Gé­rard Gal­pin éteint le poste

G. Gal­pin es­suie quelques larmes en cette fin août. Le chef de chaîne de France 2 et France 4 va prendre sa re­traite. Re­tour sur 41 an­nées dans l’uni­vers du pe­tit écran.

Les Alpes Mancelles - - La Une - Pro­pos re­cueillis par Cha­fik AOUNI

Les Alpes Man­celles.

L’heure de la re­traite pro­fes­sion­nelle va bien­tôt son­ner…

Gé­rard Gal­pin. Tout à fait. Se­lon la formule consa­crée, après 41 an­nées de bons et loyaux ser­vices à la té­lé, je vais quit­ter France 2 et France 4 fin août. Je pré­fère ne pas y pen­ser de trop. J’ai dé­jà des pin­ce­ments au coeur. Il y au­ra beau­coup d’émo­tion. Et nor­ma­le­ment, ce même jour, je de­vrais être grand­père pour la toute pre­mière fois. Je vais vivre une jour­née in­tense et in­ou­bliable, c’est sûr.

Les Alpes Man­celles. Votre dé­mar­rage à la té­lé…

Gé­rard Gal­pin. En 1976, an­née de sé­che­resse en France, j’ai eu la chance d’al­ler en for­ma­tion dans l’Ins­ti­tut na­tio­nal de l’au­dio­vi­suel ! Après cette école, je suis al­lé 4 ans en re­por­tage comme pre­neur de son et j’ai in­té­gré la ré­gie fi­nale comme tech­ni­cien pour fi­nir comme res­pon­sable de dif­fu­sion de France 2 et France 4. Le titre exact est chef de chaîne. Je suis en somme le der­nier maillon ga­rant de la qua­li­té tech­nique et ju­ri­dique de ce qui doit ar­ri­ver chez le té­lé­spec­ta­teur. Après plus de qua­rante an­nées de mé­tier et ren­contres pas­sion­nantes, je vais tour­ner la page.

Les Alpes Man­celles. Des sou­ve­nirs…

Gé­rard Gal­pin. Sur­tout des ren­contres. J’ai eu l’im­mense chance de ren­con­trer An­toine Pi­nay. Charles de Gaulle, Pré­sident de la Ré­pu­blique fran­çaise, l’a choi­si pour le mi­nis­tère des Finances en juin 1958. C’est An­toine Pi­nay qui a lan­cé un se­cond em­prunt na­tio­nal et a pré­si­dé le pas­sage au nou­veau franc. J’avais pas­sé avec lui une heure en tête à tête, à l’oc­ca­sion de la sor­tie d’un de ses livres. J’avais le sen­ti­ment d’ou­vrir un livre d’histoire. Je m’en rap­pelle comme si c’était hier, nous avons bu en­semble de l’oran­geade en toute sim­pli­ci­té. Je garde de cette ren­contre un sou­ve­nir émou­vant.

Je garde éga­le­ment un ex­cellent sou­ve­nir de ma ren­contre de 4 heures avec Pierre De­la­noë, qui a tout de même écrit quelque 5 000 chan­sons et poèmes. Idem des tour­nées de pé­tanque avec, entre autres, les re­gret­tés Hen­ri Sal­va­dor et Pa­trick To­pa­loff. Comment ne pas par­ler de Pa­trice De­vret, Mon­sieur Mé­téo de France 2 ? Nous sommes de­ve­nus des amis. Il est ve­nu plu­sieurs fois à Sillé. Mi­chel Dru­cker, voi­là un homme qui a un sens exem­plaire de l’ami­tié. La nôtre dure de­puis 32 ans. C’est un très grand pro­fes­sion­nel. En plus, il est d’une re­mar­quable gen­tillesse. Je peux évo­quer aus­si Jacques Chan­cel. Il a été mon di­rec­teur de pro­gramme. Je garde de bons sou­ve­nirs de Mar­cel Ju­lian, l’homme des sé­ries té­lé­vi­sées et des nou­velles émis­sions. Bien sûr, je ne peux pas ou­blier le jour­na­liste et pré­sen­ta­teur Da­niel Bi­la­lian. D’ailleurs, nous avons com­men­cé nos car­rières en­semble en 1997 sur le Tour de France. Lui était jour­na­liste et moi, pre­neur de son. De­puis, notre ami­tié dure tou­jours.

Ber­nard Pi­vot est aus­si un homme très pro et fi­dèle en ami­tié. Il a eu la gen­tillesse de me faire la pré­face de mon livre de cartes pos­tales concer­nant l’an­cien can­ton de Silléle-Guillaume. Mi­chel Dru­cker, lui, a dé­di­ca­cé mon autre livre concer­nant les 100 ans de l’US Sillé. Na­tu­rel­le­ment, la liste des per­son­na­li­tés qui ont dé­fi­lé sur le pla­teau est longue. Idem pour les évé­ne­ments mar­quants comme le 11 sep­tembre.

L’at­ten­tat au Ba­ta­clan me marque beau­coup. J’étais à mon bu­reau ce triste soir-là. De ma fe­nêtre, je voyais les am­bu­lances, les pom­piers et les forces de l’ordre et, de l’autre cô­té, je voyais les images de l’at­ten­tat à la té­lé. C’était sur­réa­liste.

Les Alpes Man­celles. Qu’al­lez-vous faire à la re­traite ?

Gé­rard Gal­pin. Je se­rai da­van­tage pré­sent à Sillé-leGuillaume. Bien Sûr, je vais consa­crer plus de temps à ma mai­rie. Nous avons beau­coup de pro­jets et je vais tout faire pour rendre pos­sible leurs concré­ti­sa­tions.

Outre mon man­dat de maire, je suis conseiller dé­par­te­men­tal et je vais éga­le­ment don­ner beau­coup de mon temps pour le dé­par­te­ment, no­tam­ment le sport.

La Sarthe est une terre de sports à l’image des 24 heures et du bas­ket. Sans ou­blier le football, qui va, es­père-t-on, connaître une re­mon­tée en Ligue le plus vite pos­sible.

Gé­rard Gal­pin de­vant sa bi­lo­thèque évo­quant en la cir­cons­tance ses sou­ve­nir à la té­lé.

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