« Nous de­vons ré­an­crer la loi dans le quo­ti­dien »

Les Echos - - FRANCE - Pro­pos re­cueillis par Gré­goire Pous­sielgue

Dé­pu­té de la 6e cir­cons­crip­tion du Rhône (Villeur­banne) Après le se­cond tour des lé­gis­la­tives, n’êtes­vous pas in­quiet du ni­veau de l’abs­ten­tion ? Le pré­sident de la Ré­pu­blique a une vraie ma­jo­ri­té. Je m’étais en­ga­gé pour at­teindre cet ob­jec­tif à l’As­sem­blée na­tio­nale et on l’ a réa­li­sé. Pour ce qui concerne l’abs­ten­tion, je constate que les Fran­çais sont dé­cou­ra­gés de la po­li­tique car ils ne voient pas son im­pact sur la vie quo­ti­dienne. Ils l’ ex­priment en n’ al­lant pas vo­ter. Pen­dant ma cam­pagne, j’ai sou­vent en­ten­du cette question : « A quoi ce­la sert d’al­ler vo­ter ? » Je consi­dère que les abs­ten­tions sont les votes en­dor­mis. La nou­velle ma­jo­ri­té de­vra mon­trer que les lois ont un im­pact sur leur quo­ti­dien, à com­men­cer par le pou­voir d’achat. Plus glo­ba­le­ment, la confiance se­ra longue à res­tau­rer. Ce­la pren­dra sans doute au­tant de temps qu’on a mis pour la perdre, soit des di­zaines d’ an­nées. Mais j’ es­père que nous ver­rons bien­tôt quelques si­gnaux po­si­tifs. Les re­pré­sen- tants de la so­cié­té ci­vile au sein de la ma­jo­ri­té ont, à ce titre, une res­pon­sa­bi­li­té par­ti­cu­lière. Jus­te­ment, que peuvent ap­por­ter ces re­pré­sen­tants de la so­cié­té ci­vile ? De l’ex­per­tise et du concret. En tant que chef d’en­tre­prise, j’ai été confron­té à des si­tua­tions d’ em­bauches, de li­cen­cie­ments. Je ne suis sans doute pas com­pé­tent dans le do­maine de la san­té, mais je le suis dans tout ce qui touche le monde de l’en­tre­prise. Je vais ap­por­ter cette ex­pé­rience car nous de­vons ré­an­crer la loi dans le quo­ti­dien et ap­por­ter un re­gard neuf. C’est une dé­marche très in­no­vante car nous ne vou­lons plus être dans la théo­rie lé­gis­la­tive, mais dans l’ef­fi­ca­ci­té. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas fait Sciences Po qu’on n’a pas de cer­veau. Re­gar­dez Cé­dric Villa­ni. C’est un des plus grands ma­thé­ma­ti­ciens, et il est de­ve­nu dé­pu­té. Ne crai­gnez-vous pas que la ma­jo­ri­té ne soit com­po­sée de dé­pu­tés go­dillots ? Ce mot go­dillot est uti­li­sé par l’ex­trême droite et par l’ex­trême gauche. Dé­si­gner ain­si les nou­veaux dé­pu­tés LREM fait preuve d’un mé­pris to­tal. Ces nou­veaux élus ont créé des em­plois, sau­vé des vies… Le mou­ve­ment LREM n’est pas di­ri­giste. Nous n’ avons pas des consignes, mais nous avons si­gné un en­ga­ge­ment. Nous sommes sor­tis de l’obéis­sance aux dogmes pour en­trer dans l’adhé­sion à une vi­sion. Par ailleurs, les fron­deurs, comme ceux qu’on a vus au sein du PS au cours de la pré­cé­dente ma­jo­ri­té, ne sont pas la norme pour chaque mou­ve­ment po­li­tique.

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