14-18. Mort un 11 no­vembre 1918 à… 10 h 58

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - LES 100 ANS DE L'ARMISTICE DE 1918 -

Sans doute se se­raient-ils bien pas­sés de ce der­nier com­bat pour le titre de der­nier mort pour la France du­rant la guerre 14-18. D’un cô­té, il y a Au­gus­tin Tré­bu­chon, né le 30 mai 1878 en Lo­zère, of­fi­ciel­le­ment der­nier mort fran­çais de la Grande Guerre, de l’autre Au­guste Re­nault, né le 6 dé­cembre 1897 à Saint-Tri­moël. Il y a quelques mois, Re­né Ri­chard, pré­sident de l’as­so­cia­tion Bre­tagne 14-18, qui doit mettre sur pa­pier le conte­nu de la no­tice com­mu­nale de l’ins­ti­tu­teur de Saint-Tri­moël, dé­couvre un cer­tain Au­guste Re­nault mort le 11 no­vembre 1918. « D’un na­tu­rel cu­rieux, ra­conte l’his­to- rien, je suis al­lé cher­cher sa fiche ma­tri­cule et je dé­couvre l’heure de son dé­cès : 10 h 58. Ce se­rait quelques mi­nutes après ce­lui d’Au­gus­tin Tré­bu­chon. Alors je me dé­place à la mai­rie de Saint-Tri­moël pour voir l’acte de dé­cès et là aus­si il est ins­crit, en toutes lettres, 10 h 58 ». L’his­to­rien fait alors une re­cherche sur in­ter­net sur Au­guste Re­nault et dé­couvre que des élèves du ly­cée de Di­nant, en Bel­gique, avaient dé­jà dé­cou­vert ce­la en 2015.

Tué par un obus fran­çais à deux mi­nutes du ces­sez-le-feu

Que sait-on au juste d’Au­guste Re­nault et de ses der­niers mo­ments ? Il est né le 6 dé­cembre 1897 et est le sixième fils de Jean Re­nault, agri­cul­teur à Saint-Tri­moël. Il est in­cor­po­ré au 411e Ré­gi­ment d’in­fan­te­rie, dès le 10 jan­vier 1916. « C’est un sol­dat qui a fait la guerre, pas pire, pas mieux qu’un autre, avec le cou­rage qu’on leur de­mande d’avoir », ana­lyse Re­né Ri­chard. Il est d’ailleurs bles­sé une pre­mière fois. Le 11 no­vembre 1918, jour de l’Ar­mis­tice, son ré­gi­ment mène une of­fen­sive du cô­té de Ro­be­chies, en Bel­gique. « Ce der­nier jour de com­bat est trou­blant, ex­plique Re­né Ri­chard ; il y a des chefs mi­li­taires qui ont en­vie de se don­ner un peu de gloire avec des com­bats in­utiles, puisque l’Ar­mis­tice est si­gné le même jour à 5 h 15 du ma­tin. À ce mo­ment-là, des bom­bar­de­ments partent du cô­té fran­çais et, d’après le té­moi­gnage d’un sol­dat, c’est par un obus fran­çais qu’Au­guste Re­nault est tué, à 10 h 58 ce 11 no­vembre 1918 ». Seule­ment à deux mi­nutes du ces­sez-le-feu.

Pas de cé­ré­mo­nie of­fi­cielle pour Au­guste Re­nault

Mal­gré ces nou­veaux élé­ments, rien ne per­turbe les cé­ré­mo­nies of­fi­cielles concer­nant Au­gus­tin Tré­bu­chon. Il a d’ailleurs été ho­no­ré comme tel, le 27 oc­tobre 2018 par Édouard Phi­lippe, le Pre­mier mi­nistre, lors du lan­ce­ment des com­mé­mo­ra­tions du cen­te­naire de 1914-1918. Loin de toute po­lé­mique, Re­né Ri­chard re­grette néan­moins ce type de cé­ré­mo­nie of­fi­cielle pour un sol­dat. « Une cé­ré­mo­nie of­fi­cielle pour le 1,4 mil­lion de sol­dats fran­çais tués me pa­raît la bien­ve­nue, de même qu’une cé­ré­mo­nie of­fi­cielle pour les huit à dix mil­lions de sol­dats morts du­rant cette guerre se­rait ce qu’il y a de mieux ».

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