Les ly­céens en fau­teuil rou­lant

L'Echo Sarthois - - La ferté-bernard -

En ce mo­ment, au ly­cée SaintPaul, les ly­céens va­lides vo­lon­taires vivent à tour de rôle une jour­née qua­si com­plète dans un fau­teuil rou­lant. Ain­si ils com­prennent mieux ce que vit un han­di­ca­pé. Ils voient les re­gards que les autres portent sur eux. Ils prennent conscience d’une réa­li­té qu’ils n’ima­gi­naient que très mal.

Re­cueil et vi­déo

« Notre pro­jet So­li­da’Rio et notre par­ti­ci­pa­tion aux jeux pa­ra-olym­piques de Rio n’étaient que des trem­plins », ex­plique Vir­gile Fuchs, pro­fes­seur de sport à l’ini­tia­tive des pro­jets. « Nous vou­lons ou­vrir les re­gards sur la dif­fé­rence. Chaque jour, nous met­tons de 8 h à 17 h 30 non-stop deux élèves va­lides en fau­teuils. Nous vou­lions res­ter sur les se­condes et pre­mières mais les ter­mi­nales veulent aus­si s’im­pli­quer. Tout le monde s’est por­té vo­lon­taire. C’est une réus­site » .

Les deux fau­teuils han­di­ca­pés sont prê­tés par l’hô­pi­tal. Un troi­sième fau­teuil, ce­lui-là mul­ti­sports, a été of­fert par le Ro­ta­ry Club. Noëlle Mar­chais, sco­la­ri­sée dans ce ly­cée, at­teinte d’une ma­la­die rare et am­bas­sa­drice UG­SEL des Pays de la Loire lors des J.O. de Rio, est là aus­si pour par­ler en toute sim­pli­ci­té de sa vie au quo­ti­dien.

Un tra­vail préa­lable sur les han­di­caps vi­sibles ou non a été cha­peau­té par Pa­trick Fon­taine, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie. Plu­sieurs pro­fes­seurs sont par­tants pour eux aus­si pas­ser une jour- née en fau­teuil et faire cours ain­si.

À la fin de cette ex­pé­rience, un re­cueil se­ra édi­té, avec les té­moi­gnages, et pour­ra ser­vir de bases pour d’autres écoles. Une vi­déo faite à Rio pas­se­ra sur le site de la mai­rie en sep­tembre.

Ex­pé­rience dé­rou­tante

Léa et Iris, ly­céennes, ont des phrases chocs pour évo­quer leur jour­née fau­teuil : « C’est très bi­zarre de ne plus sen­tir le sol sous ses pieds. On di­rait notre corps cou­pé en deux. Au moindre dé­ni­ve­lé, il faut toute une stra­té­gie, pas­ser à re­cu­lons, ou pas­ser beau­coup plus loin, ou de­man­der de l’aide. Les sa­le­tés des sols collent aux roues. Et puis les gens portent des re­gards bi­zarres sur nous. Le soir, on a comme des four­mis par­tout. On a très mal aux bras et les mains sont brû­lées si l’on n’a pas mis de gants » . Les points po­si­tifs : « Tout le monde est gen­til avec nous. As­cen­seur tou­jours et pas de queue au self. On com­prend mieux les han­di­ca­pés » .

D’autres évoquent la concep­tion à re­voir des fau­teuils : « Comme les en­fants, on doit le­ver les yeux et le re­gard des autres vient de trop haut. Pour­quoi ne pas ima­gi­ner d’autres types de fau­teuils, peut être pen­du­laire pour l’équi­libre, où les yeux des va­lides se­raient plus à hau­teur de ceux des in­va­lides. Alors les re­gards sur les han­di­ca­pés ne se­raient dé­jà plus les mêmes » .

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