De quelle cou­leur est donc Ma­cron ?

Si Em­ma­nuel Ma­cron a pen­sé sa gou­ver­nance pour la rendre ef­fi­cace, son plan ac­tion pour « trans­for­mer » le pays reste en construc­tion.

Les Echos - - FRANCE - Cé­cile Cor­nu­det ccor­nu­det@le­se­chos.fr

De­puis di­manche soir, la chose est en­ten­due. Em­ma­nuel Ma­cron n’a be­soin de per­sonne. Le groupe de La Ré­pu­blique En marche au­ra la ma­jo­ri­té ab­so­lue à l’As­sem­blée, sans même comp­ter les dé­pu­tés Modem. De­puis son élec­tion pré­si­den­tielle, Em­ma­nuel Ma­cron sait comment me­ner sa barque ély­séenne (en tout point dif­fé­rem­ment de Fran­çois Hol­lande), et met en place une gou­ver­nance pen­sée de longue date pour son ef­fi­ca­ci­té : mi­nistres choi­sis sur leur com­pé­tences, ca­bi­nets ré­duits, « spoil sys­tem » dans l’ad­mi­nis­tra­tion. Son Pre­mier mi­nistre, Edouard Phi­lippe, dé­cline la ré­flexion. Les mi­nistres viennent de lui trans­mettre une hié­rar­chie de me­sures, qu’il trans­for­me­ra en « feuilles de route » sur les­quelles ils se­ront éva­lués, ex­plique-t-il dans « L’Ex­press ». Le cadre et la mé­thode pour agir sont opé­ra­tion­nels, la dé­ter­mi­na­tion est en­tière. « Le gou­ver­ne­ment in­ter­prète l’abs­ten­tion re­cord comme une ar­dente obli­ga­tion de réus­sir » , dé­cla­rait Edouard Phi­lippe au soir des élec­tions lé­gis­la­tives. « Main­te­nant, au bou­lot !» , ren­ché­ris­sait Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, le porte-pa­role. Tout est prêt ! Mais pour al­ler où et à quelle vi­tesse ? L’in­cer­ti­tude de­meure. « Sur le Code du tra­vail, cha­cun a ga­gné du temps, gou­ver­ne­ment comme syn­di­cats, main­te­nant, il faut en­fin sor­tir et dire ce qu’on va faire » , s’im­pa­tiente un dé­pu­té de la ma­jo­ri­té. Le gou­ver­ne­ment pro­met un été stu­dieux, mais le plan de tra­vail reste lé­ger. Or­don­nances sur la loi tra­vail, donc, et loi de mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique. Le reste n’est pas fixé, que ce soit sur le ca­len­drier (loi sé­cu­ri­té pour prendre le re­lais de l’état d’ur­gence) et sur­tout sur le fond. Le gou­ver­ne­ment at­tend l’au­dit que la Cour des comptes ren­dra la se­maine pro­chaine pour pré­ci­ser son ac­tion. « Comp­table des équi­libres fi­nan­ciers » , Edouard Phi­lippe ex­plique dans « L’Ex­press » que, « si la si­tua­tion fi­nan­cière était dé­gra­dée, il fau­drait évi­dem­ment en ti­rer un cer­tain nombre de dé­ci­sions en ce qui concerne les dé­penses » , no­tam­ment fiscales. Il n’y a pas que pour ras­su­rer les élec­teurs que l’exé­cu­tif met en avant son « prag­ma­tisme » : il construit et pro­gramme son pro­jet d’ac­tion... en mar­chant.

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