Co­mé­die mu­si­cale. « Chi­ca­go

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - CULTURES -

Jean-Luc Wach­thau­sen Spec­tacle tout pu­blic et idéal pour les fêtes, « Chi­ca­go » a conser­vé toutes les qua­li­tés du « mu­si­cal » à l’amé­ri­caine dans cette adap­ta­tion fran­çaise qui bé­né­fi­cie d’une luxueuse pro­duc­tion sur la scène du théâtre Mo­ga­dor. Créé en 1975 à Broad­way, « Chi­ca­go » n’a pra­ti­que­ment pas quit­té l’af­fiche de­puis. In­dé­mo­dable, jaz­zy, écrit par les au­teurs ins­pi­rés de « Ca­ba­ret », John Kan­der et Fred Ebb, « Chi­ca­go » doit aus­si sa lon­gé­vi­té à la cho­ré­gra­phie im­pec­cable et très sexy de Bob Fosse (réa­li­sa­teur de « Que le spec­tacle com­mence ») por­tée par une troupe ho­mo­gène. Il a même fait l’ob­jet d’un très bon film de Rob Mar­shall (2002) avec Ri­chard Gere, Ca­the­rine Ze­ta-Jones et Re­née Zell­we­ger. Un ton ca­naille et sexy

Dès le le­ver de ri­deau, le ton est don­né, ca­naille, syn­co­pé sur la ryth­mique de « All that jazz » de­ve­nu « Faut que ça jazze » en fran­çais. Doigts qui claquent, jambes gai­nées de noir sur ta­lons hauts, corps en har­mo­nie et dé­fi­lé de dan­seuses dont les éven­tails en plumes se trans­forment en co­quilles. On est dans le monde du spec­tacle avec ses paillettes, ses com­bines, ses men­songes et sa for­mi­dable concen­tra­tion d’ego. « Cor­rup­tion, meurtre, ava­rice, vio­lence, es­cro­que­rie, adul­tère et tra­hi­son… toutes ces va­leurs qui nous font chaud au coeur », an­nonce Roxie. On est pré­ve­nu.

L’or­chestre oc­cupe le fond de scène et fait par­tie in­té­grante du show, sui­vant les or­ches­tra­tions très en­traî­nantes de Ra­phaël San­chez (« Le Roi Lion », « Pe­ter Pan ») qui met bien en va­leur quelques airs en­tê­tants comme « Roxie » « Me and my ba­by », « M. Cel­lo­phane ». Les dé­cors mi­ni­ma­listes et les lu­mières sty­li­sés ajoutent à l’at­mo­sphère sul­fu­reuse de l’in­trigue sim­plis­sime qui se dé­roule dans le Chi­ca­go des an­nées 20. Des an­ciens de la Star Ac’

L’his­toire ? Deux chan­teuses de ca­ba­ret, Vel­ma Kel­ly et Roxie Hart se re­trouvent en pri­son pour avoir tué, l’une sa soeur, l’autre son amant. Leur rêve ? Sor­tir de là et mon­ter un duo. Le pro­cès a lieu, pas­sionne la foule.

Moyen­nant quelques mil­liers de dol­lars, Billy Flynn, un avo­cat roué, va s’oc­cu­per de les faire li­bé­rer en jouant avec la presse et en ma­ni­pu­lant les ju­rés. Le tout est pré­texte à une suc­ces­sion de ta­bleaux chan­tés et dan­sés par­se­més de temps forts comme les so­li de la chro­ni­queuse Ma­ry Sun­shine ou l’ex­cellent nu­mé­ro de ven­tri­loque de Roxie au cô­té de Billy dans « We both rea­ched for the gun ».

Dans le rôle de Roxie, la blonde in­cen­diaire, la Néer­lan­daise Ca­rien Kei­zer, ex-dan­seuse du Lido, est très à l’aise, mal­gré un lé­ger ac­cent. An­ciens de la Star Aca­de­my re­con­ver­tis dans la co­mé­die mu­si­cale, So­fia Es­saï­di dans le rôle de la brune Vel­ma, et Jean-Luc Gui­zonne, alias Billy (re­mar­qué dans « Le Roi Lion »), tirent bien leur épingle du jeu, sou­te­nus par une troupe im­pec­cable (San­drine Seu­bille en ma­trone de la pri­son, Pierre Sa­muel, V. Pe­ter­sen), Dif­fi­cile de ne pas suivre toute la troupe de ce « Chi­ca­go » où les femmes mènent la danse avec brio.

An­ciens de la Star Aca­de­my, So­fia Es­saï­di et Jean-Luc Gui­zonne tirent bien leur épingle du jeu, tout comme la Néer­lan­daise Ca­rien Kei­zer dans le rôle de Roxie, la blonde in­cen­diaire. Pho­to Stage En­ter­tain­ment/DR

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