Des an­ciens sen­si­bi­li­sés pour se pré­mu­nir

Les per­sonnes âgées sont des cibles de choix, que ce soit des cam­brio­leurs comme des ar­na­queurs. Jeu­di ma­tin, au Pa­tro­nage laïque, les adhé­rents de la Fna­ca ont re­çu des conseils pour ne pas se faire avoir.

Le Télégramme - Ouest Cornouaille - - OUEST CORNOUAILLE - Hé­lène Ca­roff

Les per­sonnes âgées sont des cibles de choix, que ce soit des cam­brio­leurs ou des ar­na­queurs. Jeu­di ma­tin, à Pont-l’Ab­bé, les adhé­rents de la Fna­ca ont re­çu des conseils pour ne pas se faire avoir.

Plu­tôt que de pro­gram­mer des voyages ou des re­pas, la sec­tion Fna­ca de Pontl’Ab­bé or­ga­nise des réunions d’in­for­ma­tion. Ce jeu­di ma­tin, au Pa­tro­nage laïque, l’heure était à se pré­mu­nir des arnaques sur in­ter­net. Les per­sonnes âgées sont « des cibles pri­vi­lé­giées », se­lon Eike Echal­lier, gen­darme et ré­fé­rent sé­cu­ri­té à la bri­gade du Guil­vi­nec, in­ter­ve­nant du jour avec Na­dège Pel­le­tier, gen­darme à la bri­gade de Pontl’Ab­bé.

Presque tous connec­tés

Des trente per­sonnes dans l’as­sem­blée, peu nom­breuses sont celles qui n’ont pas de connexion in­ter­net. Toutes ou presque donc, échangent par mails ou via les ré­seaux so­ciaux avec leur en­tou­rage et ont dé­jà re­çu, outre les spams, des mails de leurs connais­sances leur de­man­dant telle ou telle chose. De leurs contacts, vrai­ment ? « En réa­li­té, der­rière l’adresse em­prun­tée à vos amis, se cachent d’autres per­sonnes, ha­bi­tant dans la ma­jo­ri­té des cas hors de la France, qui cherchent à vous ex­tor­quer de l’ar­gent, ex­pliquent les deux in­ter­ve­nants. Leur but, c’est que vous leur ver­siez de l’ar­gent soit di­rec­te­ment par vi­re­ment, soit en al­lant dans un bu­reau de ta­bac ache­ter des man­dats cash ». Man­dats cash ap­pe­lés, dans leur jar­gon, des « paie­ments exo­tiques ».

Les gen­darmes dis­tinguent six fa­çons de pro­cé­der : les de­mandes de se­cours, les de­mandes de do­cu­ments ad­mi­nis­tra­tifs, les pla­ce­ments fi­nan­ciers, les sup­ports tech­niques, les re­la­tions vir­tuelles et les offres d’em­ploi. Pour la pre­mière, un contact ex­plique qu’il est dans le be­soin. « Le mieux est d’ap­pe­ler la per­sonne pour vé­ri­fier s’il s’agit bien d’une vraie de­mande de sa part, note Na­dège Pel­le­tier. Même si dans les mes­sages, il dit ne pas être joi­gnable ». Concer­nant la deuxième : « Ja­mais les ad­mi­nis­tra­tions of­fi­cielles ne de­mandent de do­cu­ments par mail, elles le font par cour­rier », re­lève Eike Echal­lier.

L’ap­pât du gain

Gagner deux fois, cinq fois voire dix fois sa mise, ce­la peut sé­duire. « L’ap­pât du gain, c’est ce qui fait que les gens tombent dans le pan­neau des pla­ce­ments fi­nan­ciers, sur­tout qu’il ar­rive cer­taines fois que l’on re­çoive bien de l’ar­gent », in­dique Na­dège Pel­le­tier. Pour les faux sup­ports tech­niques, à sa­voir une fe­nêtre qui s’ouvre en di­sant que l’or­di­na­teur pré­sente des vi­rus, il ne faut pas y prê­ter at­ten­tion, hor­mis si ce­la pro­vient du lo­gi­ciel ins­tal­lé par nos soins. Quant aux offres d’em­ploi frau­du­leuses, elles pul­lulent sur des sites d’achat et de vente entre par­ti­cu­liers et il ar­rive que le fu­tur em­ployeur de­mande à ce qu’on verse le sa­laire à une autre per­sonne, contre un vi­re­ment ban­caire.

« On croit avoir af­faire à Svet­la­na… »

Der­nier point, les re­la­tions vir­tuelles. Les 30 connaissent. « Mais il y a les sites de ren­contre, quand on se sent seul ! », re­lève une dame. « La so­li­tude, la naï­ve­té, il y a pas mal de rai­sons. Ce­la se passe de plus en plus via les ré­seaux so­ciaux et les ar­na­queurs jouent sur la du­rée, ré­pond Na­dège Pel­le­tier. Ils at­tendent d’avoir créé un lien ». Son col­lègue ajoute : « On croit avoir af­faire à Svet­la­na, grande, blonde, plan­tu­reuse et, en réa­li­té, c’est Ma­ma­dou en Côte d’Ivoire ! Et ce­la va dans l’autre sens, ce n’est pas Bran­don et son 1,80 m tout en muscles ! Donc on ne verse rien avant d’avoir vu la per­sonne ». Ce à quoi deux femmes de l’as­sem­blée, hi­lares, ré­pondent : « On est Bi­gou­den, ça de­vrait al­ler ! ».

Pen­dant près de deux heures, les deux gen­darmes ont sen­si­bi­li­sé les adhé­rents et leurs épouses, no­tam­ment sur les arnaques sur le web.

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