Sa­la­riés et usa­gers : la grogne se fait en­tendre

Le Télégramme - Lorient - - LORIENT -

Les clients et usa­gers du port de pêche ont ré­agi, dans un com­mu­ni­qué, aux per­tur­ba­tions cau­sées par la mo­bi­li­sa­tion des do­ckers.

De leur cô­té, les sa­la­riés de la Sem ont si­gné une pé­ti­tion dans la­quelle ils ré­clament « un droit au tra­vail dans des condi­tions se­reines ». (Pho­to : Ro­bert Le Gall)

Dans un com­mu­ni­qué com­mun, les clients et usa­gers du port de pêche (*) ré­agissent après la mo­bi­li­sa­tion des do­ckers, mer­cre­di, et les di­verses ma­ni­fes­ta­tions qui émaillent les nuits à Ke­ro­man de­puis plu­sieurs se­maines. S’ils se disent sen­sibles à la si­tua­tion des dix sa­la­riés li­cen­ciés de KSI, ils font part de leur in­quié­tude pour l’ac­ti­vi­té du port.

« Le port de pêche de Lo­rient a un ca­rac­tère stra­té­gique pour toute la fi­lière, qui compte lo­ca­le­ment 3.000 sa­la­riés », rap­pelle les clients et usa­gers de Ke­ro­man (*) dans leur com­mu­ni­qué. Ces ac­teurs « pêchent, vendent et trans­forment un pro­duit ali­men­taire fra­gile, le pois­son frais. Tout re­tard dans son trai­te­ment le dé­grade et di­mi­nue sa va­leur éco­no­mique ».

Condi­tions de tra­vail « dif­fi­ciles et stres­santes »

« Les per­tur­ba­tions su­bies ces der­nières se­maines en­travent gra­ve­ment le fonc­tion­ne­ment du port, pèsent sur son éco­no­mie et nuisent à son image : mé­vente, sur­charge de tra­vail pour les clients, dé­bar­que­ments dans d’autres ports », dé­plorent les si­gna­taires du com­mu­ni­qué.

« Les risques d’af­fron­te­ment s’ac­croissent entre les sa­la­riés du port et les per­sonnes qui viennent illé­ga­le­ment dans les lo­caux, pro­fèrent in­sultes et me­naces, dé­gradent du ma­té­riel, en­travent le tra­vail, ajoutent-ils. Les condi­tions de tra­vail sont ren­dues plus dif­fi­ciles et plus stres­santes. En un mot : in­ac­cep­tables ».

Des évé­ne­ments « in­com­pré­hen­sibles »

Les si­gna­taires se disent « conscients des dif­fi­cul­tés que ren­contrent les per­sonnes de KSI li­cen­ciées suite à la li­qui­da­tion ju­di­ciaire de leur so­cié­té ». Mais « les évé­ne­ments ac­tuels sont d’au­tant plus in­com­pré­hen­sibles que de mul­tiples pro­po­si­tions pour pré­ser­ver leur em­ploi ont été faites : em­bauche di­recte, ga­ran­tie d’ac­ti­vi­té en cas de créa­tion d’une Scop par les sa­la­riés de l’ex-KSI, em­ploi in­té­ri­maire pen­dant les pro­cé­dures ju­ri­diques (seule so­lu­tion au­to­ri­sée), ac­cès aux offres d’em­ploi des so­cié­tés du port… Toutes ont été re­fu­sées par leurs re­pré­sen­tants ».

Une jour­née de fermeture en signe de pro­tes­ta­tion

Les professionnels de Ke­ro­man de­mandent que « les condi­tions de sécurité pu­blique soient ré­ta­blies afin d’as­su­rer le bon fonc­tion­ne­ment et l’ave­nir du port ». Ils en­vi­sagent « une jour­née de fermeture du port si la si­tua­tion ne s’amé­liore pas ».

Par ailleurs, les si­gna­taires de ce com­mu­ni­qué « com­prennent et sou­tiennent la pé­ti­tion des sa­la­riés de la Sem-Ke­ro­man ». Ces der­niers se sont en ef­fet réunis en as­sem­blée gé­né­rale mer­cre­di, jour de la mo­bi­li­sa­tion na­tio­nale des do­ckers à Ke­ro­man en sou­tien à leurs camarades lo­rien­tais.

« Notre droit au tra­vail »

57 d’entre eux étaient pré­sents (sur un ef­fec­tif de 80) et ont si­gné une pé­ti­tion dans la­quelle ils ré­clament « un droit au tra­vail dans des condi­tions se­reines » et font part de leurs « in­quié­tudes sur la pé­ren­ni­té de nos em­plois, sur l’ac­ti­vi­té por­tuaire avec le risque de pertes de clients, et sur les consé­quences fi­nan­cières pour le port ». Ils de­mandent « la sé­cu­ri­sa­tion du site, l’ar­rêt des dé­gra­da­tions sur le port de pêche ain­si qu’un rè­gle­ment ra­pide du conflit ».

(*) Les si­gna­taires du com­mu­ni­qué : l’or­ga­ni­sa­tion de pro­duc­teurs Pê­cheurs de Bre­tagne, le co­mi­té dé­par­te­men­tal des pêches, l’ar­me­ment Sca­pêche, l’As­so­cia­tion des ache­teurs du port de pêche de Lo­rient (ma­reyeurs), L’Or­ga­ni­sa­tion des pre­miers ache­teurs du Mor­bi­han (pois­son­niers), les oc­cu­pants de la gare de ma­rée, la Sem-Ke­ro­man (ges­tion­naire du port), la Co­opé­ra­tive ma­ri­time et le Grou­pe­ment des pê­cheurs ar­ti­sans lo­rien­tais.

Les clients et usa­gers du port de pêche de Lo­rient em­ploient près de 1.200 per­sonnes, dont 600 sur site, et 600 ma­rins (pho­to : Ro­bert Le Gall).

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