La marque En di­rect des éle­veurs sé­duit

Le Télégramme - Ouest Cornouaille - - ÉCONOMIE - Jean-Noël Po­tin

« Éthique et ré­vo­lu­tion­naire », la vente du lait en cir­cuit court telle que prô­née par la so­cié­té « En di­rect des éle­veurs », com­mence à faire des émules, y com­pris en Fi­nis­tère.

La dé­marche, ju­gée de « ré­vo­lu­tion­naire » par cer­tains éle­veurs, n’est pas tout à fait nou­velle. Le mou­ve­ment est par­ti de la ré­gion nan­taise, dans le pro­lon­ge­ment de la crise du lait, à partir de 2009. Deux éle­veurs, Fa­brice et Sé­bas­tien He­gron, dé­cident alors de se prendre en main en créant leur propre lai­te­rie et en ven­dant leur pro­duc­tion en cir­cuit court, c’est-àdire sans in­ter­mé­diaires. L’idée met­tra un cer­tain temps à abou­tir. Ce n’est qu’en 2016, en ef­fet, que leur lait par­vient enfin à être com­mer­cia­li­sé sous l’ap­pel­la­tion « En di­rect des éle­veurs ». Aujourd’hui, une bonne ving­taine d’ex­ploi­ta­tions - lo­ca­li­sées dans le grand Ouest et en Nou­velle Aqui­taine

- les ont re­joints et la dy­na­mique conti­nue à faire des émules, puisque trois éle­veurs fi­nis­té­riens - Marthe Le Page, de Cast, San­drine Le Berre, de Saint-Nic, et Jé­rôme Phi­lippe, de Qué­mé­ne­ven viennent de re­joindre le mou­ve­ment. Ils étaient ac­cueillis, ce mer­cre­di, au Centre Le­clerc de Ca­rhaix, par son gé­rant, Her­vé Ker­mar­rec, à l’oc­ca­sion de la mise en vente de leur lait par la grande sur­face (*).

Lait Bleu Blanc Coeur

Pour ce der­nier, les ar­gu­ments pour dis­tri­buer ce nou­veau pro­duit ne manquent pas : « Il y a tout d’abord la ques­tion de la tra­ça­bi­li­té, mais aus­si la ques­tion de la qua­li­té du pro­duit, qui re­joint les at­tentes crois­santes des consom­ma­teurs. Ce lait UHT sté­ri­li­sé est la­bel­li­sé Bleu Blanc Coeur et riche en omé­ga 3, sans huile de palme ni OGM, les vaches étant ex­clu­si­ve­ment nour­ries de graines de lin d’ori­gine bre­tonne. Qui plus est, ce lait n’est pas cas­sé, il est pur, non trans­for­mé. On re­trouve le vrai goût du lait ».

Ven­du 95 cen­times le litre, ce lait se re­trouve à mi-che­min entre les pro­duits d’en­trée de gamme et le lait bio.

Un autre ar­gu­ment, loin d’être

né­gli­geable, est d’ordre fi­nan­cier. « Cette ap­proche permet de ga­ran­tir une par­faite trans­pa­rence pour les pro­duc­teurs puis­qu’il n’y a plus d’in­ter­mé­diaire. L’éle­veur sait exac­te­ment ce qu’il tou­che­ra », ajoute Her­vé Ker­mar­rec.

40 cen­times pour l’éle­veur

En l’oc­cur­rence, l’ob­jec­tif vi­sé par les éle­veurs est de per­ce­voir, à moyen terme, 40 cen­times du litre.

« Ac­tuel­le­ment, ce chiffre se si­tue plu­tôt au­tour de 32 cen­times en moyenne, ce qui couvre à peine les coûts de pro­duc­tion », sou­ligne Sté­phane Bou­rhis.

Cet éle­veur scaë­rois, in­té­res­sé lui aus­si par cette nou­velle ap­proche, dit avoir en­ta­mé les dé­marches – avec deux autres éle­veurs fi­nis­té­riens – avec la co­opé­ra­tive So­diaal, dont il dé­pend, afin de re­joindre à son tour la so­cié­té « En di­rect des éle­veurs ». Un signe, sans doute, que les lignes sont en train de bou­ger…

« En di­rect des éle­veurs » an­nonce d’ores et dé­jà qu’une crème UHT se­ra aus­si com­mer­cia­li­sée d’ici la ren­trée pro­chaine.

* Le lait est ac­tuel­le­ment dis­tri­bué par les centres Le­clerc et plus de 500 ma­ga­sins U du grand Ouest.

Le lait « En di­rect des éle­veurs » bé­né­fi­cie d’un pa­cka­ging in­no­vant, la poche Eco­lean. Cet em­bal­lage pré­sente plu­sieurs avan­tages : sa lé­gé­re­té, mais aus­si le fait qu’il soit re­fer­mable et mi­cro-on­dable. Il est aus­si pour­vu d’une poi­gnée ri­gide fa­cile à sai­sir.

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