The Kooks

Le Télégramme - Lorient - - Hippisme -

Tou­jours em­me­nés par Luke Prit­chard, The Kooks re­viennent avec « Let’s go sun­shine », 5e opus qui voit la for­ma­tion bri­tan­nique son­ner au­tre­ment. « Avec cet album, nous vou­lions dé­fi­nir ce que nous étions », avance le lea­der. Après « Lis­ten » (2014), disque avec le­quel The Kooks sem­blaient (en­fin) avoir re­trou­vé cette ins­pi­ra­tion qui fai­sait dé­faut de­puis des dé­buts écla­tants (et « In­side in/In­side out »), le qua­tuor de Brigh­ton bous­cule son uni­vers. Sans rien re­nier de ses fon­da­men­taux brit­pop (« Kids »), il a élar­gi son ter­rain de jeu et donne un peu plus de pro­fon­deur à son mes­sage. Ain­si, « Four leaf clo­ver » ra­conte les états d’âme d’une jeune femme après la perte de l’être ai­mé. Fort de 14 titres plus une in­tro re­pre­nant « No Pre­sure » (qui ra­conte l’his­toire d’un couple), ce nou­vel ef­fort livre des titres ac­cro­cheurs (« Frac­ture and Da­zed »). Il offre aus­si son lot de chan­sons c’est l’amour, au­quel il se dit « ac­cro », qui im­prègne l’es­sen­tiel de ses titres comme le plus in­ti­miste « John­ny Cash », où il de­mande à être ré­con­for­té comme l’avait fait le chan­teur de coun­try lors de la mort de sa mère en 1995. Une nou­velle col­la­bo­ra­tion avec Va­nes­sa Pa­ra­dis ? « Ce se­rait gé­nial de re­faire quelque chose » avec elle, confie l’ar­tiste dont la tour­née 2019 pas­se­ra no­tam­ment par Nantes, le 20 mai.

« Raise Vi­bra­tion » (BMG Rights Mgmt) ef­fi­caces et fa­ciles (« All the time », « Be­lieve »…). On leur pré­fé­re­ra l’au­dace de « Swing low » ou « Weight of the world » qui sé­duit par son ap­proche jaz­zy. Luke Prit­chard consi­dère ce disque comme « le plus ex­ci­tant » ja­mais réa­li­sé, à dé­faut de nous en­flam­mer to­ta­le­ment « Let’s go sun­shine » nous re­plonge un pa­quet d’an­nées en ar­rière.

« Let’s go sun­shine » (Lo­ne­ly Cat/Awal Re­cor­dings)

> D’où vous est ve­nue l’idée pé­rilleuse de tour­ner avec des ac­teurs amé­ri­cains un wes­tern aty­pique comme les « Frères Sis­ters » ?

Je ne suis pas un fan du wes­tern clas­sique, un genre trop co­di­fié, trop li­néaire pour moi. Mais après avoir lu le script ti­ré du livre de Pa­trick DeWitt que John C. Reilly et sa femme, la pro­duc­trice Ali­son Di­ckey, m’ont confié, j’ai été sé­duit par cette his­toire de fra­ter­ni­té, de vio­lence ori­gi­nelle entre deux cow-boys un peu usés par la vie. Il y avait là ma­tière à réa­li­ser une sorte de wes­tern pa­ra­doxal où la poudre du den­ti­frice men­tho­lé rem­place celle du colt à six coups.

> Jus­te­ment, vous dites que c’est un wes­tern qui échappe aux codes du genre. Les­quels ?

Al­ber­to Gia­co­met­ti (1901-1966), cé­lèbre pour ses sculp­tures fi­li­formes, face à quelques géants tels que Ro­din, Bour­delle, Maillol, Des­piau, Bran­cu­si ou en­core Ri­chier. Un dia­logue plein d’en­sei­gne­ment, pré­texte à me­su­rer les in­fluences et l’évo­lu­tion de l’ar­tiste suisse ita­lien, la for­ma­tion de son style et sa ma­tu­ri­té.

Le Mu­sée Maillol ac­cueille ain­si 50 sculp­tures de Gia­co­met­ti au fil d’un par­cours chro­no­lo­gique et thé­ma­tique sur la pé­riode d’avant-guerre et dans les an­nées 50/60. Il y a d’abord les oeuvres de jeu­nesse proches de Maillol, entre clas­si­cisme et mo­der­ni­té et la ren­contre avec les avant-gardes pa­ri­siennes dans les an­nées 20, avec no­tam­ment Zad­kine. Viennent en­suite la pé­riode de Il ne s’agit pas d’une his­toire de bons et de mé­chants, de cow-boys et d’In­diens, de ven­geance et d’hon­neur. Ni « Fort Ala­mo », ni « La che­vau­chée fan­tas­tique ». Il n’y a pas de grands pay­sages, de grands per­son­nages. Je le vois plu­tôt comme un conte noir, dro­la­tique sur deux tueurs à gages, deux frères sans repères, mar­qués par leur en­fance chao­tique, et qui tentent de se frayer un che­min pour échap­per à la vio­lence. C’est un film proche de « La nuit du chas­seur », de Charles Laugh­ton, une his­toire d’en­fants pour­sui­vis par le mé­chant prê­cheur Ro­bert Mit­chum.

> Les en­fants ont bien gran­di. On est dans l’Ore­gon, en 1851. Ces deux as de la gâ­chette pour­suivent un cher­cheur d’or uto­piste. Que cherchent-ils

l’abs­trac­tion - en plein sur­réa­lisme -, com­pa­rée à Bran­cu­si et Lau­rens, puis, dans les an­nées 30, le re­tour à la fi­gu­ra­tion d’après mo­dèle. Par­mi les oeuvres les plus cé­lèbres, on re­dé­couvre « La femme qui marche » (1932), « Fem­me­deVe­nise »(1956)et « L’homme qui marche II » (1960). Plai­sir rare d’ad­mi­rer la pu­re­té des lignes, la beau­té in­tem­po­relle, le sym­bo­lisme de ces sculp­tures cé­lèbres dans le monde. En prime, l’ate­lier de Gia­co­met­ti est évo­qué dans un en­semble de li­tho­gra­phies de l’ar­tiste et de pho­to­gra­phies si­gnées Bras­saï et Sa­bine Weiss.

« Gia­co­met­ti, entre tra­di­tion et avant-garde ».

Mu­sée Maillol à Pa­ris. 01 42 22 59 58.

vrai­ment ?

Ils voient bien que le monde au­tour d’eux change et qu’il faut bien en fi­nir avec cette vio­lence qui use le coeur des hommes. La dé­mo­cra­tie amé­ri­caine prend forme, les uto­pies nées du saint­si­mo­nisne aus­si. La Ruée vers l’or et ses mil­liers de morts ont fait des dégâts. Et si le mé­tal pré­cieux pou­vait ser­vir à autre chose qu’à s’en­ri­chir et à pro­mou­voir une so­cié­té idéale ? À créer un pha­lan­stère, un autre monde ?

> Des ré­fé­rences dans le wes­tern ?

« Rio Bra­vo » de Ho­ward Hawks, « L’homme qui tua Li­ber­ty Va­lance », de John Hus­ton, des wes­terns qui an­noncent jus­te­ment l’avè­ne­ment de la dé­mo­cra­tie aux États-Unis, la fin d’une cer­taine vio­lence. Sans ou­blier

La mu­sique, « j’es­saie­rai d’en faire jus­qu’au bout », as­sure Len­ny Kra­vitz qui, à près de 30 ans de car­rière, vient de sor­tir « Raise Vi­bra­tion ». Un 11e album conçu avec son ami gui­ta­riste Craig Ross, sur le­quel il prêche en­core l’amour mais ex­prime son exas­pé­ra­tion face « à une pla­nète qui a per­du la tête ».Le ré­sul­tat s’ins­crit dans la droite li­gnée des opus pré­cé­dents, fu­sion de rock, funk, blues et soul, no­tam­ment illus­trée par le single « Low » - où s’en­tendent quelques vo­ca­lises de Mi­chael Jack­son -, dont le clip a été réa­li­sé par Jean-Bap­tiste Mon­di­no. L’au­teur-com­po­si­teur ré­vèle un vi­sage plus po­li­tique dans « It’s en­ough », titre fleuve (8 min) qui rap­pelle Mar­vin Gaye et pré­tend dé­non­cer les failles du monde ac­tuel : « Les per­sonnes qui di­rigent cette pla­nète (…) sont in­té­res­sées par le pou­voir, l’ar­gent, l’ego et le contrôle, au lieu d’uti­li­ser notre in­tel­li­gence ». Mais

Mu­sée Maillol. Pa­ris

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.