DOS­SIER SPÉ­CIAL SAN­TÉ

Dé­fis, les Ac­croître l’harmonie, la co­hé­sion, l’agi­li­té des équipes, at­ti­rer et fi­dé­li­ser les ta­lents. Pour re­le­ver ces en­tre­prises sont de plus en plus nom­breuses à mi­ser sur les dis­po­si­tifs fa­vo­ri­sant le bien-être au tra­vail.

Les Echos - - LA UNE - Da­niel Ro­vi­ra

Le bien-être au tra­vail in­cite les sa­la­riés à s’en­ga­ger. Et les en­tre­prises sont ain­si de plus en plus nom­breuses à mi­ser sur des dis­po­si­tifs fa­vo­ri­sant l’épa­nouis­se­ment des sa­la­riés.

On pense trop sou­vent que le bien-être au tra­vail est une pro­blé­ma­tique qui im­pacte sur­tout les jeunes gé­né­ra­tions ar­ri­vant dans les en­tre­prises du nu­mé­rique, mais, en ce do­maine, l’at­tente est uni­ver­selle, quels que soient le tra­vail consi­dé­ré ou la taille de l’en­tre­prise », constate Sté­pha­nie Chas­se­rio, en­sei­gnant-cher­cheur à Ske­ma Bu­si­ness School. Les en­tre­prises mènent de plus en plus d’ac­tions pour ac­croître le bien-être et cer­taines vont même jus­qu’à re­cru­ter des « chief hap­pi­ness of­fi­cers » (CHO), des « res­pon­sables du bon­heur au tra­vail ». Une dé­marche qui fait s’in­ter­ro­ger sur la no­tion de bon­heur, qui, pour cer­tains, re­lève da­van­tage de la sphère pri­vée.

« Au terme “bon­heur” plu­tôt sub­jec­tif, je pré­fère ceux de “qua­li­té de vie”, de “bien-être au tra­vail”, qui font plus ré­fé­rence à l’harmonie des équipes, à la convi­via­li­té, à la qua­li­té de l’en­vi­ron­ne­ment de tra­vail et au sens de son t ra va i l », pré­cise Alain An­dré, di­rec­teur de la pré­ven­tion et de la qua­li­té de vie au tra­vail chez Orange. Cette ana­lyse est par­ta­gée par Florent Voi­sin, res­pon­sable qua­li­té de vie et san­té au tra­vail du spé­cia­liste du cloud OVH, ba­sé à Rou­baix. « Au coeur du bien-être au tra­vail, il y a le sens du tra­vail, l’au­to­no­mie, la bien­veillance, les re­la­tions avec les col­lègues. Dans les en­tre­prises, les pro­jets doivent avan­cer vite, il faut de l’agi­li­té dans les équipes et ce­la n’est pos­sible que s’il y a une vraie co­hé­sion, un es­prit col­lec­tif. C’est donc fon­da­men­tal de par­ve­nir à créer du lien, par exemple en par­ta­geant des ac­ti­vi­tés spor­tives ou cultu­relles », dit-il.

Du ma­na­ge­ment bien­veillant...

Bien-être, bon­heur au tra­vail… Au­de­là du terme uti­li­sé, les en­tre­prises savent que les at­tentes des sa­la­riés sont fortes, et po­ser un ba­by-foot au mi­lieu de l’open space ne suf­fit plus à les sa­tis­faire. En ma­tière de ma­na­ge­ment, d’ offre de ser­vices ou d’amé­na­ge­ment des lo­caux, les le­viers ori­gi­naux pour amé­lio­rer le bien-être au tra­vail ne manquent pas et sont loin de se li­mi­ter au monde des start-up. Ain­si, chez Gui­chon Valves, une en­tre­prise de ro­bi­net­te­rie in­dus­trielle, ba­sée à Cham­bé­ry et em­ployant 80 per­sonnes, on pro­pose aux sa­la­riés de re­lâ­cher la pres­sion et le stress du quo­ti­dien en pra­ti­quant la « mind­full­ness » (mé­di­ta­tion de pleine conscience), dans une salle dé­diée, avec des séances de mé­di­ta­tion ani­mées par un col­la­bo­ra­teur spé­cia­le­ment for­mé. Dans la grande dis­tri­bu­tion, le groupe Ca­si­no dé­ploie, de­puis deux ans, un pro­gramme de for­ma­tion et d’ac­com­pa­gne­ment au ma­na­ge­ment bien­veillant. Plus de 3.400 ma­na­gers ont été ain­si for­més et, sur le ter­rain, un ré­seau de 800 « bien­veilleurs » ac­com­pagne les col­la­bo­ra­teurs ren­con­trant des dif­fi­cul­tés dans leur tra­vail.

… au té­lé­tra­vail

Pour mieux conci­lier vie pro­fes­sion­nelle et vie per­son­nelle, mi­ser sur le tra­vail à dis­tance s’avère un le­vier ef­fi­cace qui peut être ac­tion­né à très grande échelle. « Le té­lé­tra­vail a fait l’ob­jet d’un ac­cord avec les re­pré­sen­tants du per­son­nel. Nous comp­tons au­jourd’hui plus de 7.000 té­lé­tra­vailleurs ré­gu­liers et en­vi­ron 8.000 oc­ca­sion­nels, et ce­la quels que soient le mé­tier ou les res­pon­sa­bi­li­tés. Ces vo­lumes montrent que nous avons ré­pon­du à une vé­ri­table at­tente », pré­cise Alain An­dré. Coif­feur, pres­sing, la­vage de voi­ture, ré­ser­va­tions di­verses…, les ser­vices de concier­ge­rie se dé­ve­loppent et fa­ci­litent la vie quo­ti­dienne des sa­la­riés. « Ce ne sont pas des gad­gets, car pro­fi­ter de ces ser­vices sur le lieu de tra­vail, c’est se dé­ga­ger de con- traintes quo­ti­diennes pour dis­po­ser de plus de temps libre après le tra­vail, du temps de qua­li­té pour les sa­la­riés », af­firme Florent Voi­sin.

Se sen­tir bien au tra­vail, c’est aus­si la fin de l’open space uni­for­mi­sé avec l’émer­gence d’une nou­velle ten­dance, être au bu­reau comme à la mai­son. « Dans notre agence, les 80 col­la­bo­ra­teurs n’ont plus de poste de tra­vail fixe. Nous avons dé­cloi­son­né les es­paces dans le but de faire comme dans une mai­son, pas­ser d’une pièce à l’autre en fonc­tion de l’ac­ti­vi­té. Le lieu doit cor­res­pondre à l’usage et cette mo­bi­li­té in­terne dé­cuple la convi­via­li­té mais aus­si la créa­ti­vi­té, l’agi­li­té des équipes et, au fi­nal, la per­for­mance », se fé­li­cite Ni­co­las Pau­gam, co­fon­da­teur d’Art­desk, agence d’ar­chi­tec­ture spé­cia­li­sée dans les nou­veaux modes de tra­vail.

Si les le­viers pour ac­croître le bien-être au tra­vail ne manquent pas, il ne faut pas ou­blier les fon­da­men­taux. « La qua­li­té de vie au tra­vail com­mence par le tra­vail lui­même, le sa­la­rié doit pou­voir com­prendre son rôle, le sens de son tra­vail.En met­tant en place un ma­na­ge­ment par­ti­ci­pa­tif, une or­ga­ni­sa­tion re­sp on sa­bi lis an te lais­sant au­to­no­mie et pos­si­bi­li­té de s’ex­pri­mer, le di­ri­geant mon­tre­ra qu’il veille aus­si à cette di­men­sion es­sen­tielle du bien-être au tra­vail », conclut Sté­pha­nie Chas­se­rio.

Pho­to Shut­ter­stock

Le bon­heur au tra­vail ne concerne pas uni­que­ment les jeunes gé­né­ra­tions tra­vaillant dans les en­tre­prises du nu­mé­rique. C’est une at­tente uni­ver­selle.

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