Le Mon­dial com­mence en fan­fare

La Coupe du monde est lan­cée. Pas par le meilleur match, mais avec des buts et dans une très belle am­biance lors de Russie - Arabie Saoudite (5-0). C'est par­ti pour un mois de foot et de fête, et ça monte d’un cran dès ce ven­dre­di.

Le Télégramme - Morlaix - - HIPPISME - Envoyé spé­cial Maël Moi­zant

La Coupe du monde 2018 a dé­mar­ré par un car­ton, qui sauve des bas­fonds ce Russie - Arabie Saoudite (5-0) à la pau­vre­té tech­nique af­fli­geante. Es­pé­rons que le Mon­dial s’achè­ve­ra, le 15 juillet, par le meilleur. On peut pa­rier qu’au­cun des deux pays ne se­ra sur la pe­louse.

Il res­te­ra mi-juillet ce qu’on a vu - et en­ten­du - de meilleurs en ou­ver­ture de cette 21e Coupe du monde : le stade Lou­j­ni­ki ré­no­vé, al­liance d’an­ciens et de mo­dernes, mais avec un sa­cré ca­chet, avec à l’in­té­rieur ces mil­liers de Russes pas­sion­nés qui font un bruit dé­men­tiel. La chaude en­ceinte mos­co­vite af­fiche 80.000 places. C’est bien le seul point com­mun qu’elle par­tage avec le froid Stade de France…

Le peuple russe a rê­vé si long­temps d’ac­cueillir l’événement pla­né­taire qu’il ne s’est dis­ci­pli­né qu’une fois jeu­di soir. Pen­dant l’al­lo­cu­tion so­len­nelle de son pré­sident Vla­di­mir Pou­tine. Le pre­mier di­ri­geant du pays mul­ti-ré­élu a re­çu une ac­cla­ma­tion una­nime, à l’ex­cep­tion de quelques sif­flets vrai­sem­bla­ble­ment étran­gers. Les joueurs, eux, ont été gen­ti­ment ap­plau­dis à leur en­trée. Par cor­rec­tion, mais sans fa­na­tisme des Russes en­vers leur équipe qui res­tait sur sept matchs sans vic­toire avant de se ré­veiller le jour le plus im­por­tant.

Dza­goev comme Du­gar­ry

Les Saou­diens sont une proie fa­cile à domp­ter pour les pays or­ga­ni­sa­teurs. Dza­goev au­rait pré­fé­ré que le pa­ral­lèle avec France 98 s’ar­rête là. Vingt ans après Du­gar­ry lors de France - Arabie Saoudite (4-0), l’at­ta­quant russe s’est lui aus­si cla­qué face au chat noir. Le joueur du CSKA Mos­cou s’est écrou­lé tout seul, en se te­nant la cuisse gauche (23’). Du­gar­ry avait ex­plo­sé les dé­lais pour re­jouer mi­ra­cu­leu­se­ment avant la fin. L’at­ta­quant russe peut prier très très fort pour que son équipe aille jus­qu’en fi­nale… Le pays hôte est très loin du ni­veau d’un cham­pion du monde. Ce n’était qu’un pre­mier match vite plié au dé­tri­ment de l’am­biance qui a ron­ron­né une pe­tite de­mi-heure, entre la mi-temps (2-0) et le troi­sième but de Dzyu­ba (71’) qui a ré­veillé le stade Lou­j­ni­ki. Il a lar­ge­ment te­nu son rang le reste du temps. Il a ac­com­pa­gné toutes les ac­tions russes et lais­sé écla­ter sa joie dans une am­biance as­sour­dis­sante après l’ou­ver­ture du score de Ga­zins­ky (12’), les deux buts de Che­ry­shev (43’, 90’+1) et le coup franc comme à l’en­traî­ne­ment de Go­lo­vin (90’+4).

Poi­gnées de mains et doigt le­vé

Le sup­plice n’est pas al­lé plus loin pour les Saou­diens. Il était temps pour les quelques mil­liers de sup­por­ters de la pé­nin­sule ara­bique, dont bon nombre en ha­bits tra­di­tion­nels qa­mis-kef­fiehs. Les prières d’avant-match de ces deux Saou- di­ens croisés à l’en­trée des tri­bunes n’ont pas eu d’ef­fet sur la ren­contre. Il était temps que ça s’ar­rête aus­si pour le prince hé­ri­tier saou­dien Mo­ha­med Ben Salmane, qui en avait marre de ser­rer la main de Pou­tine à chaque but. Le geste est fair-play, plus beau que le ma­jeur le­vé face ca­mé­ra par Rob­bie Williams (lire page 44), chan­teur de la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture…

Les re­frains les plus en­traî­nants de ce match d’ou­ver­ture res­te­ront ces « Rus­sia, Rus­sia, Rus­sia » (pro­non­cez « reu­chiya »), scan­dés sans se las­ser par des di­zaines de mil­liers de lo­caux. Qui ont lan­cé la « ola » après seule­ment quatre mi­nutes. Les Russes ont trou­vé plus faibles qu’eux pour ga­gner. La Coupe du monde n’au­ra pas de mal à monter d’un cran ce ven­dre­di, avec une belle af­fiche en hors-d’oeuvre (Egypte - Uru­guay), un plat in­cer­tain (Ma­roc - Iran) et un des­sert ibé­rique très sa­vou­reux (Por­tu­gal - Es­pagne).

Au­teur d’un dou­blé, Che­ry­shev a re­çu une belle ova­tion du pu­blic russe, jeu­di, au stade Lou­j­ni­ki.

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