Ma­ryse laisse des amis éplo­rés

Les Alpes Mancelles - - Sillé-le-guillaume Et Ses Alentours -

Ma­ryse Dé­re­dec, épouse La­mi­rault, est née le 12 jan­vier 1951. Elle s’est éteinte mar­di 8 août.

Son pa­pa Alex De­ré­dec était garde fo­res­tier. Sa jeu­nesse, elle l’a pas­sée à la mai­son fo­res­tière de Jouteau à Mont-Saint-Jean, d’où elle par­tait pour écou­ter les ins­ti­tu­trices de l’école des filles du vil­lage, et en­suite du col­lège au châ­teau de Sillé. C’était une bonne élève, et elle se­ra ins­ti­tu­trice et di­rec­trice d’école à son tour.

Nous avons pas­sé des étés ex­tra­or­di­naires avec elle et son frère Serge. Nous, les jeunes -Jean-Mi­chel, Eliane, An­nie, Ja­cky, Fran­çoise- du bourg, nous par­tions à pied en dé­but d’après-mi­di, pra­ti­que­ment tous les jours. Un arrêt à Jouteau, où Ma­ryse et Serge nous at­ten­daient… et di­rec­tion Co­co Plage, où nous avons ri­va­li­sé d’idées idiotes mais si drôles ! Tous avec une su­cette, tous avec des lu­nettes noires, ou avec des Ca­ram­bar ache­tés 5 cen­times (0,01 €) dans les épi­ce­ries de Mont-Saint-Jean. D’ailleurs, la grand-mère de Ma­ryse, Ma­dame Coyau, te­nait l’épi­ce­rie dans le bas du bourg…

Miss Sillé

En gran­dis­sant, Ma­ryse de­ve­nait de plus en plus jo­lie. A l’époque, une Miss Sillé était élue tous les ans. La cé­ré­mo­nie se pas­sait dans la salle qu’on ap­pelle au­jourd’hui Léon Bes­nar­deau. Nous l’avons pous­sée à se pré­sen­ter, et elle a été élue bien sûr ! Quelle fête… Je me sou­viens des dif­fi­cul­tés ren­con­trées par cer­tains pour ou­vrir leur porte, où grim­per l’es­ca­lier qui me­nait à la chambre, et aus­si d’ar­rêts sur la route du re­tour de­vant tous les cal­vaires pour ré­ci­ter la messe en Bre­ton, on était fiers et heu­reux, on était jeunes !

Nos che­mins à tous se sont sé­pa­rés. Ma­ryse vi­vait avec Guy, son ma­ri, et leurs en­fants en Eure-et-Loir, tou­jours très dy­na­mique, mi­li­tante po­li­tique, dé­fen­dant avec achar­ne­ment les causes hu­ma­ni­taires. Elle a com­bat­tu sans re­lâche et jus­qu’au bout ceux qu’elle ap­pe­lait les pol­lueurs de la na­ture. Et sans ja­mais se dé­par­tir d’un mo­ral d’acier.

Des­tin cruel

La vie l’a du­re­ment frap­pée. Condam­née au fau­teuil rou­lant par une ma­la­die or­phe­line, elle a été vic­time en plus de dif­fé­rents can­cers et elle a su­bi en tout 50 opé­ra­tions. Ses souf­frances étaient ré­cur­rentes et éprou­vantes. Ses dou­leurs étaient un cal­vaire, mais son sou­rire et sa rage de vaincre à toute épreuve.

Fin avril, elle de­vait su­bir une nou­velle opé­ra­tion. Au té­lé­phone, elle était un peu lasse de cet en­chaî­ne­ment conti­nuel de lits d’hô­pi­taux, et, sur­tout, lasse de souf­frir le mar­tyre… mais elle s’in­quié­tait da­van­tage pour son ma­ri. Nous avons par­lé long­temps, avec la pro­messe de re­com­men­cer après l’opé­ra­tion. Mais, elle nous a quittés ce mar­di 8 août.

Mo­dèle

Ma­ryse, je n’en­ten­drai plus ta voix grave au té­lé­phone. Nous ne par­le­rons plus de notre en­fance, de nos en­fants, de Mont-SaintJean, de la vie po­li­tique na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale, de nos choix, de nos en­vies. Ils vont nous man­quer, tes en­cou­ra­ge­ments et ta force de ca­rac­tère, ta bonne hu­meur, ta joie de vivre et tes sou­rires. Tu res­te­ras pour nous un mo­dèle de­vant la souf­france et l’épreuve. Guy éga­le­ment, qui t’a en­tou­rée d’amour et de pré­ve­nance, qui était tou­jours pré­sent pour toi.

R.I.P Ma­ryse, une par­tie de notre jeu­nesse s’est en­fuie avec toi.

À Guy, à ses en­fants, à Serge et sa fa­mille, nous les as­su­rons de notre at­ta­che­ment et les ac­com­pa­gnons dans leur peine.

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