Les mé­tiers d’art font leur fes­ti­val

Les Alpes Mancelles - - La Une -

Les Amis de Saint-Léo­nard or­ga­nisent la 19ème édi­tion di­manche 20 août. Zoom sur un des 60 ex­po­sants qui vous at­tendent, Mor­gane Gé­rard, ta­pis­sier gar­nis­seur.

« Les tis­sus, les meubles, l’histoire de l’art… Lors des portes ou­vertes de Com­pa­gnons du De­voir, j’ai eu un coup de coeur. Et puis, je suis quel­qu’un de ma­nuel… ». C’est dé­ci­dé, Mor­gane Gé­rard de­vient ap­pren­ti chez les Com­pa­gnons du De­voir pour de­ve­nir ta­pis­sier gar­nis­seur. Ses études durent 3 ans. Les filles n’étant pas en­core au­to­ri­sées à l’époque à « faire le Tour », elle se per­fec­tionne chez un pa­tron, à Tou­louse. « Et à 24 ans, je me suis ins­tal­lée ». Mor­gane Gé­rard a dé­jà des doigts de fée et une dé­ter­mi­na­tion de fer. Sa « bou­tique » rue du cygne à Alen­çon est vite re­pé­rée. C’est tant mieux, mais, après un pas­sage à Mieux­cé, elle pré­fère s’amé­na­ger un ate­lier… sur me­sure chez elle, dans la cam­pagne qui sur­plombe Saint-Léo­nard. Elle y exerce son mé­tier de­puis 10 ans et ce n’est pas de­main que ça va chan­ger. Du­re­té et dé­li­ca­tesse « Je fais juste le Fes­ti­val des mé­tiers d’art. Parce que je suis at­ta­chée à Saint-Léo­nard ». Mor­gane ne fait en ef­fet ja­mais ce qui pour­rait s’ap­pa­ren­ter, de près ou de (très) loin, à du dé­mar­chage. « Ça tourne très, très bien, j’ai tou­jours du tra­vail ». On lui com­mande la res­tau­ra­tion de fau­teuils, de ca­na­pés, de chaises, de ri­deaux… et elle fait éga­le­ment du tis­su ten­du au mur. La sel­le­rie de la Tor­pé­do 1925 qui se­ra ex­po­sée di­manche et dont le Pré­sident des Amis de Saint-Léo­nard est si fier, c’est aus­si elle, mais elle a ac­cep­té ce tra­vail « parce qu’avec une vieille voi­ture, on se rap­proche de la ta­pis­se­rie ». Non, son mé­tier à elle, c’est l’ameu­ble­ment. Un mé­tier à la fois dur et dé­li­cat.

Pas­sion

« Je bour­rine un peu en ma­chine ». La pas­sion qu’éprouve Mor­gane pour son mé­tier, dou­blée d’un sa­cré tem­pé­ra­ment, se tra­duit, au quo­ti­dien, par une dé­bauche d’éner­gie… et sa sil­houette gra­cile est mise à rude épreuve. Mor­gane doit ré­gu­liè­re­ment pas­ser par la case os­téo­pathe. Pas de quoi pour au­tant lui ti­rer une plainte : quand on aime, on ne compte pas. Ce qui ne l’em­pêche pas, pour exer­cer son mé­tier d’art, de ne pas s’im­pa­tien­ter et de re­fu­ser de croire au « rattrapage » : il est ex­clu qu’elle se contente d’un ré­sul­tat à moi­tié réus­si. Per­fec­tion­niste ? Oui ! Mor­gane doit aus­si « sa­voir an­ti­ci­per ce qui peut plaire au client ». Si elle s’au­to­rise à « don­ner des idées », elle n’est ce­pen­dant « en au­cun cas dé­co­ra­teur ».

Ac­com­pa­gne­ment

« Un fau­teuil 1930 que j’ai eu de la peine à voir par­tir de mon ate­lier ». Voi­là la com­mande d’ex­cep­tion qui conti­nue à ce jour de mar­quer la jeune car­rière de Mor­gane. Un tra­vail où elle s’est « fait plaise » mais qui ne lui a pas fait ga­gner sa vie. Au quo­ti­dien, on lui com­mande plus sou­vent des fau­teuils Vol­taire et des fau­teuils cra­pauds. Si des pièces ne conviennent pas tou­jours à son goût ai­gui­sé, ce n’est pas non plus trop im­por­tant. « Par­fois, on ne les met­trait pas chez soi, mais ça fait plai­sir de se mettre à la place des gens. C’est leur goût et il leur cor­res­pond ». Reste que Mor­gane convient qu’il lui ar­rive sou­vent de s’en mê­ler. « Après, j’aime bien don­ner mon avis quand même… Je fais des pro­po­si­tions… par­fois avec in­sis­tance… et, fi­na­le­ment, ça plaît aux gens ! ». C’est à un vé­ri­table ac­com­pa­gne­ment qu’elle se livre avec ses clients. Pour chaque com­mande de fau­teuil, après qu’ils ont sé­lec­tion­né le tis­su dans son ate­lier, Mor­gane se rend chez eux avec les tis­sus choi­sis pour vé­ri­fier qu’ils s’in­sèrent bien dans leur in­té­rieur.

Vie équi­li­brée

« Pen­dant les va­cances de Noël, je peux être ame­née à me le­ver à 5h du ma­tin ou à me re­mettre au tra­vail à mi­nuit, mais les en­fants ne le savent pas ». La pas­sion que Mor­gane éprouve pour son mé­tier ne lui fait pas perdre de vue la né­ces­si­té de res­pec­ter un équi­libre de vie. Or, le sien s’éta­blit en prio­ri­sant ses en­fants. Mis à part les coups de bourre de la fin d’an­née, elle s’ap­plique à ne tra­vailler que quand ils sont à l’école, de 9h à 16h30. Elle leur consacre aus­si tous ses wee­kends… moins le di­manche 20 août cette an­née. Pour ve­nir ré­pondre à vos ques­tions, pour vous en­cou­ra­ger à exer­cer son mé­tier, y com­pris si vous en­tre­pre­nez de l’ap­prendre sur le tard, dans le cadre d’un re­con­ver­sion.

F.A.

Contact : Mor­gane Gé­rard 06 11 91 30 71.

Mor­gane Gé­rard a fait son ap­pren­tis­sage de ta­pis­sier gar­nis­seur chez les Com­pa­gnons du De­voir.

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