Quand je se­rai grand, je se­rai pom­pier

L'Echo Sarthois - - La ferté-bernard -

Dès l’âge de 12 ans, les jeunes Tuf­féens peuvent s’ini­tier au mé­tier de sa­peur-pom­pier grâce à la for­ma­tion dis­pen­sée à la ca­serne.

Ils étaient plus d’une di­zaine, pa­rents et en­fants, sa­me­di, réunis à la ca­serne de Tuf­fé pour une réunion d’ins­crip­tion à la for­ma­tion de jeune sa­peur­pom­pier.

Par­mi eux, deux Jeunes-sa­peurs pom­piers ( JSP), ayant quelques an­nées de for­ma­tion der­rière elles et por­tant fiè­re­ment leur uni­forme. Face à eux, six vo­lon­taires aguer­ris, char­gés de leur ex­po­ser toutes les fa­cettes de la for­ma­tion de quatre ans.

Rêve de môme

Tous ont la même en­vie, le même rêve : de­ve­nir pom­pier.

Et c’est loin d’être une uto­pie : 50 % des ef­fec­tifs ac­tuels de la ca­serne sont is­sus des JSP. « Cette for­ma­tion existe de­puis 1985 » , ex­plique Da­niel Lé­vêque, vo­lon­taire de­puis trente-cinq ans.

« Nous avons été par­mi les pre­miers de la Sarthe à la pro­po­ser. C’est un gros vi­vier pour les pom­piers vo­lon­taires et il est très im­por­tant pour nous de la re­lan­cer pour conti­nuer. L’an­née der­nière, nous avions quatre. Nor­ma­le­ment, à moins de cinq, la sec­tion est sus­pen­due ou dis­soute » .

Ce n’est donc pas un rêve in­ac­ces­sible pour les jeunes. D’ailleurs, un de leur for­ma­teur, Oli­vier Le­noir, en est l’exemple même. « Je suis ren­tré aux JSP en mars 85, lors de la créa­tion de la sec­tion. J’avais 10 ans. J’y suis res­té. Dès 16 ans, je suis de­ve­nu vo­lon­taire. Je le suis tou­jours ain­si que pom- pier pro­fes­sion­nel au Mans. J’ai donc vingt- six ans de ca­serne au­jourd’hui. Et si je n’avais pas fait cette for­ma­tion, je pense que ja­mais je n’au­rais fait ce mé­tier. À la base, ce sont mes pa­rents qui cher­chaient une as­so­cia­tion pour que j’aie une ac­ti­vi­té » .

De telles his­toires, la ca­serne en four­mille. Une force que sou­ligne Da­niel Lé­vêque : « Notre but est de leur faire suivre cette for­ma­tion pour être pom­pier vo­lon­taire mais il faut aus­si sa­voir qu’elle peut dé­bou­cher sur un mé­tier. Pro­fes­sion­nel, mi­li­taire aux sa­peurs- pom­piers de Pa­ris, mais aus­si am­bu­lan­ciers, les exemples ne manquent pas » .

Mo­ti­va­tion et at­ti­tude exem­plaire

Ces quatre ans leur donnent toutes les armes pour abor­der le fu­tur. Chaque sa­me­di ma­tin, ce sont des cours, des ma­noeuvres et du sport qui les at­tendent. Ils sont aus­si aux cô­tés des vo­lon­taires pour toutes les cé­ré­mo­nies ci­viles im­por­tantes.

Pour s’ins­crire, ils faut avoir entre 13 et 14 ans (avec une dé­ro­ga­tion pour ceux qui veulent com­men­cer à 12 ans), être mo­ti­vés et être phy­si­que­ment aptes.

Mais ce n’est pas tout. Dès leur en­trée dans la for­ma­tion, ils vont de­voir suivre cer­taines règles : « Por­ter la te­nue qui est four­nie avec fier­té et res­pect car c’est le signe vi­sible de ce que vous re­pré­sen­tez. Vous de­vez aus­si avoir une at­ti­tude exem­plaire aus­si bien dans l’en­ceinte de la ca­serne que dans la vie de tous les jours quand vous êtes en pu­blic. Il est in­ter­dit de cra­cher, de pro­fé­rer des in­sultes, de fu­mer ou de boire de l’al­cool, de consom­mer des pro­duits illi­cites etc. En cas de man­que­ment à ces règles, une chaîne de sanc­tions al­lant de l’aver­tis­se­ment oral à l’ex­clu­sion dé­fi­ni­tive se­ra ap­pli­quée » .

« Ça nous change au quo­ti­dien »

Si ces règles peuvent pa­raître strictes pour de jeunes ado­les­cents, quand on in­ter­roge les JSP, on se rend compte que c’est une vraie ma­nière de vivre qui leur est in­cul­qué. À l’ins­tar de Ma­rieA­mé­lie Bar­rier, et Ju­lie Freu­lon, âgées de 15 ans, qui ont connu cette for­ma­tion grâce au bouche à oreille, et qui ne le re­grettent pas : elles veulent en faire leur mé­tier.

« La for­ma­tion n’est pas dure. Les ins­truc­teurs sont vrai­ment très gen­tils. Le plus in­té­res­sant, ce sont les ma­noeuvres. Et, si on ne va ja­mais sur le lieu des opé­ra­tions,on fait des ma­noeuvres et on se pré­pare au ter­rain grâce à des vi­déos. Ce­la nous change vrai­ment au quo­ti­dien. Au­jourd’hui, on fait plus at­ten­tion à tout ce qu’on fait, aus­si bien dans notre at­ti­tude que par exemple pour pré­ve­nir les ac­ci­dents do­mes­tiques. Il nous ar­rive sou­vent de don­ner des conseils à notre en­tou­rage » . Pour de­ve­nir jeune sa­peur­pom­pier, avoir entre 12 et 14 ans, ré­si­der à Tuf­fé ou alen­tours : s’ins­crire avant le 30 sep­tembre au­près de la ca­serne.

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