La nou­velle tem­pête créa­tive de Marc Mor­van

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER - Ro­nan Lar­vor

« J’ai la tem­pête dans ma tête ». Sou­rire en coin, Marc Mor­van, l’ar­tiste du mé­tal, dé­voile le chan­tier de sa pro­chaine oeuvre. Elle se­ra à poste dans son ate­lier de Ker­feun­teun. « Barr Avel » (coup de vent), pas­se­relle d’un ba­teau de pêche, ouvre sur une aven­ture qui dé­coiffe.

Per­chée, la nou­velle créa­tion de Marc Mor­van. Elle est en­core à l’état d’es­quisse, mais on de­vine l’es­prit du sculp­teur qui avait dé­jà créé l’évé­ne­ment cet été lors du pas­sage du Tour de France à Pont-Kamm, dé­gui­sé en Bé­cas­sine. Le ma­rin pê­cheur, sculp­teur, poète bre­ton tel qu’il se pré­sente a ins­tal­lé à six mètres de hau­teur, au-des­sus du chan­tier per­ma­nent de son ate­lier, l’an­cienne pas­se­relle du bo­lin­cheur con­car­nois « Barr Avel ». Elle avait été dé­po­sée lors d’une ré­no­va­tion au Chan­tier Tan­guy de Douar­ne­nez en 2014. Marc Mor­van a ré­cu­pé­ré cette ti­mo­ne­rie en contre-pla­qué qui vient confor­ter l’es­prit ma­ri­time de son coin de cam­pagne à cô­té du thon, du ho­mard géant et du sous-ma­rin.

Sé­ma­phore vi­sion­naire

Mais que fait la pas­se­relle au nom de tem­pête (barr avel, coup de vent en bre­ton) à cette hau­teur ? « Je veux en faire une sorte de sé­ma­phore, dit l’ar­tiste. Elle est so­li­de­ment ar­ri­mée sur la struc­ture du han­gar qui est l’an­cienne sta­tion To­tal de Foues­nant. J’ai ré­cu­pé­ré des an­ciens ins­tru­ments de na­vi­ga­tion pour y re­créer l’am­biance d’un ba­teau de pêche. Je vais aus­si l’équi­per de feux, de pro­jec­teurs qui pour­ront éclai­rer d’autres sculp­tures plus bas ».

L’ar­tiste pense aus­si y ins­tal­ler quelques pe­tites sculp­tures, pour y créer « une ga­le­rie d’art ori­gi­nale ». Le Barr Avel se­ra donc vi­si­table ? Pour l’ins­tant, une échelle per­met d’y ac­cé­der. Marc Mor­van ne veut pas jouer avec les ques­tions de sé­cu­ri­té. Son ate­lier n’est pas of­fi­ciel­le­ment ou­vert au pu­blic, mais il ac­cueille les cu­rieux et par­fois les écoles. Le sculp­teur de mé­tal et son uni­vers offrent une illus­tra­tion élo­quente de ce que peut être le bouillon­ne­ment ar­tis­tique. Marc Mor­van veut donc sé­cu­ri­ser l’ac­cès à ses oeuvres. Ins­pi­ré par les créa­teurs des Ma­chines de l’île de Nantes, il ré­flé­chit à un sys­tème de pas­se­relles (dans l’es­prit de celle de l’arbre aux hé­rons à Nantes) pour ac­cé­der au som­met de son oeuvre, quitte à y ajou­ter aus­si un as­cen­seur. Le for­ge­ron de sculp­tures mo­nu­men­tales en acier ne re­cule de­vant au­cun dé­fi.

Une pause pour ré­pa­rer sa propre ma­chine

Dans l’im­mé­diat, il va faire une pause pour ré­pa­rer sa propre ma­chine : une opé­ra­tion de ge­nou qui va l’im­mo­bi­li­ser pen­dant plu­sieurs se­maines. « Trop de tra­vail de­puis 40 ans comme pê­cheur, puis comme ar­tiste, il faut que je me calme à 55 ans », dit ce­lui qui n’ar­rête pas de se battre contre vents et ma­rées tout en pro­vo­quant aus­si la tem­pête. Il es­père donc re­prendre son chan­tier dé­but 2019. « J’es­père que pour l’été pro­chain, j’au­rai bien avan­cé », conclut-il. Il lui fau­dra mettre un peu d’ordre dans son uni­vers mé­tal­lique en­com­bré, avant de mettre en branle, dans les airs, son « Barr Avel », sa nou­velle tem­pête.

Marc Mor­van à pied d’oeuvre de­vant sa pas­se­relle sé­ma­phore per­chée.

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