Quand la chance gratte les Fer­tois

L'Echo Sarthois - - La ferté-bernard -

Les jeux de ha­sard ne connaissent pas la crise. Les ti­ckets à grat­ter re­pré­sentent près de 50 % du chiffre d’af­faires de la Fran­çaise des jeux. Qui sont ces joueurs qui es­pèrent ga­gner le gros lot avec une pièce ?

Sur le comp­toir, sur une table, avec un ca­fé, ça gratte. As­sis sur une ban­quette, Ca­thy et Em­ma­nuel égrainent les ti­ckets. Cas­quette sur la tête,

Em­ma­nuel re­garde le sé­same que gratte sa concu­bine. Les chiffres se dé­voilent à chaque mou­ve­ment de pièce. La pres­sion monte. Le ti­cket re­join­dra-t-il ses congé­nères non ga­gnants sur le coin de la table ? Ra­té. Sur cinq, un seul est ga­gnant.

« On gratte à l’oc­ca­sion. Là, on a mi­sé entre 10 et 15 €. On n’a pas de bud­get, on joue à l’im­pul­sion » , ra­conte Em­ma­nuel. De­puis qu’ils sont ar­ri­vés ils ont re­mis en jeu ce qu’ils avaient ga­gné. Pas ques­tion ce­pen­dant d’en­glou­tir ce qu’il y a dans le porte-feuille même s’il y a un « un cô­té un peu fié­vreux » .

Ten­ter la chance

La fièvre du jeu trans­pire de pe­tits ri­tuels. Ca­thy ne joue ja­mais sans pièce por­te­bon­heur : « C’est une pièce de 1 € et il y a une croix der­rière » , af­firme-t-elle en ten­dant son ob­jet fé­tiche.

Ce qu’ils aiment c’est « la pe­tite ex­ci­ta­tion à chaque fois » . S’as­seoir, po­ser le ti­cket et se mettre à grat­ter, ces opé­ra­tions peuvent de­ve­nir une vraie drogue. « On tente la chance, on Drouault, gé­rante du bar Le Cygne.

Entre pertes sèches, rem­bour­se­ment ins­tan­ta­né ou pe­tit bé­né­fices, les ti­ckets ne lassent pas les joueurs. Ces pe­tits bouts de pa­pier peuvent par­fois rap­por­ter gros : « Ce ma­tin quel­qu’un mar­gi­nales : « S’ils gagnent 2 € ils re­jouent. Par contre s’ils gagnent 20 ou 40 € ils les gardent » .

Es­pé­rer le gros lot

La plu­part des clients es­pèrent amé­lio­rer leur vie avec un ti­cket : « Je n’ai pas de sous donc je joue. Les riches ont des ac­tions » , af­firme Ar­mand, joueur com­pul­sif. Il es­père ga­gner le gros lot de­puis 40 ans. Chaque jour, il met 20 € dans les ti­ckets à grat­ter. « Je suis un peu ac­croc. Je peux par­fois mettre 100 € dans la pé­rer » . Avec 1 000 € de re­traite par mois, il ga­lère. Les jeux à grat­ter son un moyen de fa­cile pour chan­ger de Ar­mand, qui tente sa chance aux jeux jour­née » , as­sure ce re­trai­té. Ce qui le mo­tive c’est « es-

vie : « Il y a que ça pour s’en sor­tir » . Pierre Veillé

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