Le la­bel dé­voi­lé lors d’une fête pu­blique

La bou­teille de vin ef­fer­ves­cent s’est bri­sée, sans pro­blème, sur la fa­çade du théâtre du Préau, pour son bap­tême, ven­dre­di 22 sep­tembre. Il est dé­sor­mais consa­cré « Centre dra­ma­tique na­tio­nal » !

Le Voix - Le Bocage - - De La Vire Noireau -

Vire.

Le la­bel orne fiè­re­ment le fron­tis­pice du théâtre du Préau, en lettres flam­boyantes : « Centre dra­ma­tique na­tio­nal » ! Flo­rence Nys­sen, mi­nistre de la Culture, avait of­fi­cia­li­sé l’ob­ten­tion de ce la­bel, lors de sa vi­site à Vire, le ven­dre­di 8 sep­tembre der­nier. « Les contin­gences mi­nis­té­rielles nous avaient im­po­sé un pe­tit co­mi­té pour cette inau­gu­ra­tion » , rap­pellent Pau­line Sales et Vincent Ga­ran­ger, co­di­rec­teurs du Préau. « Voi­là pour­quoi nous vou­lions or­ga­ni­ser cette cé­ré­mo­nie, en lais­sant, cette fois-ci, les portes du théâtre grandes ou­vertes. » Prag­ma­tique, le maire, Marc An­dreu Sa­ba­ter a lan­cé : « Que l’on aime le théâtre contem­po­rain ou pas, tout à cha­cun doit com­prendre que ce la­bel est un for­mi­dable vec­teur de com­mu­ni­ca­tion po­si­tive pour notre ter­ri­toire. » La sous-pré­fète, Ed­wige Dar­racq, s’est au­to­ri­sée à mon­ter le ni­veau d’un cran pour le si­tuer sur le plan na­tio­nal : « Vire ap­pa­raît à l’en­semble de la com­mu­nau­té na­tio­nale comme un lieu d’ex­cel­lence et d’exi­gence théâ­trale. »

George Dan­din

La pièce « George Dan­din » de Mo­lière se­ra la pro­duc­tion phare de la sai­son théâ­trale 2017-2018. Du­rant cette soi­rée, le pu­blic a pu ren­con­trer toute la troupe, dont les co­mé­diens per­ma­nents du Préau : Au­ré­lie Ede­line, Oli­via Cha­tain, An­tho­ny Pou­pard et Vincent Ga­ran­ger, qui tient le rôle-titre. La mise en scène est si­gnée Jean-Pierre Vincent, qui a été ad­mi­nis­tra­teur de la Co­mé­die fran­çaise, di­rec­teur du théâtre na­tio­nal de Stras­bourg et du théâtre Nan­terre- Aman­diers. Il a rap­pe­lé que la mise en scène de cette oeuvre par Ro­ger Plan­chon, en 1958, avait mar­qué l’his­toire du théâtre. « Il avait re­créé sur le pla­teau tout un monde pay­san. On n’avait ja­mais vu ça ! » , lance Jean-Pierre Vincent. « Le tra­vail de Ro­ger Plan­chon a d’ailleurs dé­ci­dé de ma vo­ca­tion de met­teur en scène. » Mais Jean-Pierre Vincent a dé­li­bé­ré­ment vou­lu s’éloi­gner de la pro­po­si­tion de Ro­ger Plan­chon. « Le réa­lisme de Plan­chon se­ra dans le jeu des ac­teurs, et non pas dans le dé­cor » , in­ter­vient-il. Pour ré­su­mer, George Dan­din est un riche pay­san, qui, en échange de sa for­tune, ac­quiert un titre de no­blesse et une épouse. « La pièce est une ma­chine in­fer­nale. Et ce­la va de pire en pire. Or, c’est une farce. C’est tra­gique comme une farce ! La dif­fi­cul­té étant la mise en ten­sion de la farce et de la tra­gé­die », ex­plique-t-il.

Théâtre pu­blic

Pour conclure, Jean- Pierre Vincent a pro­non­cé un fervent plai­doyer en fa­veur du théâtre pu­blic. En ti­rant à bou­lets rouges sur le théâtre pri­vé. « Au­jourd’hui, le vieux théâtre pri­vé pa­ri­sien est pris en mains par des gens qui ont beau­coup d’ar­gent. Ils se disent aus­si po­pu­laire que le théâtre pu­blic, qui lui a des mis­sions et des obli­ga­tions, qu’il as­sume d’ailleurs avec joie ! » Et de ré­pli­quer avec vi­gueur : « Nous com­bat­tons ar­tis­ti­que­ment le théâtre de bou­le­vard. C’est un vrai dan- ger pour l’in­tel­li­gence de l’art théâ­tral ! »

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