La Ro­ja à tâ­tons

Le Télégramme - Morlaix - - HIPPISME -

C’est LE choc de ce pre­mier tour. L’Es­pagne, qui a li­mo­gé son sé­lec­tion­neur Ju­len Lo­pe­te­gui à deux jours de son en­trée en lice, se me­sure au Por­tu­gal de Cris­tia­no Ro­nal­do, ce ven­dre­di. Fer­nan­do Hier­ro s’est vu confier la lourde tâche de re­prendre les rênes de la Ro­ja, qui de­vrait être dé­ci­sif pour la pre­mière place du groupe B.

Pre­mier choc du tour­noi, pre­mier dé­fi pour le nou­veau sé­lec­tion­neur Fer­nan­do Hier­ro. Il y a en­core trois jours, l’ex-di­rec­teur spor­tif de la « Ro­ja » n’ima­gi­nait pas s’as­seoir sur le banc du stade olym­pique pour ce der­by ibé­rique entre les deux der­niers cham­pions d’Eu­rope, vrai­sem­bla­ble­ment dé­jà dé­ci­sif pour la pre­mière place du groupe B.

Mais le re­ten­tis­sant li­mo­geage de Ju­len Lo­pe­te­gui, cou­pable d’avoir né­go­cié son dé­part pour le Real Ma­drid dans le dos de la fé­dé­ra­tion, a tout cham­bou­lé.

Et voi­là Hier­ro, une qua­ran­taine de matchs comme en­traî­neur en deuxième di­vi­sion, pro­pul­sé dans la plus grande com­pé­ti­tion pla­né­taire, à la tête d’un des fa­vo­ris ! « C’est un beau dé­fi, pas­sion­nant. Les cir­cons­tances sont ce qu’elles sont et j’ac­cepte cette res­pon­sa­bi­li­té avec cou­rage », a dit l’an­cien dé­fen­seur. Avec… deux jours d’ex­pé­rience, il est de loin le tech­ni­cien le plus no­vice par­mi les 32 sé­lec­tion­neurs en lice. Mais Hier­ro peut se rac­cro­cher à l’exemple de son ex-équi­pier Zi­né­dine Zi­dane : ce der­nier, dé­bar­qué de 3e di­vi­sion, n’a-t-il pas rem­por­té trois Ligues des cham­pions d’af­fi­lée avec le Real ?

Le Zi­dane de la sé­lec­tion

« Être le Zi­dane de la sé­lec­tion ? Je si­gne­rais pour ça, vrai­ment, j’es­père de tout coeur », a sou­ri Hier­ro, di­rec­teur spor­tif de la « Ro­ja » à l’époque de son apo­gée, le titre mon­dial conquis en 2010. Évi­dem­ment, rien ne se­ra fa­cile, sur­tout pas face au Por­tu­gal de Fer­nan­do San­tos, so­lide der­rière, ta­len­tueux au mi­lieu et dan­ge­reux de­vant avec Ro­nal­do. L’at­ta­quant ve­dette du Real n’a ja­mais mar­qué en quatre matchs face à son pays d’ac­cueil, per­dant 1-0 en hui­tièmes du Mon­dial 2010, puis aux tirs au but en de­mi-fi­nale de l’Eu­ro 2012. Reste à sa­voir quel se­ra l’état men­tal de la « Ro­ja » après une se­maine aus- si éprou­vante et le li­mo­geage de Lo­pe­te­gui, qui était très ap­pré­cié dans le ves­tiaire. Le psy­cho­drame se­ra-t-il di­gé­ré en seule­ment 48 heures ?

« On ne peut pas par­ler de tout ce qui s’est pas­sé, on per­drait des forces et de la concen­tra­tion. Nous de­vons être fo­ca­li­sés sur le Por­tu­gal », a tran­ché Hier­ro. In­vain­cus de­puis 20 ren­contres, les joueurs es­pa­gnols se trouvent les yeux fer­més sur le ter­rain et n’ont sans doute pas ou­blié leur foot­ball en deux jours. Hier­ro, lui, a re­con­nu qu’il n’avait pas le temps de tout bou­le­ver­ser.

Fer­nan­do Hier­ro compte une qua­ran­taine de matchs seule­ment comme en­traî­neur.

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