Ré­gio­nales : Ni­co­las Sar­ko­zy prône l’« ou­ver­ture » à l’éco­lo­gie

Le chef de l’Etat a en­voyé sa­me­di ses troupes à la ba­taille des élec­tions ré­gio­nales de mars. De­vant l’UMP, il a dé­fen­du une « éco­lo­gie po­pu­laire », tout en cher­chant à ras­su­rer son élec­to­rat tra­di­tion­nel.

Les Echos - - France -

Le geste était pro­ba­ble­ment sin­cère ; il était aus­si ca­li­bré pour les ca­mé­ras. Avant de don­ner sa­me­di, au con­seil na­tio­nal de l’UMP, à Au­ber­vil­liers, le coup d’en­voi de la cam­pagne de la ma­jo­ri­té pour les ré­gio­nales de mars pro­chain, Ni­co­las Sar­ko­zy a pris soin de don­ner une cha­leu­reuse ac­co­lade à Ra­jen­dra Pa­chau­ri, le pré­sident du groupe d’ex­perts in­ter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évo­lu­tion du cli­mat (GIEC). La pré­sence du prix No­bel de la paix et les pro­pos très élo­gieux te­nus par ce der­nier étaient une au­baine pour le chef de l’Etat, qui s’ap­plique, de­puis les eu­ro­péennes, à faire des ap­pels du pied aux élec­teurs d’Eu­rope Eco­lo­gie.

De­vant ses troupes et l’es­sen­tiel du gou­ver­ne­ment, le pré­sident a, dans la fou­lée, prô­né une nou­velle « ou­ver­ture », non aux per­sonnes mais aux idées, à com­men­cer par l’éco­lo­gie. « Ce n’est pas une idéo­lo­gie, ce n’est pas une lu­bie, ce n’est pas un truc, ce n’est pas une tac­tique, ce n’est pas un po­si­tion­ne­ment. C’est une convic­tion », a-t-il as­su­ré. A quatre mois des ré­gio­nales, Ni­co­las Sar­ko­zy re­noue avec sa stra­té­gie de 2007 : ten­ter de se­mer le trouble dans le camp ad­verse tout en conso­li­dant son socle. « Etre fi­dèle à ses va­leurs et s’élar­gir à la thé­ma­tique né­ces­saire pour pré­pa­rer l’ave­nir. Voi­là la clef », a-t-il ex­pli­qué.

Taxe an­ti-car­bone en éten­dard, le chef de l’Etat et les res­pon­sables de la ma­jo­ri­té se sont re­layés pour mettre en avant le rôle pion- nier du gou­ver­ne­ment dans la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Et pour in­sis­ter sur la « croi­sade » me­née par la France afin de faire du som­met de Co­pen­hague un suc­cès. Si Co­pen­hague réus­sit, « le monde le de­vra à la France et à la stra­té­gie de son pré­sident », a même af­fir­mé JeanPierre Raf­fa­rin. Et s’il échoue ? L’exé­cu­tif veille­ra à ob­te­nir de l’Eu­rope l’ins­tau­ra­tion d’une taxe car­bone aux fron­tières, a pro­mis Fran­çois Fillon.

Tous veulent croire que la ma­jo­ri­té peut pro­fi­ter de « l’ab­sence » du PS sur les ques­tions en­vi­ron­ne­men­tales. « Le débat sur l’ave­nir du monde se fait ici », à l’UMP, s’est en­or­gueillie Chan­tal Jouan­no, la se­cré­taire d’Etat à l’Eco­lo­gie.

A la re­cherche d’un équi­libre

La stra­té­gie n’est pas sans risque. D’abord parce que le dis­cours peut bé­né­fi­cier aux éco­lo­gistes eux-mêmes. En­suite parce qu’il peut brus­quer un élec­to­rat de droite en­core en par­tie ré­tif aux pré­oc­cu­pa­tions en­vi­ron­ne­men­tales. A la re­cherche du bon équi­libre, Ni­co­las Sar­ko­zy s’est fait l’apôtre d’une « éco­lo­gie po­pu­laire » plus res­pon­sable, a-t-il as­sé­né, que l’« in­vrai­sem­blable stra- té­gie de la dé­crois­sance » des éco­lo­gistes. Et il a en­voyé des si­gnaux à son élec­to­rat tra­di­tion­nel, s’en­ga­geant une nou­velle fois à ne ja­mais aug­men­ter les im­pôts et à ne ja­mais pro­cé­der à la ré­gu­la­ri­sa­tion gé­né­rale des sans-papiers. (Dé­si­reux d’ali­men­ter le débat sur ce thème, il a ac­cu­sé Mar­tine Au­bry d’« agi­ter le chif­fon rouge pour faire re­mon­ter le FN », s’at­ti­rant une ri­poste du PS qui a dé­cla­ré n’avoir « pas de le­çon à re­ce­voir ». )

Xa­vier Ber­trand, le se­cré­taire gé­né­ral de l’UMP, a par­lé, quant à lui, de l’ « iden­ti­té nationale » et du rôle de la « fa­mille » , de la trans­mis­sion de la « mo­rale » , s’op­po­sant aus­si à la bur­qa et à l’adop­tion par des couples ho­mo­sexuels. Un pas­sage par­ti­cu­liè­re­ment ap­plau­di.

Jusque-l à, Ni­co­las Sar­ko­zy s’était re­fu­sé à souf­fler les bou­gies de l a mi-man­dat, ren­voyant l’heure des comptes à 2012. De­vant l’UMP, il a chan­gé son fu­sil d’épaule et consa­cré une large part de son in­ter­ven­tion à dé­fendre son bi­lan, au­to­cé­lé­brant son « cou­rage » et son vo­lon­ta­risme. Ha­do­pi, ser­vice mi­ni­mum, droits de suc­ces­sion, au­to­no­mie des uni­ver­si­tés, baisse de la TVA dans la res­tau­ra­tion, ré­forme des col­lec­ti­vi­tés lo­cales… : il a tout jus­ti­fié, s’ar­rê­tant plus par­ti­cu­liè­re­ment sur le bou­clier fis­cal. Au risque d’ap­pa­raître, sur ce point, sur la dé­fen­sive.

De­vant l’UMP, Ni­co­las Sar­ko­zy a te­nu à dé­fendre son ac­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.