Mo­bi­li­sa­tion à Ar­za­no contre une ex­pul­sion

À Ar­za­no, on se mo­bi­lise pour ve­nir en aide à une fa­mille géor­gienne dont le père vient de se voir no­ti­fier une obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais.

Le Télégramme - Quimperlé - - QUIMPERLÉ - Sté­phane Gui­hé­neuf

Un père d’une fa­mille géor­gienne ins­tal­lée à Ar­za­no de­puis deux ans fait l’ob­jet d’une obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais. À l’ini­tia­tive du col­lec­tif Cent pour un toit, qui a or­ga­ni­sé ce lun­di soir une réunion dans la com­mune, la mo­bi­li­sa­tion se met en place.

Mi­che­line Cham­pot (au centre), du Col­lec­tif Cent pour un toit, a ex­po­sé la si­tua­tion.

Lettres d’at­tes­ta­tion in­di­vi­duelle, cour­rier au dé­pu­té, pé­ti­tion… Un co­mi­té de sou­tien se met en place, à Ar­za­no, pour ve­nir en aide à une fa­mille d’ori­gine géor­gienne, dont le père fait l’ob­jet d’une obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais (OQTF). « La no­ti­fi­ca­tion est tom­bée vendredi », confirme An­nie Men­vielle, du col­lec­tif Cent pour un toit, qui vient en aide à ceux qui sont dé­bou­tés du droit d’asile. La fa­mille, un couple et ses trois en­fants, est ar­ri­vée en France en sep­tembre 2012. Elle s’est po­sée à Ar­za­no il y a deux ans. Le Té­lé­gramme avait d’ailleurs ren­con­tré Aram, le père de fa­mille, en sep­tembre der­nier, alors que le col­lec­tif or­ga­ni­sait un spec­tacle afin de pro­mou­voir ses ac­tions. « C’est une fa­mille bien in­té­grée. Les en­fants sont à l’école à Ar­za­no », pré­cise An­nie Men­vielle.

« Manque de lo­gique »

Dé­bou­té du droit d’asile, Aram a fait une de­mande de titre de sé­jour pour rai­sons de san­té. De­mande re­je­tée par l’Of­fice fran­çais de l’im­mi­gra­tion et de l’in­té­gra­tion (Ofii). La dé­ci­sion a été ac­tée ce vendredi. Confron­té pour la pre­mière fois à une OQTF, le col­lec­tif craint que cette me­sure d’éloi­gne­ment dé­ci­dée par le pré­fet ne se tra­duise par un pla­ce­ment du père en centre de ré­ten­tion ad­mi­nis­tra­tive avant ex­pul­sion. L’OQTF fait d’ores et dé­jà l’ob­jet d’un re­cours.

Pour le col­lec­tif et ses sou­tiens, cette dé­ci­sion est d’au­tant plus in­com­pré­hen­sible qu’Aram a bé­né­fi­cié, voi­là plu­sieurs mois, d’une au­to­ri­sa­tion de tra­vail d’une du­rée de trois mois. Reste que la mise en place ad­mi­nis­tra­tive de la dé­ci­sion ne lui a pas per­mis d’en bé­né­fi­cier. Maire d’Ar­za­no, Anne Bor­ry, sou­tient la dé­marche. Elle était pré­sente, ce lun­di soir, au cô­té du col­lec­tif. Elle pointe du doigt le « manque de lo­gique de ces si­tua­tions in­ter­mé­diaires, entre droit et non droit ». Elle avait d’ailleurs écrit au pré­fet.

La pré­fec­ture ne com­mente pas

En oc­tobre der­nier, la fa­mille avec le sou­tien du col­lec­tif a sol­li­ci­té un ren­dez-vous au­près du pré­fet du Fi­nis­tère au titre de la Cir­cu­laire Valls du 28 no­vembre 2012. « Les per­sonnes qui ré­sident en France de­puis plus de cinq ans peuvent bé­né­fi­cier d’un titre de sé­jour pour in­té­gra­tion », ex­plique An­nie Men­vielle. La de­mande a été re­fu­sée. « Parce que la dé­ci­sion sur la de­mande de sé­jour pour soin n’était pas connue », sou­ligne An­nie Men­vielle. In­ter­ro­gée ce lun­di, la pré­fec­ture fait sa­voir qu’elle ne com­mente pas les si­tua­tions in­di­vi­duelles. Le col­lec­tif pré­cise aus­si avoir sol­li­ci­té le dé­pu­té Er­wan Ba­la­nant. Contac­té ce lun­di, ce der­nier, alors en plein exa­men de la loi asile, ex­plique qu’il ne lui ap­par­tient pas de com­men­ter la dé­ci­sion du pré­fet, re­con­nais­sant tou­te­fois que dans le cadre de la cir­cu­laire Valls, ce­lui-ci « a une marge de ma­noeuvre ». Le col­lec­tif, lui, n’en­tend pas lâ­cher l’af­faire.

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Cent pour un toit : 07.69.00.56.45.

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