CA­BA­RET Pro­lon­ga­tions pour « Ka­ba­rett Ber­lin »

Le Télégramme - Ouest Cornouaille - - CULTURES -

Suc­cès oblige, « Ka­ba­rett Ber­lin » joue les pro­lon­ga­tions sur la pe­tite scène du Poche Mont­par­nasse trans­for­mée pour l’oc­ca­sion en ca­ba­ret ber­li­nois. Bien­ve­nue dans ce lieu étrange où l’on est prié de boire et chan­ter pour ou­blier sa propre mi­sère, sa propre dé­ca­dence. Nous sommes sous la Ré­pu­blique de Wei­mar avant le raz-de-ma­rée na­zi.

Trois mu­si­ciens as­surent avec non­cha­lance le fond mu­si­cal sur les thèmes de Kurt Weill et Al­bert Wille­mettz. Am­biance ex­pres­sion­niste ga­ran­tie. C’est la tou­jours sé­dui­sante Ma­ri­sa Be­ren­son, alias Kirs­ten, cri­nière rousse, fine sil­houette et re­gard in­tense, qui fait of­fice de me­neuse de re­vue. Elle a tout le charme né­ces­saire pour la rendre ir­réelle et émou­vante. On la re­trouve dans un com­mis­sa­riat, in­ter­ro­gée par la Po­lice qui lui de­mande des comptes sur ce Ka­ba­rett. Haut lieu de dé­bauche où sé­vis­saient son fils, Vik­tor (for­mi­dable Se­bas­tian Ga­leo­ta !) et des com­pa­gnons d’in­for­tune, un écri­vain, son ex-amant et le pia­niste Fitz, tous deux juifs et com­mu­nistes.

La scène est leur exu­toire, le mi­roir gros­sis­sant de leurs bles­sures, de leur au­to dé­ri­sion. Drôle de troupe ca­bos­sée qui dé­tourne « Qui a peur du grand mé­chant loup ? » ou « Il monte, monte le na­zi ». On ap­plau­dit et on serre les poings.

Ka­ba­rettBer­lin »

Théâtre de Poche Mont­par­nasse 75, Bd de Mont­par­nasse 75006 Pa­ris. Jus­qu’au 6 jan­vier. 01 45 44 50 21.

Pho­to Hans Lu­cas / Vic­tor To­nel­li

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