Saint-Ca­lais : l’aide-soi­gnante a frap­pé une pa­tiente dé­mente qui re­fu­sait d’être la­vée

L'Echo Sarthois - - Vie régionale -

Le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nantes a fi­na­le­ment va­li­dé la ré­vo­ca­tion pro­non­cée en 2012 par le centre hos­pi­ta­lier de Saint-Ca­lais (Sarthe) à l’en­contre de l’une de ses aides-soi­gnantes.

Elle était ac­cu­sée de s’être li­vrée à des « mal­trai­tances » sur une pa­tiente qui re­fu­sait d’être la­vée et qui se trou­vait dans un « état dé­men­tiel évo­lué » .

Né­ga­tion d’hu­ma­ni­té

Les mêmes juges avaient en ef­fet an­nu­lé en dé­cembre 2014 une pre­mière ré­vo­ca­tion de Mme X. pour « dé­faut de mo­ti­va­tion » , mais l’hô­pi­tal avait re­pris aus­si­tôt après une dé­ci­sion iden­tique en l’ar­gu­men­tant cette fois­ci da­van­tage.

L’in­té­res­sée au­rait donc te­nu « des pro­pos in­ad­mis­sibles sur les pa­tients […] niant l’hu­ma­ni­té et le droit de vivre des per­sonnes fra­gi­li­sées, han­di­ca­pées ou dé­mentes » , ex­pli­quait le centre hos­pi­ta­lier. Elle s’était aus­si li­vrée à « des vio­lences phy­siques ou ver­bales » à l’égard de ré­si­dents et à un « com­por­te­ment dif­fa­ma­toire » vis-à-vis de cer­taines col­lègues.

Des man­que­ments « in­ex­cu­sables »

L’aide-soi­gnante - qui contes­tait cette nou­velle me­sure de ré­vo­ca­tion - de­man­dait 30 000 € de dé­dom­ma­ge­ments à l’éta­blis- se­ment et sa ré­in­té­gra­tion dans ses ser­vices sous un mois.

Mais « Mme X a te­nu des pro­pos bles­sants […] à l’égard d’une ré­si­dente en pré­sence d’une in­fir­mière qu’elle n’avait pas vue » , constate cette fois-ci le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nantes. « En pré­sence d’une aide-soi­gnante […], la re­qué­rante a of­fen­sé et frap­pé à plu­sieurs re­prises au vi­sage

une ré­si­dente alors que cel­le­ci était ali­tée et sans dé­fense […] après avoir lais­sé en­tendre dans un pre­mier temps qu’elle ne le chan­ge­rait pas. »

« Mme X a te­nu des pro­pos dif­fa­ma­toires à l’égard de ses col­lègues, dont cer­tains se sont faits sur Fa­ce­book, et trois de ses col­lègues se sont plaints […] d’être l’ob­jet d’in­ti­mi­da­tions » , ajoutent en­core les juges nan­tais. « Si elle nie for­mel­le­ment les faits re­pro­chés, […] les té­moi­gnages qui la mettent en cause sont pré­cis. »

« L’en­semble des élé­ments de faits men­tion­nés […] consti­tuent des man­que­ments pro­fes­sion­nels d’une par­ti­cu­lière gra­vi­té et sont in­ex­cu­sables » , conclut le tri­bu­nal. « Eu égard à la ré­ité­ra­tion d’un com­por­te­ment mal­trai­tant, agres­sif et violent, à l’ab­sence de re­mise en cause des mo­da­li­tés de son exer­cice pro­fes­sion­nel mal­gré un rap­pel à l’ordre au cours de l’an­née 2010, la di­rec­trice du centre hos­pi­ta­lier […] a pris une sanc­tion pro­por­tion­née à la gra­vi­té des fautes. »

GF (PressPep­per)

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