L’es­prit sans le souffle

Mal­gré un but d’avance à la mi-temps, les Guin­gam­pais ont en­core chu­té à do­mi­cile, sa­me­di, face à un Lyon à ré­ac­tion (2-4). La hui­tième dé­faite de la sai­son pour des Bre­tons qui n’ont pas te­nu le choc phy­si­que­ment. Guin­gamp - Lyon : 2-4

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - FOOTBALL -

La réa­li­té a fi­ni par s’im­po­ser. Mal­gré un plan tac­tique per­for­mant et un men­tal à la hau­teur de l’évé­ne­ment, les Guin­gam­pais ont plié face à Lyon (2-4), sa­me­di, au Rou­dou­rou. Plom­bés par des ca­rences phy­siques qui ne leur ont pas permis de main­te­nir le rap­port de force à leur avan­tage, les Bre­tons ont en­re­gis­tré leur hui­tième dé­faite de la sai­son, com­pli­quant de fac­to la mis­sion sur­vie de Jo­ce­lyn Gour­ven­nec, qui pren­dra les rênes à par­tir de lun­di.

Ca­rences phy­siques

Pour­tant, ce qui sau­ta aux yeux d’abord, ce fut cette ca­pa­ci­té à se pro­je­ter, à po­ser des pro­blèmes à l’ad­ver­saire et à exis­ter of­fen­si­ve­ment. Un pou­voir qui s’était en­vo­lé de­puis sept matchs avec une dé­fense à cinq dont le seul mé­rite était d’avoir ra­len­ti l’hé­mor­ra­gie. Ce ré­équi­li­brage a d’ailleurs eu l’avan­tage d’éclai­rer le pre­mier acte des Bre­tons. A l’image de ce centre de Re­bo­cho re­pris vic­to­rieu­se­ment de la tête par Thu­ram (1-0, 22'), les joueurs de Syl­vain Di­dot ont brillé, pen­dant une grosse mi-temps, par une forme de co­hé­rence tac­tique et d’équi­libre qui leur per­mit de faire plus que ri­va­li­ser avec l’OL. Mais ça ne du­ra qu’une pe­tite heure.

C’est pour­quoi la ren­contre de sa­me­di a cris­tal­li­sé leurs ca­rences phy­siques et le manque de souffle d’une for­ma­tion fra­gi­li­sée par les ab­sences de joueurs ma­jeurs. Avec un Mar­cus Thu­ram per­for­mant du­rant 60 mi­nutes mais qui a lo­gi­que­ment bais­sé en se­conde pé­riode après un mois sans com­pé­ti­tion ou un Lu­cas Deaux contraint de lais­ser sa place en dé­but de match, les res­sorts ont man­qué et le dé­clin est in­ter­ve­nu trop ra­pi­de­ment. « Es­sayer de te­nir le score n’était pas le meilleur moyen de ga­gner le match mais quand on joue une équipe du top 3 comme Lyon, avec l’énorme dé­bauche d’éner­gie qu’il y a eu en pre­mière mi-temps, on sait qu’on va être ame­né à souf­frir, ana­ly­sait Syl­vain Di­dot. C’est ce qui s’est passé. On a moins gar­dé le bal­lon dans le camp ad­verse, Lyon s’est ré­or­ga­ni­sé et tout est de­ve­nu plus dif­fi­cile. Mais on voit bien que l’ef­fec­tif est un peu li­mi­té ac­tuel­le­ment. Si, sur cette se­conde pé­riode, des joueurs comme Ron­ny Ro­de­lin ou No­lan Roux, ac­tuel­le­ment bles­sés, sont avec nous, on est en ca­pa­ci­té de pe­ser da­van­tage. Après, il y a tou­jours moyen d’en faire un peu plus phy­si­que­ment. Et il le fau­dra, de toute fa­çon. »

Conden­sé de gé­nie

Car cette fa­tigue trop pré­coce s’illus­tra no­tam­ment par un manque d’im­pact qui per­mit aux Lyon­nais de ga­gner les bal­lons et d’en­voyer les Cos­tar­mo­ri­cains dans les cordes. Le ta­lent de Mem­phis De­pay se char­gea du reste. Une passe sub­tile pour Aouar d’abord, qui per­mit à ce der­nier d’éga­li­ser (1-1, 62'), un en­chaî­ne­ment contrôle frappe d’une vi­tesse re­dou­table en­suite (1-2, 67') puis un coup­franc im­pa­rable dans la lu­nette de Johns­son (1-3, 74'). Un conden­sé de gé­nie qui em­por­ta les es­poirs bre­tons et que la ré­duc­tion du score de Thu­ram sur pe­nal­ty (2-3, 79') ne suf­fit à brouiller.

Cinq mi­nutes plus tard, face à une dé­fense guin­gam­paise trop spec­ta­trice, le Néer­lan­dais s’amu­sa en­core le long de la ligne avant d’adres­ser un centre au cor­deau pour Cor­net (2-4, 84'), ache­vant des Bre­tons qui ti­raient la langue de­puis long­temps. Trop long­temps.

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