En hom­mage à Mi­chaël, à Gro­ver et à Fran­cis

Les Alpes Mancelles - - Sillé-le-guillaume Et Ses Alentours -

Le 9 août 1944, des sol­dats amé­ri­cains et ca­na­diens de l’ar­mée qui ve­nait li­bé­rer notre pays sont tom­bés dans une em­bus­cade ini­tiée par des sol­dats al­le­mands qui n’avaient plus rien à perdre.

La stèle du sou­ve­nir, éle­vée conjoin­te­ment par les villes de Rouez-en-Cham­pagne et Silléle-Guillaume a été inau­gu­rée le 30 oc­tobre 1987, en pré­sence de re­pré­sen­tants amé­ri­cains et ca­na­diens.

Chaque an­née, pour ho­no­rer la mé­moire de ces sol­dats ve­nus de si loin pour ai­der la France à chas­ser l’ar­mée du Reich, et re­con­qué­rir sa li­ber­té, le mo­nu­ment est fleu­ri et le re­cueille­ment est de mise.

Té­moi­gnage poi­gnant

En 2017, 73 ans après, Mar­cel Cos­son se sou­vient. « J’avais 10 ans. Nous étions à la ferme, et nous avons vu les sol­dats al­le­mands mon­ter une sorte de bar­ri­cade avec du ma­té­riel agri­cole. Ils étaient re­tran­chés dans un champ. Nous aper­ce­vions de loin la pro­gres­sion des li­bé­ra­teurs. Et, su­bi­te­ment, les Al­le­mands ont ti­ré à vue avec un ca­non à obus. Deux obus sont tom­bés chez nous, dans la cour et dans le jar­din po­ta­ger. J’étais ter­ro­ri­sé. Sur la route, les Amé­ri­cains et les Ca­na­diens pro­gres­saient avec une GMC Truck, sur­mon­tée d’une tou­relle et une jeep. Ils ont ten­té de ri­pos­ter, mais des hommes ont été mor­tel­le­ment at­teints. Seul un co­lo­nel bles­sé a réus­si à se ré­fu­gier un peu plus bas, chez Ma­dame Bou­vard, qui l’a pan­sé et soi­gné. »

Paul Me­lot, maire de Roue­zen-Cham­pagne, en ap­pe­lant au de­voir de mé­moire, a rap­pe­lé ce que les Fran­çais d’au­jourd’hui doivent à ces com­bat­tants d’hier. « Qui se­rions-nous au­jourd’hui si des gens d’une autre époque n’avaient pas sa­cri­fié leurs vies pour que notre pays re­de­vienne libre ? (…) La ré­ponse à cette ques­tion nous amène à com­prendre que ce dont nous pro­fi­tons chaque jour nous a été of­fert, don­né sans au­cune contre­par­tie… et que d’autres que nous ont payé de leurs vies une vic­toire et une li­ber­té dont ils ne pro­fi­te­ront ja­mais (…) Le de­voir de mé­moire, c’est faire en sorte que toutes ces souf­frances n’aient pas été ac­cep­tées pour rien ».

Mi­chaël Gol­den, Gro­ver Nea­veill et Oli­ver Fran­cis sont morts ici sur cette route. C’est avec émo­tion et so­len­ni­té que leur a été ren­du hom­mage ce sa­me­di.

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