 3 » au­rait dû être ap­pli­qué. Mer­cre­di dé­jà, un syn­di­ca­liste de la Po­lice na­tio­nale dé­non­çait cette es­corte as­su­rée uni­que­ment avec des moyens pé­ni­ten­tiaires là où le ren­fort de moyens po­li­ciers au­rait dû être re­quis pour une ex­trac­tion de ce type. Pa­reil dys­fonc­tion­ne­ment avait été évo­qué il y a un mois, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Nantes, où un caïd bres­tois, Sté­phane Goetz, a été con­dam­né à quatre ans de pri­son pour une éva­sion.

Des pré­cé­dents pour­tant

Les faits s’étaient pro­duits le 27 no­vembre 2013 au CHU de Nantes. Ce jour-là, le dé­lin­quant âgé de 31 ans, in­ter­pel­lé aux Pays-Bas au bout de dix mois de ca­vale, avait gra­ve­ment bles­sé aux mains et aux jambes les trois sur­veillants de pri­son qui l’es­cor­tait. À l’époque, le syn­di­cat CGT avait dé­jà sou­li­gné l’ab­sence de ren­forts po­li­ciers au vu de la dan­ge­ro­si­té du dé­te­nu. Et à l’ap­pel de la CGT, de l’Ufap et de FO, un dé­brayage des sur­veillants avait été ob­ser­vé de­vant la mai­son d’ar­rêt de Nantes. Sans par­ler de cette autre éva­sion, en mars 2004, cette fois à par­tir du par­king des ur­gences de l’hô­pi­tal de la Ca­vale Blanche à Brest. Un homme de 25 ans in­car­cé­ré pour une af­faire de stu­pé­fiants avait réus­si à prendre la fuite grâce à l’aide de trois in­di­vi­dus ca­gou­lés et ar­més qui avaient jailli d’une puis­sante voi­ture avant de mettre en joue l’es­corte. Au­tant de cas d’école pour des dé­te­nus prêts à tout pour s’éva­der.

Pho­to Claude Prigent

Les éva­sions se dé­roulent ra­re­ment au sein des éta­blis­se­ments pé­ni­ten­tiaires, plus gé­né­ra­le­ment à l’oc­ca­sion d’ex­trac­tions.

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