En­sei­gnants, pa­rents et élèves en­core « dans le flou »

À bac nou­veau, in­ter­ro­ga­tions nouvelles. Côté éta­blis­se­ments et fa­milles, on at­tend, avec vi­gi­lance, de voir comment les choses vont se mettre en place.

Le Télégramme - Ouest Cornouaille - - LE FAIT DU JOUR - A.-C.J.

Entre les deux, leur coeur ba­lance. Oui, il fal­lait bien le ré­for­mer, ce bac, cette « usine à gaz » pous­sié­reuse, an­xio­gène, lourde à pré­pa­rer, à cor­ri­ger. « Évi­dem­ment, le fait de voir en­trer plus de contrôle conti­nu, des par­tiels en cours d’an­née, de va­lo­ri­ser l’oral, ce­la va plu­tôt dans un sens ver­tueux », confie un chef d’éta­blis­se­ment bre­ton. Mais, pour lui, at­ten­tion tout de même : « Les exa­mens par­tiels se­ront choi­sis par les éta­blis­se­ments, à partir d’une banque de don­nées de su­jets na­tio­nale. Mais cer­tains éta­blis­se­ments, pour te­nir leur ré­pu­ta­tion par exemple, ne se­ront-ils pas ten­tés de choi­sir les su­jets sur les­quels leurs élèves au­ront été le mieux pré­pa­rés ? Ce que je re­doute, c’est la fin du côté na­tio­nal du di­plôme, qui était un gage d’éga­li­té », pour­suit l’en­sei­gnant. Un point sur le­quel ce di­rec­teur d’éta­blis­se­ment, non syn­di­qué, re­joint le Snes-FSU, prin­ci­pal syn­di­cat des en­sei­gnants du se­con­daire, si­gna­taire d’une pé­ti­tion in­ti­tu­lée « Le bac a du sens ».

Côté pa­rents, mêmes in­ter­ro­ga­tions. « C’est en­core as­sez flou, et j’ima­gine que l’an­née sco­laire 20182019, qui cor­res­pond à l’an­née de se­conde des fu­turs ba­che­liers concer­nés par cette ré­forme, per­met­tra de bien pré­ci­ser les choses », re­marque Maud Le Ros­couët, présidente de la FCPE 56.

« Ne pas ou­blier les ob­jec­tifs »

Pour cette ma­man d’élève, l’abais­se­ment du nombre d’épreuves fi­nales va dans le bon sens, à pre­mière vue : « C’est moins an­xio­gène, c’est plu­tôt bien ». Mais des ques­tions se posent : « Il ne faut jamais ou­blier les ob­jec­tifs : la réus­site de chaque jeune, dans la plus grande éga­li­té pos­sible. Or, est-ce qu’on y par­ti­cipe lorsque, par exemple, on n’aug­mente pas le nombre d’en­sei­gnants, alors que la dé­mo­gra­phie des élèves, elle, aug­mente ? » Les élèves qui se­ront les pre­miers concer­nés par cette ré­forme ont 15 ans aujourd’hui. Ce sont eux qui, dé­jà, ont es­suyé les plâtres de la ré­forme du col­lège ini­tiée par Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem, lors­qu’ils étaient en cin­quième, puis en qua­trième. Ré­forme qui, elle, est en cours de dé­tri­co­tage. Ce sont en­core eux qui se­ront en pre­mière ligne en 2021. « Ce­la peut in­quié­ter cer­tains pa­rents, conclut la ma­man, mais nous avons confiance dans les en­sei­gnants, et nous res­te­rons vi­gi­lants à toutes les étapes de sa mise en oeuvre »,

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