La vague La Ré­pu­blique En marche bous­cule la géo­gra­phie élec­to­rale

La droite a plu­tôt bien ré­sis­té dans l’Est et la gauche a re­trou­vé un peu de cou­leur dans ses an­ciens bas­tions.

Les Echos - - FRANCE - Mat­thieu Qui­ret @MQui­ret

En une se­maine, la carte élec­to­rale, très orange au soir du pre­mier tour, a re­pris des cou­leurs plus va­riées. Le sur­saut de l’élec­to­rat de droite au se­cond tour est vi­sible dans ses bas­tions tra­di­tion­nels à l’Est, en Au­vergne, en Nor­man­die et en Ile-deF­rance. Le Sud-Ouest a, lui, ré­af­fir­mé son in­cli­na­tion his­to­rique à gauche dans une di­zaine de cir­cons­crip­tions PS, di­vers gauche ou France in­sou­mise. Tout comme une par­tie de la ban­lieue pa­ri­sienne.

La vague La Ré­pu­blique En marche (LREM) n’en est pas moins forte dans bon nombre de ré­gions, no­tam­ment le Sud-Est, qui était une place forte de la droite jus­qu’à main­te­nant. « La droite a dé­cro­ché pour des rai­sons plu­tôt tech­niques. Les bons scores En marche du pre­mier tour ont pro­vo­qué beau­coup de duels avec des can­di­dats fron­tistes, chas­sant les LR du se­cond tour », ex­plique Bru­no Jean­bart, di­rec­teur gé­né- ral ad­joint de Opi­nionWay. Le Var sym­bo­lise bien cette si­tua­tion, avec deux cir­cons­crip­tions à droite seu­le­ment, quand elle en avait dé­cro­ché huit sur huit en 2007 et 2012.

La carte est sans am­bi­guï­té do­mi­née par les cou­leurs de La Ré­pu­blique En marche. La droite, qui do­mine tra­di­tion­nel­le­ment en Ven­dée, ne place cette fois au­cun dé­pu­té alors que quatre duels sur cinq op­po­saient au se­cond tour des can­di­dats pro-Ma­cron à des LR. « C’est un sym­bole du rem­pla­ce­ment de la droite par En marche », pointe Bru­no Jean­bart. A Pa­ris et dans les grandes villes, c’est un rem­pla­ce­ment des so­cia­listes par les can­di­dats LREM qui a pré­va­lu.

La carte is­sue du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle mon­trait une claire frac­ture ter­ri­to­riale entre les zones en dif­fi­cul­té dans le Nord, l’Est et le Sud-Est et celles plus pros­pères à l’Ouest. Celle is­sue des lé­gis- la­tives des­sine un por­trait plus nuan­cé de la géo­gra­phie élec­to­rale. D’après Bru­no Jean­bart, la forte abs­ten­tion a fa­vo­ri­sé une pous­sée de LREM dans les zones où le mou­ve­ment avait jus­qu’ici moins per­cé comme en zones ru­rales ou dans l’Est. « Nos en­quêtes montrent que 60 % des cadres et pro­fes­sions su­pé­rieures ont été vo­ter, contre 30 % des ou­vriers. Un ni­veau de par­ti­ci­pa­tion qui avan­tage LREM, très pri­sée des CSP + », ex­plique-t-il.

Le dé­bat sur les frac­tures ter­ri­to­riales conti­nue de di­vi­ser po­li­to­logues et géo­graphes. Da­niel Bé­har, géo­graphe à l’Ins­ti­tut d’ur­ba­nisme de Pa­ris, af­firme que, en rai­son­nant en va­leur ab­so­lue, les villes moyennes ou les cam­pagnes ne votent pas dif­fé­rem­ment des ag­glo­mé­ra­tions. « Le suc­cès de LREM s’ex­plique par le fait qu’elle a réus­si à cap­ter la classe moyenne, une so­cio­lo­gie lar­ge­ment ma­jo­ri­taire par­tout », ana­lyse Da­niel Bé­har. Pour lui, le ré­sul­tat des élec­tions montre sur­tout l’exis­tence trop ou­bliée d’une forte classe moyenne. Le po­li­to­logue Alexis Mas­sart juge, lui, qu’il n’y a « plus vrai­ment cette France de gauche et cette France de droite qu’on avait l’ha­bi­tude d’ana­ly­ser. »

La droite qui do­mine tra­di­tion­nel­le­ment en Ven­dée ne place cette fois au­cun dé­pu­té.

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