L-J. De Ni­co­laÿ : « Ici, les gens font face à leur des­tin »

Le sé­na­teur Louis-Jean de Ni­co­laÿ était aux co­mices de Beaumont et de Mont-SaintJean. L’oc­ca­sion de dé­cou­vrir comment un « Su­diste » voit notre ter­ri­toire.

Les Alpes Mancelles - - Bonjour -

1. Comment ap­pa­raît la Haute-Sarthe à un « Su­diste » ? Quelles sont ses ca­rac­té­ris­tiques ?

Louis-Jean De Ni­co­laÿ : Il y a une pré­sence ter­ri­to­riale plus uni­forme que dans le sud. Da­van­tage de com­munes se res­semblent. Il y a d’énormes ef­forts d’em­bel­lis­se­ment de celles-ci. Le tra­vail de mise en va­leur est réel, comme la ré­ha­bi­li­ta­tion du bâ­ti. Les com­munes sont belles, ac­cueillantes et at­trac­tives. J’ai pu consta­ter, à tra­vers les co­mices, qu’il exis­tait une vraie vo­lon­té, une mo­bi­li­sa­tion de la po­pu­la­tion, comme à Mont-Saint-Jean, même si c’est une pe­tite com­mune. A Beaumont, l’idée d’or­ga­ni­ser le comice en centre-ville per­met à toute la po­pu­la­tion -et pas seule­ment celle des agri­cul­teurs- d’en pro­fi­ter, c’est une vraie vo­lon­té de co­hé­sion de celle-ci.

Dans la Haute Sarthe, il y a des en­sembles qui pensent en même temps et dans le même sens, sans être ja­loux les uns des autres. C’est im­por­tant dans un ter­ri­toire qui, en étant si­tué aux portes de la Mayenne, est dé­jà as­sez iso­lé. C’est dire qu’on est ca­pable de se prendre en main, de va­lo­ri­ser ses atouts. Le maire de Mont-Saint-Jean Da­niel Le­fèvre l’a dit dans son dis­cours : dans 8 000 ha de fo­rêt, on a vou­lu des che­mins de ran­don­née.

C’est l’image que j’aie du Nord Sarthe : de jo­lis pay­sages. A Mont-Saint-Jean, les An­glais ont prê­té le ter­rain et la vue était su­perbe. J’ai trou­vé ce choix in­tel­ligent. Comme j’ai trou­vé in­tel­ligent à Beaumont de faire le comice en cen­tre­ville. Il y avait une vraie vo­lon­té d’en­tre­mê­le­ment de la ci­té et de la cam­pagne.

2. Quels sont les atouts de la Haute Sarthe ?

L-J.DN : Il existe des pôles qui veulent avan­cer, tou­ris­tiques comme les Alpes Man­celles avec Saint-Léo­nard-des-Bois, in­dus­triels, comme Sillé, Fresnay, Con­lie, sans comp­ter, à proxi­mi­té, Ma­mers et Ma­rolles-lesB­rault. Il y a donc des ca­ta­ly­seurs de proxi­mi­té, des cap­teurs de dy­na­mique ter­ri­to­riale- je pense à Le­grand à Sillé, Eif­fage à Fresnay, Hut­chin­son à Sou­gé-le-Ga­ne­lon. Le ser­vice après-vente et l’ar­ti­sa­nat doivent vivre au­tour de ceux-ci. On sent des gens qui, bien qu’ils soient un peu loin de tout, ne se la­mentent pas. Les seuls pro­blèmes, ce sont la té­lé­pho­nie mo­bile –gros pro­blème- et l’offre mé­di­cale, à terme –pro­blème qu’on re­trouve par­tout en zones ru­rales.

Alors je viens dans des at­mo­sphères de fêtes, mais je sens des gens qui font face à leur des­tin et qui sont op­ti­mistes. Les élus du ter­ri­toire sont très dé­ter­mi­nés. Par exemple, pour le ré­amé­na­ge­ment de Sillé, Gé­rard Gal­pin se dit qu’il faut y al­ler. C’est ce qu’il faut faire quand les villes ont du po­ten­tiel. A l’exemple de Saint-Léo­nard, de­ve­nu plus beau vil­lage de la Sarthe. Il faut se battre. Comme à Mont-Saint-Jean, où le maire Da­niel Le­fèvre a comp­té 580 convives à son ban­quet.

3. Quelles sont les fai­blesses de la Haute Sarthe ?

L-J.DN : Je ne les connais pas as­sez. Je pense que comme par­tout, l’émiet­te­ment in­ter­com­mu­nal - en réunis­sant 40 com­munes- peut af­fai­blir une vo­lon­té de sor­tir les pro­jets es­sen­tiels com­muns. Les at­trac­tions géo­gra­phiques sont dif­fé­rentes, mais ces com­munes ont be­soin de tra­vailler en­semble. Il faut main­te­nant que la ré­forme ar­rête de bou­ger.

Peut-être faut-il ra­me­ner de la jeu­nesse et qu’elle puisse bé­né­fi­cier d’édu­ca­tion, de for­ma­tion et d’ap­pren­tis­sage sur le ter­ri­toire. Alors, en­core une fois, je connais mal les fai­blesses de la Haute Sarthe car je n’y viens que dans des oc­ca­sions fa­vo­rables. Mais il faut un ap­pel d’air. Au Sé­nat, j’ai dit qu’il fal­lait ai­der à la ré­ha­bi­li­ta­tion de l’ha­bi­tat an­cien plu­tôt que de construire des lo­ge­ments neufs. Il faut aus­si al­lé­ger les normes dans l’an­cien.

Pro­pos re­cueillis par F.A.

Le sé­na­teur et maire du Lude Louis-Jean De Ni­co­laÿ, ici au comice de Beaumont.

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