Le sta­tu quo sur l’âge de dé­part dif­fi­ci­le­ment te­nable

Le COR fait des pro­jec­tions sur les me­sures à prendre sur les pen­sions et le taux de co­ti­sa­tion si les pa­ra­mètres d’âge ne bougent pas.

Les Echos - - FRANCE - S. G.

En fai­sant la moyenne des vingt-cinq pro­chaines an­nées, le sys­tème de re­traite n’est à l’équi­libre dans au­cun scé­na­rio. Pour éta­blir son rap­port an­nuel, pré­sen­té ce mar­di, le Conseil d’orien­ta­tion des re­traites (COR) a tes­té tous les pa­ra­mètres, même les plus op­ti­mistes, comme un taux de chô­mage à 4,5 % ou un taux de crois­sance des re­ve­nus d’ac­ti­vi­té de 1,8 %, mais rien n’y fait : sur la pé­riode 2017-2041, le be­soin de fi­nan­ce­ment an­nuel se­ra au mi­ni­mum de 0,3 % du PIB (6 ou 7 mil­liards d’euros par an) et au maxi­mum de 1,2 % du PIB (26-27 mil­liards d’euros), avec dans ce scé­na­rio ca­tas­trophe 10 % de chô­meurs et 1 % de crois­sance des re­ve­nus d’ac­ti­vi­té.

Cette pré­vi­sion est d’au­tant plus fâ­cheuse que les vingt-cinq pro­chaines an­nées sont l’ho­ri­zon que doit consi­dé­rer le Co­mi­té de sui­vi des re­traites pour ti­rer la son­nette d’alarme, si ja­mais les comptes dé­ra- pent. Il faut an­ti­ci­per les dé­ci­sions po­li­tiques, car le sys­tème de re­traite est un lourd pa­que­bot, long à ma­noeu­vrer. Le co­mi­té va donc dé­cor­ti­quer le rap­port du COR, me­ner ses consul­ta­tions, et devrait rendre son avis avant le 15 juillet.

En at­ten­dant, le Conseil livre quelques in­di­ca­teurs « à vo­ca­tion pé­da­go­gique » sur les me­sures qui pour­raient per­mettre d’être à l’équi­libre en moyenne au cours des vingt-cinq pro­chaines an­nées… si rien n’est fait pour ac­croître l’âge lé­gal de dé­part à la re­traite ou la du­rée de co­ti­sa­tion. Il le fait pour « ap­pré­cier les ajus­te­ments qui se­raient né­ces­saires dans les si­tua­tions ex­trêmes où la pé­ren­ni­té fi­nan­cière se­rait as­su­rée en fai­sant por­ter les ef­forts soit en to­ta­li­té sur les co­ti­sants, soit en to­ta­li­té sur les re­trai­tés » . Si la pro­duc­ti­vi­té croît de 1,5 % par an avec un taux de chô- mage conte­nu à 7 % à long terme, il fau­drait ain­si aug­men­ter le taux de co­ti­sa­tion re­traite de 1,4 point ou bien di­mi­nuer le mon­tant des pen­sions de 4,7 %. Avec une crois­sance de la pro­duc­ti­vi­té de 1,3 % et un taux de chô­mage de 10 % à long terme, la si­tua­tion se corse. Le taux de co­ti­sa­tion devrait alors croître de 2,3 points ou il fau­drait ré­duire les pen­sions de 7,3 %. La pen­sion moyenne, qui s’élève à 1.375 euros brut par mois, se­rait alors am­pu­tée d’une cen­taine d’euros. Quant au taux de co­ti­sa­tion lé­gal sous le pla­fond de la Sé­cu­ri­té so­ciale, il n’a ces­sé de grim­per et est sup­po­sé at­teindre 27,6 % du sa­laire brut à par­tir de 2019 pour les sa­la­riés du pri­vé, ré­gime com­plé­men­taire Arr­co in­clus. Le Co­mi­té de sui­vi des re­traites a re­com­man­dé de ne pas dé­pas­ser un taux de 28 %, ce qui ré­duit les marges de ma­noeuvre en cas de ré­forme. On le voit, le redressement des comptes devrait donc à nou­veau po­ser la question de l’évo­lu­tion de l’âge de dé­part. —

Les co­ti­sa­tions pour la re­traite n’ont ces­sé d’aug­men­ter par le pas­sé.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.