Elle to­ta­lise un de­mi-siècle de cam­ping !

Pas fa­cile d’être un vil­lage ra­vis­sant… mais to­ta­le­ment in­con­nu, faute d’être si­tué sur un axe de cir­cu­la­tion. A moins de faire de sa bonne hu­meur une at­trac­tion.

Les Alpes Mancelles - - La Une -

Saint Tho­mas de Cour­ce­riers. « On passe à Saint Tho­mas. On n’y vient pas ». Et la 1ère ad­jointe Fran­çoise Rayon le jure, les ha­bi­tants ça les rend un peu cha­grins. S’il y a en ef­fet de mul­tiples pe­tites routes pour al­ler à Saint Tho­mas, elles sont toutes sans ex­cep­tion en de­hors des grands axes de cir­cu­la­tion. Au lieu de pa­rier sur un hasard -gé­né­reux car qui les em­prunte dé­couvre un pay­sage ru­ral val­lon­né dia­ble­ment char­mant­dans ce vil­lage de moins de 200 ha­bi­tants, on a cher­ché comment at­ti­rer des vi­si­teurs.

Se­cré­taire tron­çon­née

« On n’a pas dé­cro­ché la lune ». Ça reste à dé­mon­trer. En ef­fet, on est tout de même al­lé cher­cher une idée bien sin­gu­lière et plu­tôt ef­fi­cace. On a ins­tal­lé des ai­mants, voi­là. Et on en a po­sés dans tout le bourg et alen­tour. Le comble, c’est leur na­ture. On vous le donne en mille : il s’agit… d’épou­van­tails. Ils sont si drôles, si tendres, si jo­lis qu’ils sont com­plè­te­ment dé­tour­nés de leur fonc­tion de re­pous­soirs. Une vache re­bon­die est ac­cro­chée sur la place de l’église, à une en­ca­blure d’un couple en­di­man­ché qui pousse le lan­dau de son re­je­ton, tan­dis que sur la place de la mai­rie, le pre­mier ma­gis­trat scie conscien­cieu­se­ment la boîte dans la­quelle est en­fer­mée sa se­cré­taire, à deux pas d’une voi­ture dont le bras do­lent d’un conduc­teur dé­passe.

« C’est quoi, ce cirque ? »

« C’est quoi, ce cirque à Saint Tho­mas ? ». Cette an­née, qui est celle de la 4ème édi­tion, voi­là le thème qu’on a choi­si pour confec­tion­ner les épou­van­tails. Le co­mi­té des fêtes et l’as­so­cia­tion des Amis de la Vau­delle sont les maîtres d’oeuvre de l’ex­po­si­tion, qui dure tout l’été, du 15 juin au 15 sep­tembre. Ils ont convain­cu les as­so­cia­tions et les par­ti­cu­liers de par­ti­ci­per. To­tal : sur leur che­min, les vi­si­teurs dé­couvrent… 55 épou­van­tails. Il y a même 2 cir­cuits re­com­man­dés dif­fé­rents pour les croi­ser, de 2 et 3 ki­lo­mètres.

Ar­bitres

« Nos leit­mo­tivs ? La convi­via­li­té et la bonne hu­meur ». En cher­chant à at­ti­rer des vi­si­teurs, le vil­lage uti­lise aus­si les épou­van­tails pour ren­for­cer sa co­hé­sion. « En les fa­bri­quant, en les ins­tal­lant, en se ba­la­dant, les ha­bi­tants se ren­contrent ». Pas ques­tion en ef­fet de voir les ha­bi­tants de Saint Tho­mas, qui n’a plus d’école, qui n’a bien sûr pas d’en­tre­prise, ne plus trou­ver de centres d’in­té­rêts com­muns. D’au­tant que la ci­té est ex­po­sée aux dan­gers de sa pe­ti­tesse. « Quel­que­fois, c’est un peu com­pli­qué dans un vil­lage… Il faut dé­pas­ser les ten­sions ». Et, bin­go, les épou­van­tails sont au-des­sus de la mê­lée.

F.A.

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