J. Ba­lan­draud : « C’est une pa­ren­thèse heu­reuse »

Pour le maire d’Evron Joël Ba­lan­draud, le Fes­ti­val de la Viande fait res­pi­rer les éle­veurs, sé­duit le pu­blic et bap­tise les élus… sur­tout cette an­née.

Les Alpes Mancelles - - Evron Et Ses Alentours - F.A.

« Que les cours soient bons ou mau­vais, le Fes­ti­val de la Viande est une pa­ren­thèse ». Et elle est même, aux yeux de Joël Ba­lan­draud, « heu­reuse ». Dé­jà parce que le temps de cette grand-messe signe, pour les éle­veurs, la fin d’un « tra­vail spé­ci­fique de longue ha­leine », que le maire d’Evron éva­lue à un an. En­suite parce qu’on y « re­va­lo­rise les bêtes, même si elles n’ont pas de la­bel ». De quoi éloi­gner, trois jours du­rant, les in­quié­tudes que des « dif­fi­cul­tés réelles » ali­mentent. Pour cette 52ème édi­tion, 499 étaient ins­crites il y a exac­te­ment une se­maine, en vue d’être pré­sen­tées ven­dre­di 1er sep­tembre. « On est le plus grand Fes­ti­val de France en termes de quan­ti­té de bêtes à viande ». En ef­fet, « toute la Mayenne et les dé­par­te­ments li­mi­trophes » convergent vers le foi­rail.

Ney­mar

« Il ne faut pas se fier au prix de la cham­pionne : c’est notre Ney­mar à nous… ». Pas ques­tion, pour Joël Ba­lan­draud, de s’of­fus­quer qu’au Fes­ti­val, les prix des plus beaux ani­maux s’en­volent lit­té­ra­le­ment. Oui, ces prix sont « dé­con­nec­tés »… et alors ? Il ne vien­drait à l’idée de per­sonne de re­gar­der ce­lui du « baume au coeur ». Ce se­rait même li­mite mes­quin, vu qu’ils ne pro­curent pas de re­ve­nus pour l’an­née en­tière. « Per­sonne ne vit des cu­lards car ça ne re­pré­sente pas le mar­ché ». Ni les doubles ac­tifs ou re­trai­tés, « qui ont 2 à 3 bêtes », ni les temps com­plets qui « en ont 400 à la mai­son » : ce sont tou­jours bien ces 400 têtes qui font leur gagne-pain.

Centre du monde

« Le Fes­ti­val, c’est le mo­ment pour le pu­blic de dé­cou­vrir Evron ». La bra­de­rie sert à ren­for­cer la sy­ner­gie entre le com­merce lo­cal et le grand évè­ne­ment agri­cole et élar­git l’am­biance de fête. La soi­rée du sa­me­di, avec celle du lun­di, de plus en plus pri­sée pour son at­mo­sphère de « de­voir ac­com­pli », sont des mo­ments denses, voire poi­gnants. « C’est au mo­ment du Fes­ti­val qu’il y a le plus de pas­sage à Evron », dont des « gens qui n’ont rien à voir avec l’agri­cul­ture ». Les ser­vices tech­niques de la Ville sont for­te­ment mo­bi­li­sés.

Coeur de cam­pagne

« La ren­trée po­li­tique de la Mayenne se fait dans les Coë­vrons ». Le Fes­ti­val de la Viande siffle en ef­fet la fin de la ré­créa­tion es­ti­vale. Dé­jà, il se dé­roule tou­jours le 1er wee­kend de sep­tembre. En­suite, cette an­née, les ren­contres avec élus sont d’au­tant plus at­ten­dues qu’on se­ra à 3 se­maines des sé­na­to­riales (NDLR : le scru­tin a lieu le 24 sep­tembre). Sa­chant qu’au mois d’août, on n’en a guère en­ten­du par­ler. « Des mes­sages vont être pas­sés, comme la né­ces­si­té, pour les agri­cul­teurs, de vivre de leur tra­vail ». Le fonc­tion­ne­ment des po­li­tiques d’aides de­vrait aus­si s’in­vi­ter dans les dis­cus­sions. « Les sé­na­to­riales se jouent beau­coup dans le monde ru­ral, où sont pré­sents nombre de grands élec­teurs ». Le Fes­ti­val de la Viande s’an­nonce donc aus­si comme un mo­ment cru­cial pour cette cam­pagne élec­to­rale « éclair ». Pour sai­sir l’op­por­tu­ni­té de se faire connaître, il est re­com­man­dé d’avoir four­bi ses ar­gu­ments.

Pour J. Ba­lan­draud, le Fes­ti­val est un évè­ne­ment agri­cole, po­pu­laire et il sert de ren­trée po­li­tique.

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