Yoann Hays sauve les ob­jets du passé

Le Télégramme - Quimper - - DOUARNENEZ - Ma­rie-Line Quéau

Elles sont de Douar­ne­nez, de Poul­lan-sur-Mer, du Juch, de Ker­laz et de Poul­der­gat. Six as­so­cia­tions d’His­toire lo­cale se sont as­so­ciées pour pré­sen­ter une pas­sion­nante ex­po­si­tion « Sur les traces de la Grande Guerre », à dé­cou­vrir jus­qu’à lun­di au Juch. Par­mi elles, celle de Yoann Hays, 26 ans.

« Quand j’étais pe­tit, ma grand-mère me re­trou­vait tou­jours de­vant Arte ». Lu­cette La­marche, la grand-mère en ques­tion, ac­quiesce. « Oui, oui ! Il ne sa­vait pas en­core lire qu’il était dé­jà pas­sion­né d’His­toire ». À ce point, il faut l’avouer, c’est quand même rare. Et pour­tant, alors même qu’il n’a que 26 ans au­jourd’hui, le jeune Douar­ne­niste voue une pas­sion dé­vo­rante à l’His­toire contem­po­raine. Il a même réus­si à trans­mettre le vi­rus à sa pe­tite amie, Maï­wenn Le Coz, qui l’ac­com­pagne dans ses ren­dez-vous avec l’His­toire, comme c’est le cas de­puis sa­me­di et jus­qu’à lun­di, au Juch, où s’exposent « Les traces de la Grande Guerre » à l’échelle du pays de Douar­ne­nez.

Son pre­mier di­no­saure : une baïon­nette

Hap­pé par les ré­cits fa­mi­liaux, ce­lui évo­quant son aïeul re­ve­nu ga­zé et bles­sé de la Grande Guerre à ceux de ses pa­rents ayant fait la guerre d’Algérie, Yoann s’est mis à col­lec­tion­ner des ob­jets, pho­tos et livres en lien avec les der­nières guerres à l’âge de 14 ans. « Quand j’ai com­men­cé, je me suis dit que c’était sans doute im­pos­sible de re­trou­ver des ob­jets da­tant de 19141918. C’était tel­le­ment loin pour moi que je pen­sais que le temps les avait for­cé­ment fait dis­pa­raître. Et en fait non. Un jour, dans un troc et puces, je suis tom­bé sur une baïon­nette. Un di­no­saure pour moi ! ». Le pre­mier ob­jet d’une im­po­sante sé­rie, ré­cu­pé­rés au fil du temps, que le jeune homme pré­sente lors d’ex­po­si­tions comme celle qui se tient au Juch mais aus­si en al­lant avec dans le mi­lieu sco­laire. « Ce­lui-ci, dit-il en mon­trant une boîte mé­tal­lique, je l’ai sau­vé dans un gre­nier. Ce vê­te­ment, je l’ai sau­vé dans une vieille malle trou­vée dans une dé­charge ». Yoann sauve des ob­jets de la dis­pa­ri­tion dé­fi­ni­tive, pour « sau­ver l’His­toire ». Car si un ob­jet ra­conte un usage, une sé­rie d’ob­jets peut as­su­ré­ment ra­con­ter un mo­ment de l’His­toire.

Avec son as­so­cia­tion « Bre­tagne His­toire Vi­vante », Yoann s’est spé­cia­li­sé dans les ob­jets de la guerre à ca­rac­tère mé­di­cal. Pour lui, « ceux qui com­battent la mort sur les champs de ba­taille sont des gens ex­cep­tion­nels ». Sur son stand, le jeune homme a re­cons­ti­tué une chambre d’hô­pi­tal de cam­pagne avec le bran­car­dier, deux in­fir­mières et le mé­de­cin. On y dé­couvre le vé­ri­table lit de camp de l’époque, avec ses cou­ver­tures ru­gueuses, des pro­to­types des tout pre­miers masques à gaz, les ou­tils du chi­rur­gien, bien som­maires en com­pa­rai­son de ceux d’au­jourd’hui, les pro­duits pour anes­thé­sier qui pou­vaient, à une goutte près, tout aus­si bien vous tuer… Yoann sait tout de chaque ob­jet, ayant ap­pris leur usage dans un livre des­ti­né à for­mer les in­fir­mières de l’époque. Et avec l’éclai­rage avi­sé de sa mère et de sa soeur, elles-mêmes in­fir­mières.

▼ Pra­tique

Ex­po­si­tion « Sur les traces de la Grande Guerre », salle so­cio­cul­tu­relle du Juch, ce di­manche et lun­di, de 10 h à 18 h nons­top. Ca­fé-gâ­teaux sur place. En­trée libre.

Yoann Hays, 26 ans, l’un des pi­liers de l’as­so­cia­tion Bre­tagne His­toire Vi­vante, en­tou­ré de sa grand-mère Lu­cette La­marche et de son amie Maï­wenn Le Coz, ha­billée en « mar­raine de guerre » avec une te­nue d’époque. Der­rière eux, un man­ne­quin por­tant une te­nue de mé­de­cin mi­li­taire de la Grande Guerre.

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