Fer­ra­ri prend Her­mès comme mo­dèle

Fer­ra­ri se paie en Bourse plus cher que cer­taines va­leurs du luxe et bien plus que l’au­to­mo­bile.

Les Echos - - LA UNE -

L’a ct i o n Fer­ra­ri, dont le sigle Blo omb erg est « Race », fait la course en tête par­mi les va­leurs au­to­mo­biles eu­ro­péennes. L’ac­tion gagne 54 % de­puis le dé­but de l’an­née à Wall Street. Si Va­leo se rêve en va­leur tech­no­lo­gique, Fer­ra­ri se voit plu­tôt un des­tin de va­leur de luxe en Bourse. Fer­ra­ri as­sure que « sa ré­fé­rence, c’est Her­mès », ex­plique Gé­rard Mou­lin, chez Am­ple­gest. « Il veut que son bi­lan et son compte de ré­sul­tat res­semblent à ce­lui d’une boîte de l’hy­per­luxe. » Le gé­rant ne ta­rit pas d’éloge sur son mo­dèle éco­no­mique. Non seu­le­ment Fer­ra­ri vend des voi­tures de luxe, mais la firme s’est struc­tu­rée avec des ate­liers payants « qui per­mettent de fac­tu­rer des ser­vices en plus du prix de dé­part de la voi­ture. Il faut sa­voir que les op­tions et la per­son­na­li­sa­tion per­mettent d’aug­men­ter le prix de 15 à 20 % ». Mieux, « c’est la so­cié­té qui dé­cide des clients qui vont pou­voir ache­ter ses sé­ries spé­ciales. Pour celles-ci, il faut dé­jà en avoir plu­sieurs, Fer­ra­ri vou­lant évi­ter la spé­cu­la­tion » . Un pro­duit cher et très ex­clu­sif : deux ca­rac­té­ris­tiques d’un pro­duit de luxe. Même si la vo­lon­té de Fer­ra­ri de ve­nir sur le seg­ment très po­pu­laire des SUV (à l’ins­tar de Porsche ou de Ja­guar) pour­rait égra­ti­gner cette image.

Fer­ra­ri se rap­proche aus­si des stan­dards fi­nan­ciers des en­tre­prises du luxe. Le groupe af­fiche une marge brute de 49 % (60 % pour Her­mès). Sa marge ex­ploi­ta­tion est à 22 %, « dans la moyenne su­pé­rieure du sec­teur du luxe. Ils peuvent pas­ser des aug­men­ta­tions de prix comme ils le veulent », ap­pré­cie Gé­rard Mou- lin. Se­lon Bloom­berg In­tel­li­gence, les sé­ries spé­ciales ou li­mi­tées pour­raient re­pré­sen­ter 33 % du ré­sul­tat d’ex­ploi­ta­tion en 2017 pour seu­le­ment 7 % des ventes ! En termes de va­leur d’en­tre­prise (ca­pi­ta­li­sa­tion + dette nette) par rap­port au chiffre d’af­faires, Fer­ra­ri se paye aus­si 4,2 fois quand Her­mès se paye 9 fois. « Si ce ra­tio re­monte à 5-6 fois, ce ne se­ra pas un scan­dale. »

Mais le groupe de Ma­ra­nel­lo ne veut pas s’ar­rê­ter là. Il veut aus­si convaincre les grands bu­reaux d’a n a l ys e s de faire suivre leur va­leur par les ana­lystes luxe plu­tôt que par ceux qui suivent Fiat ou Peu­geot SA. « Elle est mal suivie par les ana­lystes, pas en termes de com- pé­tences, mais de sec­teur », re­con­naît Gé­rard Mou­lin. Pour l’ins­tant, avec un ni­veau de va­lo­ri­sa­tion (30 fois les pro­fits at­ten­dus fin 2017) beau­coup plus proche d’un Pra­da (PER de 25) que d’un BMW (PER de 11), Fer­ra­ri est en passe de réus­sir son pa­ri. Même si les ana­lystes, au­to­mo­biles, semblent plus pru­dents après un tel ral­lye bour­sier. A peine plus de la moi­tié est ac­tuel­le­ment àl ’a c h a t (11 sur 19 se­lon Bloom­berg, dont UBS et Jef­fe­ries).

Mal­gré tout Gé­rard Mou­lin sa­lue la ré­si­lience du groupe : « En 2009, la pire an­née pour l’in­dus­trie au­to­mo­bile, Fer­ra­ri n’a vu ses ventes bais­ser que de 7 % (contre 30 % pour le march é ). » Si la crise pé­tro­lière au Moyen-Orient ne semble pas avoir pé­na­li­sé le groupe, l’ita­lien pour­rait être plus sen­sible au Brexit, le Royaume-Uni étant le deuxième mar­ché pour Fer­ra­ri (10 % de ses ventes) der­rière les Amé­riques (33 %). —

L’ac­tion gagne 54 % de­puis le dé­but de l’an­née.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.